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Les patrons français croient à la croissance et agissent en conséquence

Que se passe-t-il dans la tête des patrons français : plein de choses, et surtout du mieux.

Amélioration

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Les patrons français croient à la croissance et agissent en conséquence

Pourquoi ne pas en parler ? « Pensée bisounours », ou plus utile que notre lancinante critique des « déficits budgétaires qui n’arrivent pas à baisser, faute de courage politique » ? Bien sûr, il faut s’inquiéter des nouvelles mondiales, européennes et locales. Mais les patrons français voient aussi devant eux un sentier de croissance plus élevé, moins inflationniste et plus équilibré. Et semblent s’y engager. 

Des chiffres d’abord.

Pour la France, selon l’Insee, une amélioration est en cours, qui doit être consolidée. La croissance accélère vers 1,8% cette année, et peut-être 1,9% l’an prochain. L’inflation reste modeste à 1,1%, avec des salaires à garder sous contrôle. Ils sont à 38,55 euros (par heure) dans l’industrie en France contre 41,12 en Allemagne, ce qui permet de renforcer peu à peu notre compétitivité coût, donc d’investir pour gagner en compétitivité hors coût, celle qui fait la différence. Mais ils sont à 37,07 euros contre 35,51 dans l’industrie plus les services, ce qui veut dire que nos services sont plus chers que les leurs.

Seule la modération salariale permet aux profits de remonter. Le taux de marge des entreprises atteint 31,8%, en mieux, mais toujours au-dessus du taux allemand de quatre points. Et c’est bien parce que le taux de marge remonte, avec des taux d’intérêt bas, que l’investissement industriel repart, vers 4% cette année. 

L’emploi salarié privé augmente, en même temps, de 30 000 personnes, après 80 000 au deuxième trimestre. Une progression qui ralentit de 0,4% à 0,2% d’un trimestre à l’autre, du fait de l’intérim. Sur 19,2 millions de personnes qui travaillent dans le privé en France, soit +1,3% sur un an, 12 millions sont dans les services marchands (+2% sur un an), dont 718 000 dans l’intérim. C’est le « sas d’entrée » dans le CDI, avec 88 100 emplois nouveaux sur un an (+14 %). Et c’est parce que l’intérim a peu augmenté au troisième trimestre (1 500 emplois, contre 28 000 au deuxième) que l’on a eu ce ralentissement. 

Reflet du ralentissement récent de l’emploi, le taux de chômage en France métropolitaine a interrompu sa baisse. Temporairement souhaitons-le, montrant que rien n’est gagné. Il s’établit ainsi à 9,7% de la population active, soit 0,2 point de plus qu’au deuxième trimestre, mais 0,3 point de moins qu’il y a un an. Ce retournement vient d’une détérioration de 0,4% pour les 25-49 ans et de 0,1% pour les 50 ans et plus, malgré une amélioration de 0,7% pour les 15-24 ans.

Deux analyses ensuite.

Au fond, les patrons attendaient d’être plus sûrs de l’amélioration économique, et plus encore politique, pour se lancer. L’ « effet Macron » n’est pas tant, à ce moment, une adhésion à un programme que le refus de deux autres. C’est bien le sens économique à donner à la montée de l’intérim, rattrapage « pour voir », sachant que, de son côté, l’embauche « écrème » surtout les mieux formés, les plus jeunes, les plus disponibles. La prolongation est donc décisive.

 
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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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