Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 09 Décembre 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Paris dévoile un nouveau logo pour les JO 2024... mais les raisons de ne pas vouloir les organiser restent toujours aussi valables

Paris dévoile ce mardi sur l'Arc de Triomphe le logo de sa campagne pour l'organisation des JO 2024, signant le coup d'envoi d'une semaine de révélations qui culminera par l'envoi du dossier de candidature au CIO. Un événement marquant qui risque de reléguer au second rang les nombreuses raisons pour lesquelles la France ne devrait pas se porter candidate.

Candidature spontanée ?

Publié le
Paris dévoile un nouveau logo pour les JO 2024... mais les raisons de ne pas vouloir les organiser restent toujours aussi valables

François Hollande soutient la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques de 2024. Crédit Pixabay

(Interview publiée sur Atlantico le 8 novembre 2014)

Atlantico : Après Cracovie, Munich et Saint-Moritz, c'est Oslo qui s'est désistée de la course à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2022. Ne restent en lice que les villes de Pékin et d'Almaty, au Kazakhstan. Pourquoi donc les habitants de ces villes décident-ils, contre l'initiative de leurs gouvernants, de ne pas accueillir l'événement ?

Wladimir Andreff : On distingue deux raisons : cela coûte très cher. Organiser des jeux olympiques coûte plusieurs milliards de dollars. Dans le cas de Sotchi on a dépassé les 50 milliards. Second problème, qui renforce le précédent : on est toujours sûr de dépasser de deux, trois ou quatre fois le budget de départ.

Même si l'on se contente d'afficher 10 milliards, vous pouvez être sûr d'arriver à 40.

Les habitants des villes concernées nourrissent donc la crainte qu'une partie de ce coût retombe sur eux. Souvenez-vous de la Coupe du Monde 2014 au Brésil qui avait provoqué de nombreux rassemblements et manifestations pour contester les hausses d'impôts et de prix. Par ces temps d'austérité et de difficultés économiques, il n'est donc pas surprenant que les citoyens s'y opposent.

Comment expliquer que le coût de l'événement excède nécessairement celui annoncé initialement ?

Dans le cadre des JO comme de la FIFA, le comité organisateur met en place une compétition entre villes candidates. Ce faisant, le CIO les amène à surenchérir les unes sur les autres, puisqu'il attend des candidats le plus beau projet possible. Les statistiques montrent qu'en général c'est le projet le plus coûteux qui gagne ; Londres n'a pas fait exception.

C'est la théorie de la winner's curse,  "la malédiction du gagnant". Gagnant de quoi ? D'une enchère, littéralement : il faut être le plus cher sans non plus proposer un prix excessivement élevé dès le départ, au risque de ne pas emporter le droit d'organiser. C'est pourquoi les villes ont tendance à masquer les coûts : à Londres, la TVA avait été masquée sur certaines opérations, le coût des Jeux paralympiques n'avait pas été pris en compte, tout comme certaines dépenses concernant la sécurité. Quand on remporte le droit d'organiser, on se sait "maudit", puisque pendant sept ans la facture ne va cesser d'augmenter. Même si les gens ne sont pas conscients de la winner's curse, ils se doutent bien que le coût sera élevé et minimisé au départ.

La ville de Paris pense à poser sa candidature pour 2024, et François Hollande s'est prononcé en ce sens lors de son passage sur TF1 jeudi 8 novembre. Vaudrait-il mieux se détourner de cette tentation ?

Je suggère que l'on fasse ce que les économistes appellent une étude de willingness to pay, c'est-à-dire d'acceptation de payer pour accueillir les Jeux. Il faudrait leur proposer une grille de paiement par habitant : si chacun est prêt à mettre 50 euros, pour une population d'un million, on sait qu'on pourra au moins s'autoriser un déficit de 50 millions. J'ai fait faire cet exercice à l'une de mes étudiantes, à l'université olympique de Sotchi où j'enseigne. Elle a fait l'inverse, demandant aux habitants combien ils seraient prêts à payer pour que les jeux n'aient pas eu lieu à Sotchi : 93 % des sondés ont déclaré qu'ils étaient prêts à payer pour qu'ils ne soient pas organisés chez eux, car cela leur aurait évité 3 ou 4 ans de travaux, d'embouteillages et autres effets externes, et près de la moitié étaient prêts à aller jusqu'à un mois de salaire.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Alain Proviste - 09/02/2016 - 12:32 - Signaler un abus UNE CALAMITE

    Il commence à être bien connu que ces JO coûtent une fortune et de plus en plus. C'est une course au prestige qu'on ne peut plus se permettre. Tout dirigeant sensé sait qu'on ne devrait surtout pas se lancer là dedans mais nos dirigeants sont-ils sensés ? Déjà 60 millions d'euros pour le dossier de candidature ...

  • Par Ex abrupto - 09/02/2016 - 15:56 - Signaler un abus Un référendum?

    ...pour décider? Uniquement avec les régions qui n'hébergeront pas l'évènement..... Surtout quand, comme en France, tout le pays va payer, mais ce sont les parisiens qui en profiteront une fois de plus. (Depuis 1000 ans environ, racket de l'IdF sur le pays par la centralisation des centres de décision)

  • Par Benvoyons - 09/02/2016 - 17:02 - Signaler un abus Le logo devrait être Bleu Blanc Rouge en haut et jaune et noir

    en dessous ( mais pourquoi le vert? ) ah si l'Islam pour que les Islamistes soient représentés :)::))

  • Par crobard007 - 09/02/2016 - 19:36 - Signaler un abus Les JO à PARIS

    Pour doper les industries pharmaceutiques et chimiques Françaises ???

  • Par Alain Proviste - 09/02/2016 - 20:12 - Signaler un abus L'IDF...

    est surtout la région au revenu par habitant le plus élevé, donc la plus productive, et c'est celle qui porte à bout de bras les contrées arriérées.

  • Par Alain Proviste - 09/02/2016 - 20:13 - Signaler un abus Profiter des JO ?

    Non merci, qu'ils aient lieu ailleurs !

  • Par jurgio - 09/02/2016 - 21:47 - Signaler un abus Bof quelques milliards de plus ou de moins

    La France a la chance extraordinaire d'avoir des contribuables qui ont été habitués à voir leurs impôts augmentés d'année en année. Elle est aussi, ne n'oublions pas, un véritable pays de Cocagne pour les bobogochos, ravis de jouer avec les manettes PS x. Les gouvernements successifs sont également habitués à entendre les ronchons qui feraient mieux d'aller travailler... pour oublier.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Wladimir Andreff

Wladimir Andreff est professeur émérite en Sciences Economiques à l'Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne.
Il a fondé en 1990 le ROSES (Réforme et Ouverture des Systèmes Economiques post-Socialistes), laboratoire associé du CNRS, intégré depuis dans le Centre d'Economie de la Sorbonne.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€