Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 31 Mai 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Pas de bébés tant que Zika est là : concrètement, quelles conséquences pour les pays qui appellent à reporter les naissances ?

Plusieurs gouvernements des pays d'Amérique du Sud ont récemment conseillé à leurs habitants d'attendre avant de se lancer dans des projets de grossesse. Motif ? Le virus Zika, qui sévit dans ces pays, est suspecté de provoquer des malformations chez le fœtus.

Contrôle des naissances

Publié le
Pas de bébés tant que Zika est là : concrètement, quelles conséquences pour les pays qui appellent à reporter les naissances ?

Plusieurs gouvernements des pays d'Amérique du Sud ont récemment conseillé à leurs habitants d'attendre avant de se lancer dans des projets de grossesse. Mais pour certains il est trop tard... Crédit Reuters

Zika sème la zizanie en Amérique latine. Ce virus, propagé par des moustiques du type Aedes, dont le moustique tigre, est soupçonné de provoquer des cas de microcéphalies chez les nouveaux-nés, maladie qui se manifeste par une tête anormalement petite et des lésions cérébrales. Depuis octobre 2015, moment où l'épidémie a pris de l'ampleur, 404 cas de bébés atteints de microcéphalie ont été recensés au Brésil, selon le ministère de la Santé, contre 147 confirmés sur l'ensemble de l'année 2014. Ce chiffre pourrait d'ailleurs être revu à la hausse, puisque 3670 autres cas suspects restent à élucider pour cette même période.

Zika est aussi suspecté, suite à une étude publiée le 9 février dernier dans le journal médical Jama, d'être responsable de lésions oculaires aux conséquences très graves sur la vision.

Rien qu'au Brésil, la maladie a déjà touché plus d'un million de personnes. Il n'existe aujourd'hui aucun vaccin ou traitement contre Zika, mais cela ne dérange pas outre mesure les 80% de patients atteints par le virus qui ne montrent aucun symptôme. Par ailleurs, le lien précis entre le virus et les malformations chez le fœtus reste flou. Pour le moment, le combat se résume à pulvériser des pesticides, à couvrir sa peau avec des vêtements longs, à utiliser du répulsif anti-moustiques et à détruire ou vider les réserves d'eaux stagnantes où se développent les larves de moustiques (flaques d'eau, pneus usés, jouets d'enfants, seaux...). La communauté scientifique songe également à la possibilité de modifier génétiquement certains moustiques, pour qu'ils tuent les moustiques porteurs du virus.

En conséquence, les gouvernements de plusieurs pays ont pris une décision sans équivalent dans l'histoire : ils recommandent à la population de ne pas faire d'enfants pour le moment. "Je peux vous dire que je n'ai jamais lu ou entendu parler d'une demande publique semblable à celle-ci", s'étonne David Bloom, professeur d'économie et de démographie à Harvard, dans le New York Times.

Fin janvier, plusieurs pays ont en effet lancé une alerte à leur population, lui déconseillant d'avoir des enfants dans les prochains mois. Il s'agit notamment de la Colombie, de l'Equateur, de la Jamaïque et du Honduras. Le Brésil a vite rejoint le mouvement, en allant même jusqu'à conseiller aux couples d'attendre la fin de l'épidémie. Le Salvador voit quant à lui plus loin, en déconseillant aux femmes de tomber enceinte avant 2018.

Les conséquences socio-économiques ne devraient pas être trop importantes

Les conséquences socio-économiques de ces recommandations sont difficiles à définir, surtout du fait du manque de données concernant la durée de l'épidémie et l'ampleur qu'elle va prendre. Ancien démographe aux Nations Unies, Jose Miguel Guzman s'est exprimé dans The Atlantic. « Chaque année, il y a entre dix et onze millions de naissances en Amérique latine, pour une population totale de 635 millions d'habitants. Donc même un arrêt total des naissances pendant un an n'affecterait pas réellement la population totale. » Mais cela pourrait causer une décélération de la croissance de la population dans la région, voire une arrivée plus précoce que prévu du déclin de la population.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Ganesha - 17/02/2016 - 11:23 - Signaler un abus Thomas Malthus

    Au 18ème siècle, un anglais, nommé Malthus, a établi un principe simple et qui n'a jamais été sérieusement contesté : un peuple vit plus heureux si sa population diminue. Les 50 millions de morts de la seconde guerre mondiale ont été suivis par la fantastique période d'euphorie des ''Trente Glorieuses''. Même les riches capitalistes ont accepté, provisoirement, de modérer leur désir d’accroître perpétuellement les inégalités sociales ! Bien sûr, il y aura quelques problèmes transitoires pour les retraites, mais cela coûtera certainement moins cher que devoir faire fonctionner pendant des décennies d’innombrables asiles pour arriérés mentaux microcéphales. Reste à convaincre sa Sainteté le Pape d'enfin admettre la pilule. Et d'autoriser l'avortement quand l'échographie révélera une anomalie du crane des fœtus !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Gabriel Zignani

Gabriel Zignani est journaliste.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€