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L'Ouest de l'Antarctique est en train de fondre… mais des scientifiques pensent que le problème date de 1945 et qu'il n'est pas d'origine humaine

De nouvelles études scientifiques indiquent que la fonte du glacier l'île du Pin, dans l'Ouest de l'Antarctique , s'est inscrite dans une tendance climatique amorcée dans les années 1940. De quoi remettre en cause la responsabilité de l'homme dans la fonte des glaces.

En eaux troubles

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L'Ouest de l'Antarctique est en train de fondre… mais des scientifiques pensent que le problème date de 1945 et qu'il n'est pas d'origine humaine

La fonte des glaces en Antarctique fait particulièrement peur à la communauté scientifique. Crédit TORSTEN BLACKWOOD / AFP

Vous connaissez la chanson : en raison de nos émissions de gaz à effet de serre toujours plus conséquentes, les températures se font plus chaudes et conduisent à la fonte des glaces, menant à la hausse du niveau des eaux, menaçant par la suite de faire disparaître des îles ou des pans entiers de territoires continentaux. Eh bien, selon de très sérieuses nouvelles études sur le sujet, la fonte massive des glaciers en Antarctique de l'Ouest, responsable majeur de la montée des eaux, a débuté dans les années 1940 à la suite d'un phénomène climatique naturel, bien que particulièrement puissant à cette période-là, rapporte The Washington Post.

Il s'agit d'El Niño, un courant marin chaud que l'on retrouve chaque année.

L'Antarctique de l'Ouest en danger

La fonte des glaces en Antarctique fait particulièrement peur à la communauté scientifique. Celle de la côté ouest du continent blanc, encore davantage. Cet été, nous avions constaté dans un article la formation d'une faille de plus de 130 kilomètres dans la région, témoignant de la fragilisation des glaces. Selon la Nasa, celle-ci semble inarrêtable. Et si nous avons longtemps estimé que ce phénomène était imputable aux activités humaines et aux gaz à effet de serre qu'elles produisent, une nouvelle étude publiée dans la revue Nature vient largement nuancer ces affirmations. Fruit de la collaboration de nombreux chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory, du British Antarctic Survey, de la Nasa, du Lamont-Doherty Earth Observatory et de multiples universités américaines et européennes, cette étude fait état du recul de la ligne de mise à la terre du glacier de l'île du Pin, situé tout à l'est de l'Antarctique, c’est-à-dire du point précis où la glace est accrochée à la terre sur laquelle elle repose (rappelons que l'Antarctique est, à la différence des glaces arctiques, un véritable continent recouvert de glace).

Concrètement, cela veut dire que si l'on est impressionné par la chute d'énormes blocs de glace dans l'eau, on ne voit pas la fonte opérant sous l'eau, autrement bien évocatrice. Car c'est l'amincissement de la calotte glaciaire, dû au creusement de ces galeries subglaciaires, qui cause les spectaculaires effondrements des falaises ce glace. Et c'est ainsi que chaque année, ce seul glacier observé rejette quelque 50 gigatonnes (50 milliards de tonnes) de glace dans la mieux" en termes de fonte. Les scientifiques suspectaient depuis plusieurs années que ces fontes soient accélérées par le recul de la ligne de mise en terre. Leurs expérimentations, qui consistaient entre autres à prélever des carottes de glace  à différents niveaux du glacier (de 800 mètres d'épaisseur), a confirmé leurs soupçons : le décollement entre le glacier et son support terrestre aurait débuté au milieu des années 1940, à une période où la température mondiale était montée en flèche, et où nous ne disposions pas de service d'imagerie satellite pour constater le phénomène de la fonte des glaces.  

Cause naturelle ?

Un pic de température que l'on a dû à un épisode El Niño particulièrement puissant, qui dura de 1939 à 1942. Comparable à celui survenu entre 1997 et 1998, et celui de 2014-2015 (d'où les records de douceur de l'hiver dernier), le fameux courant marin saisonnier chaud a amené ces eaux à creuser dans les glaces de l'Antarctique et à accélérer leur détachement du continent en une multitude d'icebergs, indique le blog Global Climat. Du fait des bien moindres émissions de gaz à effet de serre dans les années 1940, la responsabilité de l'homme est remise en cause. Il est toutefois précisé dans l'étude que les fontes se sont poursuivies après le passage d'El Niño, ce qui peut également laisser supposer que le phénomène climatique n'est pas le seul responsable de ces fontes. Depuis, le rythme d'écoulement du glacier de l'île du Pin s'est accéléré de 75% en 40 ans.

L'Antarctique de l'Ouest représente la partie du continent la plus sensible au réchauffement climatique. Sa fonte totale causerait une élévation du niveau de la mer de 4 à 5 mètres. Dans cette zone, la calotte glaciaire s'est amincie drastiquement depuis 1994. Cette découverte indique que le retrait récent de ces glaces pourrait faire partie d'un processus de long terme ayant commencé des décennies voire des siècles avant que l'on ne commence à s'intéresser au sujet. 

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 30/11/2016 - 17:29 - Signaler un abus Une citation d'un autre article

    "Si la communauté scientifique suivait la théorie [...] comme s’il s’agissait de dogmes, ce ne serait plus une communauté scientifique!" Que pensent les climatologues du GIEC, unanimes sur le réchauffement et ses origines, de ce rappel salutaire énoncé par un physicien?

  • Par Noe-Atka bay - 03/12/2016 - 10:08 - Signaler un abus Généralisation abusive :

    Le Pine glacier fait une centaine de kilomètres de longueur , alors que le contient Antarctique, lui, fait 4.800 kilomètres de périphérie . Sur base d'observations de 100 kms en déduire une hypothèse pour 4.800 kilomètres ... "on" conclu ce qu'on veut conclure médiatiquement !

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