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Où passent les milliards de la politique agricole commune ?

Alors que la 50e édition du Salon de l'Agriculture s'est ouverte samedi, le président François Hollande se présente comme la grand défenseur de la politique agricole commune dont les milliards d'euros distribués font souvent débat.

Histoire de gros sous

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Où passent les milliards de la politique agricole commune ?

La France est le premier bénéficiaire de la PAC Crédit Antoine Jeandey - WikiAgri

Atlantico : François Hollande souhaite se présenter en grand défenseur de la politique agricole commune alors que s'est ouvert le 50e Salon de l'Agriculture à Paris samedi 23 février 2013. Mais au-delà des négociations européennes autour du dispositif, où passent réellement les milliards d'euros de la politique agricole commune en France ?

Antoine Jeandey : La France est le premier bénéficiaire européen de la PAC. De fait, chaque président de la République, quel qu'il soit, quelle que soit son étiquette politique et quel que soit son intérêt réel pour l'agriculture, se présente comme le "grand défendeur de la PAC". En son temps, Bruno Le Maire, alors ministre de l'Agriculture, avait témoigné des efforts de Nicolas Sarkozy en la matière. Aujourd'hui, c'est au tour de François Hollande de revendiquer cet effort. Il n'y a pas de surprise à ce niveau-là.

Seul le temps dira qui est vraiment sincère. François Hollande n'a pas prononcé une seule fois le mot "agriculture" lors de sa première conférence de presse nationale, mais il vient de passer 12 heures au salon de l'Agriculture à flatter les croupes bovines, tel un illustre prédécesseur corrézien. Où est sa vérité sur le sujet ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Le système des aides n'est pas parfait, tout le monde s'accorde là-dessus. En revanche, personne n'a encore trouvé un véritable système de substitution. Beaucoup de 'il faut que', peu de solutions réelles. On sait qu'il existe des abus (terres de la Couronne d'Angleterre, ou utilisation à des fins non agricoles par les pays d'Europe centrale).

Ensuite, la stratégie de distribution est sujette à contestations. Mais il semble, il s'agit en tout cas des vœux formulés par le Commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos, que la PAC 2014-2020 réagisse à ces critiques, avec une distribution différente. Les aides vont aux agriculteurs, et font partie de leurs émoluments. Elles vont aussi aux coopératives, et à tous ceux qui peuvent justifier de l'utilisation de terres agricoles. Retirer les aides aux agriculteurs, cela reviendrait à leur retirer une partie de leur salaire. On imagine facilement geler le salaire d'une catégorie professionnelle, mais lui en retirer une partie, surtout quand la corporation visée sait se défendre et n'hésite pas à manifester, c'est plus compliqué.

Alors oui, sans doute, parmi les coopératives ou autres bénéficiaires il y a des abus, des trop perçus par rapport à ce qu'il faudrait, masqués par ceux de Monaco ou de la Couronne d'Angleterre. Mais il est quasiment impossible de remettre en cause le système des aides sans entrer dans la rémunération de l'agriculteur, donc de risquer une riposte syndicale, et de fait chacun évite ce sujet.

Jean-Philippe Feldman : La France reçoit près de 10 milliards d'euros de subventions communautaires chaque année. Elle est traditionnellement le pays qui bénéficie le plus des fonds agricoles avec aujourd'hui près de 20 % du total. Un béotien pourrait s'imaginer que cet argent profite en priorité aux agriculteurs en difficultés. Rien n'est moins vrai…

Depuis 2008, la Commission européenne se trouve dans l'obligation de publier l'intégralité des bénéficiaires des aides. En ce qui concerne la France, les 200 premiers reçoivent plus de 500 000 euros, tandis que 50 000 exploitants touchent moins de 1 000 euros par an de subventions.

En réalité, la PAC, par ailleurs d'une rare complexité, a créé un vaste "marché politique" au sein duquel certains agriculteurs et syndicalistes tirent leur épingle du jeu, au détriment des autres agriculteurs... mais surtout au préjudice des contribuables!

Pierre Priolet : En préalable je voudrais dire que tous les secteurs de l’économie et de la vie sociale de  la société française touchent des aides de différentes manières. Que l’agriculture n’est qu’un secteur parmi d’autre qui bénéficie de ce régime d’aide. Seul leurs efficacités et leurs buts me posent problème aujourd’hui, quand l’on constate l’énorme gâchis des résultats de ces politiques.

L’agriculture française  est malade de sa gouvernance. Depuis plus de 50 ans le couple, responsables FNSEA et les différents pouvoirs politiques ont montré leur incompétence en matière de traitement des problématiques agricoles. Sinon avec la montagne d’aide que l’agriculture a reçu depuis tant d’années nous aurions du sortir du tunnel depuis longtemps. Au lieu de cela la politique agricole commune met des cataplasmes sur des jambes de bois. Et les agriculteurs disparaissent tous les jours. Les trois quart du temps non ou mal remplacés par une jeunesse qui a déserté les campagnes. Les  responsables de la FNSEA savent pertinemment que les agriculteurs qui touchent le plus d’aides sont ceux qui en ont le moins besoin. Alors que des secteurs en désespérance sont complètement oubliés. Il suffit de lire la Presse unanime de ce samedi 23 Février, jour d’ouverture du Salon  de l’Agriculture pour comprendre qu’aujourd’hui tout le monde est parfaitement informé du mode inique de distribution des aides de la PAC.

L’aide est divisée en  catégories :

- Les gros céréaliers qui ne vivent que de cela et qui malgré les immenses propriétés ne travaillent que 800H par an perçoivent plus de 45% des aides et sont à la direction de la FNSEA. Leur problématique est aujourd’hui la défiscalisation de ces aides par rachat de propriété et achat de matériel américain jamais assez gros. Il suffit d’aller au Salon de  Villepinte pour s’en convaincre.

- Les éleveurs, ils perçoivent les aides de la PAC uniquement destinées à les empêcher de mourir. Ils survivent afin de pouvoir nourrir les troupeaux avec les céréales chères et ultra subventionnées. Mais ils sont aujourd’hui incapables de vivre dignement de leur travail. Malgré les aides reçues la précarisation, la solitude et la désertification de leur environnement continuent.

- Les agriculteurs qui perçoivent des aides liées aux Plans Structuraux. Ils ne les reçoivent que pour subventionner le matériel agricole et les modifications d’installations qui lient les agriculteurs aux prêts financiers induits à ces subventions. Ils dépensent ainsi 100€ et ils reçoivent de 30 à 50€ d’aides.   A 80% ce sont des aides liées aux mises aux normes imposées par l’Europe dont ils se seraient bien passés ! Elles sont très souvent accordées par le bief des Organisations de Producteurs. Ce qui enchaine l’agriculteur à son groupement de Producteur. En effet s’ils voulaient partir de ce groupement ils devraient rembourser l’intégralité de ces aides. Ce qui explique pourquoi il y a un manque de réaction dans le monde agricole car personne n’a les moyens de contester les décisions ni de partir.

- Il y a une perception des aides indirectement par l’organisation agricole syndicale par le moyen du montage de dossier d’aide sous forme de pourcentage perçu. Elle effet elle se souvent très compliquées et difficile à obtenir. Ce pourcentage  va soit directement à la FNSEA soit aux divers Chambre d’Agriculture. Ce pourcentage n’est pas infime par rapport au 10 Milliards de la PAC.

- Les Industriels du secteur agricole touchent eux aussi une grosse part du gâteau et il faut ajouter à ceux-ci les organisations caritatives.

Chacun d’entre nous peut s’informer de la manière dont est distribuée cette manne dont très peu d’exploitations bénéficient et qui est pour 80% des agriculteurs est synonyme de surendettement. Pour faire simple les aides sont totalement non seulement injustes, très contraignantes mais en plus très très mal réparties dans le monde agricole. Tout est fait pour encourager les concentrations au détriment de l’harmonisation du tissu rural français. Et comme ce sont les plus puissants mènent la danse dans le monde politique et  qui tiennent la caisse, difficile pour un agriculteur en difficulté de s’en approcher.

Les aides sont une arme syndicale qui rend dépendant ceux qui les reçoivent ! Elles ne sont accordées que pour empêcher les agriculteurs de mourir. Elles sont  la cortisone administrée aux souffrants dans les hôpitaux. Elles permettent  au système absurde de vente à perte de continuer et elles permettent aussi à l’industrie agro-alimentaire de ne jamais manquer de matières premières à bas coût.

Quelles conséquences ces financements ont-ils réellement sur l'agriculture française ? Cela signifie-t-il que notre économie agricole est "sous perfusion" ?

Antoine Jeandey : La PAC donne une orientation stratégique et politique. Les aides ont longtemps accompagné ce que l'on appelle le premier pilier, à savoir l'acte de production. De plus en plus, elles se déplacent vers le deuxième pilier, en d'autres termes la reconnaissance de l'effort environnemental. Le point d'équilibre est en train d'être trouvé dans les négociations sur la PAC 2014-2020. Le modèle agricole européen consiste à satisfaire son résident dans ses demandes citoyennes en matière de sécurité alimentaire et d'environnement, donc à produire sur place l'alimentation qui correspond.

Après une période (années 1970) de productions à tout va, une réaction sans doute trop sévère mais nécessaire en faveur d'un tout environnement, il semble que l'on arrive enfin à un équilibre avec la nécessaire production incluant le respect de l'environnement. C'est tout l'enjeu de la PAC 2014-2020. Les agriculteurs sont très en attente, maintenant que le budget a été voté, des modalités d'application. Le fait que les financements de la PAC soient affectés selon telle ou telle politique générale implique des modifications à l'intérieur de chaque exploitation. Les conséquences sont donc énormes. D'une manière générale, les agriculteurs ne sont pas opposés à une prise en compte supérieure de l'environnement, ils veulent juste savoir comment, précisément. Pour la toute première fois, une politique agricole commune est décidée pour une période de 6 ans. Pour la toute première fois, les agriculteurs acquièrent une lisibilité sur le moyen terme, et peuvent donc investir en conséquence, modifier leurs structures avec un réel échéancier de financement à terme.

Le fait qu'un pays comme la France perçoive beaucoup d'aides permet aux réceptionnaires d'investir dans leurs structures et autres machines. La France est l'un des pays les mieux équipés en tracteurs par exemple. Les aides agricoles, en l'occurrence, permettent non seulement aux agriculteurs de vivre, mais à tous leurs fournisseurs, du constructeur de tracteurs au fabriquant d'engrais, d'assumer une économie dynamique, avec de nombreux emplois à la clef. On peut critiquer le système des aides (encore une fois pas parfait), estimer ou non, à l'intérieur de celles-ci, qu'il faudrait un rééquilibrage plus important entre céréaliers et éleveurs, mais vouloir les retirer sans système de substitution valable aurait un effet de domino désastreux : les agriculteurs seraient les premiers touchés, avec tous les risques sanitaires que cela comporte pour le citoyen, et derrière toute l'économie qui vit de l'agriculture.

A mon sens, l'agriculture n'est pas plus sous perfusion que de nombreux autres domaines économiques en France. Et elle conserve un énorme avantage, elle occupe et entretient le territoire, là où, pour d'autres activités, il faut des accords financiers et politiques pour accueillir des entreprises étrangères sans assurance de pérennité.

Jean-Philippe Feldman : Il y a un paradoxe : les agriculteurs ont le plus souvent un sens aigu de la propriété – ce n'est pas un hasard s'ils votent très majoritairement à droite et au centre – et ce sont des entrepreneurs, qui le plus souvent travaillent très dur. Pourtant, la PAC en fait, pour beaucoup d'entre eux, des "assistés".

Il faut rappeler que les subventions agricoles représentent environ 15 % des revenus des agriculteurs américains, mais 30 % de ceux des agriculteurs communautaires : le double en proportion ! Quant aux agriculteurs français, 65 à 70 % de leurs revenus proviennent de subventions (on l'a compris, avec d'importantes variations: il ne s'agit que d'une moyenne).

Je rappelle qu'un agriculteur australien ne dépend qu'à 5 % des subventions et son homologue néo-zélandais à 1 %. Pourquoi ? Sont-ils faits d'un autre métal ? Connaissez-vous beaucoup d'autres professions du secteur privé qui dépendent autant de fonds publics ? Nicolas Sarkozy avait justement parlé aux agriculteurs français comme à des entrepreneurs, mais sa politique conservatrice n'a pas eu d'effet. Quel gâchis ! C'était pourtant la voie à suivre.


Pierre Priolet : Le problème de notre société moderne, c’est que ce sont les plus riches qui distribuent et qui sont les premiers à se servir.  Pour moi cet argent est de l’argent public et cela devrait être aux consommateurs de décider quelle agriculture ils veulent voir imposer au pays.  Au lieu de cela l’argent public est partagé entre lobbyistes comme si c’était le leur. Donc ils se servent et imposent à ceux qui les financent leurs vues sur l’alimentation et sur l’espace rural.

Si les consommateurs décidaient je pense sincèrement que les exploitations de taille moyenne reviendraient rapidement  et que le maillage nourricier du pays serait beaucoup mieux pensé que ce qu’il ne l’est aujourd’hui.  En ce moment les gros groupes ne cultivent pas pour nourrir la population mais pour faire du fric. Et les aides leurs sont accordées en priorités. Alors que les bords de ville se désertifient. La suffisance alimentaire n’est plus à l’ordre du jour nous faisons comme si de rien n’était. C’est une politique absurde. Il y avait un vrai savoir faire agricole dans notre pays qui est aujourd’hui abandonné. Le technicien m’a dit, est devenu d’une banalité consternante. Alors que dans beaucoup de cas le technicien est  un agent commercial des grands groupes aussi bien phytosanitaire, qu’industriel. A cette économie là des bras pas chers suffisent, ils n’ont plus besoin  des hommes libres et entreprenants!

L’alimentation est un choix de société trop sérieux pour le confier qu’aux agriculteurs, c’est un choix politique au sens vie de la cité il en va de notre avenir. Et j’espère beaucoup de ce coté là.

La France va-t-elle pouvoir maintenir son avantage encore longtemps ? Quelles sont les principales réformes en vue de la PAC ? Que peuvent-elles changer pour les agriculteurs français ?

Antoine Jeandey  : Si avantage il y a pour la France, il tient de la diversité de son territoire, et donc dans la diversité de ses agricultures. Elle possède de vrais arguments pour défendre son agriculture. Sur une surface très largement inférieure, elle possède la même diversité de cultures que les Etats-Unis par exemple. C'est un atout considérable, d'autant qu'il est doublé d'une réelle compétitivité des entreprises agricoles, d'un savoir-faire évident, de rendements compétitifs. Ces arguments sont défendus à différents niveaux, souvent sous l'influence du syndicat majoritaire, la FNSEA (qui vient encore de remporter un franc succès aux élections professionnelles pour la chambre d'agriculture avec seulement cinq départements qui lui échappent), qui sait allier plusieurs stratégies : politique en restant un interlocuteur privilégié du pouvoir même quand celui-ci change d'étiquette ; européenne à travers son engagement dans le Copa (sorte de fédération des syndicats agricoles européens), très influent dans le lobbying bruxellois.

La PAC 2014-2020, plus environnementale, va pousser les agriculteurs français à modifier une partie de leur comportement vis-à-vis des cultures. Une technologie de pointe, avec l'utilisation de matériels suréquipés tels que présentés en ce moment au Sima (le salon international du machinisme agricole, à Villepinte), permet des passages de moissonneuses calculés au plus juste, donc en économisant l'énergie. Les GPS donnent des indications sur la nature du terrain et sur la profondeur où il faut arroser ou administrer des intrants, de fait des proportions moindres. Le labour reste d'actualité en certains endroits qui le réclament, mais n'est plus universel, ou alors sous des formes plus respectueuses de la terre (moins profond, avec de nouveaux matériels).

Ces évolutions conviennent parfaitement à la très grande majorité des agriculteurs, qui les ont d'ailleurs déjà initiées, certains depuis plusieurs années. Ce qu'ils craignent le plus, c'est l' "environnement-sanction", avec des mesures sans discernement qui vont à l'encontre du pragmatisme du terrain. En revanche, la croissance verte vers laquelle s'oriente la Pac 2014-2020, c'est-à-dire avec une rémunération des efforts environnementaux, convient parfaitement. Cette rémunération est nécessaire à deux niveaux : pour aider les indécis à bien aller sur cette voie, mais aussi parce qu'elle représente la reconnaissance de la société pour l'effort fourni par les agriculteurs.

Jean-Philippe Feldman : La position ancestrale de la France en matière agricole est grosso modo identique, quelle que soit la couleur politique des gouvernants en place. Il s'agit d'un mélange de lâcheté et de pur électoralisme, au détriment des contribuables et des consommateurs.

 
Commentaires

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  • Par Gégé Foufou - 25/02/2013 - 07:34 - Signaler un abus En un mot

    C'est un grand bordel cette PAC

  • Par sbgf43 - 25/02/2013 - 08:16 - Signaler un abus Résumé pour faire court...

    Les agriculteurs sont en majorité des fonctionnaires....et la PAC un grand gaspillage sauf pour certains très riches et ne travaillant pas qui sont sous le robinet des aides et détournent, confisquent et défiscalisent l'argent des contribuables / consommateurs sous l'oeil bienveillant des pouvoirs publics

  • Par ZOEDUBATO - 25/02/2013 - 08:55 - Signaler un abus Les pistes possibles

    Fonctionnaires surnuméraires et inutiles avec trop de privilèges et de niches fiscales, sociales, salariales Circuits trop long , trop complexes avec trop d'intermédiaires Rétro-commission de tous types Subventions "pas très agricoles" Le tour de l'Europe des récupérations de TVA pour les marchandises etc...

  • Par l'enclume - 25/02/2013 - 10:17 - Signaler un abus Bordel vous avez dit bordel

    Gégé Foufou - 25/02/2013 - 07:34 Un tout petit peu plus que le FN ?

  • Par Ravidelacreche - 25/02/2013 - 10:28 - Signaler un abus Où passent les milliards de la politique agricole commune ?

    Ils achètent des pneus chez Titan pour leurs tracteurs.

  • Par gautier22 - 25/02/2013 - 10:55 - Signaler un abus La foire d'empoigne

    Tout le monde veut bénéficier de la PAC mais les moins avantager sont les petits agriculteurs comme d'habitude........ Meme les syndicats qui n'ont aucune terre agricoles bénéficient de la PAC. On se demande pourquoi ils s'opposeraient au gouvernement si ce n'est uniquement sur la forme pour faire voir à la base qu'ils essaient de les défendre!!!!!!! C'est honteux ces magouilles et personne ne dit rien...........

  • Par Eagle1 - 25/02/2013 - 14:25 - Signaler un abus La pac est à supprimer,

    La pac est à supprimer, intégralement et du jour au lendemain. Tous ceux qui en vivent "mourront " et donc nous aurons de la place pour voir émerger une nouvelle "espèce" d'agriculteur qui sera centré sur le consommateur. au passage on se sera débarasser de pas mal de parasite.

  • Par vangog - 25/02/2013 - 14:59 - Signaler un abus Il faut réduire progressivement ces subventions iniques!

    qui ne profitent qu'aux céréaliers et aux "vaches corses", et qui polluent la fixation libérale du prix des céréales pour les éleveurs. Cela ne fera mourir personne, excepté quelques lobbys Bruxelois, et tant mieux! La France et l'Europe sont malades de leurs subventions qui favorisent des systèmes semi-mafieux qui ne profitent qu'aux plus riches!

  • Par jmpbea - 25/02/2013 - 17:18 - Signaler un abus encore un mammouth!

    l'état est spécialisé dans la création de ce genre de structures qui absorbent dans leur fonctionnement la mane censée être distribuée aux petits et moyens entrepreneurs pour leur permettre de survivre alors que la demande lamine les prix de l'offre; le scandale est vraiment les 500 céréaliers qui empochent la mane alors que le prix mondial des céréales flambe...

  • Par verdallette - 25/02/2013 - 17:35 - Signaler un abus LA GABGIE

    Tous ces agriculteurs qui sont indemnisés pour nous polluer avec tous leurs pesticides. Ils s'empoisonnent eux-mêmes. Leur donner de l'argent pour ça, ce n'est pas la peine. Faut arrêter de les financer. Lorsqu'ils vendent leurs terrains à bâtir ils font banco. Ils ne sont jamais contents. Ils arrivent tous à se construire de belles maisons, surtout en ile de france et ce sont souvent ceux qui sont les plus nantis qui reçoivent le plus d'aides. Le ministère de l'agriculture devrait y regarder de plus prés.

  • Par ALUN - 25/02/2013 - 19:26 - Signaler un abus parlez de ce que vous connaissez ! (1)

    Je suis agriculteur sur une petite exploitation (20 ha). Je produis des fruits et légumes (secteur pratiquement pas subventionné par la PAC) et des moutons (production subventionnée car peu rémunératrice). Mr Jeandey a une vision assez juste de la problématique agricole et de ses défauts. Il faut insister sur la grande diversité des exploitations agricoles (taille, région, production, relief, profil de l'agriculteur, proximité de centres de consommation, projet familial...). Ceci explique qu'un système de subvention est difficile à mettre en oeuvre. Il y a des loupés, c'est sûr. Aujourd'hui, les céréales se vendent très bien ; ce n'était pas toujours le cas par le passé. Il faut effectivement revoir ce problème et éviter cette spéculation sur les aides. Mais il faut voir aussi les réussites de la PAC ; à quoi ressembleraient nos campagnes livrées à l'unique loi du marché ? Le syndicalisme a certes commis des erreurs, victime de lobbying ; mais respectons le travail des bénévoles dans chaque commune qui organisent des collectes de déchets, montent des projets de groupe, qui participent aux opérations de communication auprès des consommateurs...

  • Par ALUN - 25/02/2013 - 19:36 - Signaler un abus parlez de ce que vous connaissez ! (2)

    Il ne faut pas juger si durement tous les intervenants du monde agricole (agriculteurs, syndicats, chambre d'agriculture, services publics...) Chacun a essayé de répondre aux mieux aux enjeux : - autosuffisance alimentaire (après guerre) - désertification rurale - préservation de l'environnement - sécurité alimentaire Je suis triste de lire certains commentaires ci-dessous. Ils relèvent d'une méconnaissance complète du monde agricole. Tous les agriculteurs rêvent d'une exploitation dans la quelle les végétaux poussent sans aucune intervention chimique ou mécanique, où les animaux gambadent joyeusement dans les champs, où les clients viennent chercher leur petit panier de provisions. Mais la nature, ce n'est pas le monde des bisounours...

  • Par vangog - 26/02/2013 - 00:26 - Signaler un abus @Alun Pour ne parler que de la désertification rurale...

    car je ne suis pas spécialiste! Croyez-vous que la PAC ait atteint son but? On peut se poser la question, quand on voit que la principale préoccupation de grands céréaliers de la Beauce est d'acheter les parcelles de leur voisins, afin de defiscaliser leurs subventions... Vous-mêmes reconnaissez que les subventions Européennes servent a subventionner vos moutons peu rentables! Mais, avant de subventionner à tout va et créer un système absurde de vase communicant de subventions au niveau Européen, s'est-on demandé pourquoi votre mouton n'était pas rentable? Probablement concurrencé par quelque production néo-zélandaise ou autre... Peut-être eut-il été préférable de taxer le mouton d'importation avant de taxer le contribuable Européen? Comment font les Néo-zélandais? Vivent-ils moins bien que les Européens? Non, si l'on en croit le nombre de Français qui voudraient émigrer là-bas...

  • Par ALUN - 26/02/2013 - 08:39 - Signaler un abus @ vangog

    En premier lieu, l'agriculture ne se résume pas aux céréaliers de la Beauce, même si il est vrai que la situation que vous décrivez est réelle. J'ai cru comprendre que la réforme en cours va modifier cette situation (plafonds...) Par ailleurs, le mouton est un exemple intéressant. Pour les éleveurs néozélandais, la viande est un sous produit de l'élevage destiné à la production de laine (viande de faible qualité) et ce sont des structures gigantesques ; ces systèmes ne correspondent pas à la vocation de maintien de l'activité agricole en zone difficile (pente, côteaux séchants...) de la production ovine française. Enfin, en terme de protectionnisme, l'agriculture a souvent été sacrifiée au profit de nos exportations de produits manufacturés (principe du donnant-donnant). Ceci n'empêche pas l'agriculture française d'être un des rares secteurs ayant un commerce extérieur excédentaire. Malgré le système d'aides, des zones se désertifient ; mais encore faut-il qu'il y est des candidats agriculteurs. Les établissements de formation agricole voient leurs effectifs fondre malgré les formations plus "attractives" (cheval, environnement) mais peu porteuses d'emplois.

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Jean-Philippe Feldman - Pierre Priolet - Antoine Jeandey

Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri, pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Lancé en début d’année 2012, WikiAgri a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture.

Jean-Philippe Feldman est juriste.Il est professeur agrégé des facultés de droit à Rennes et avocat à la Cour de Paris. Il est aussi maître de conférences à SciencesPo. Il a publié "La famine menace-t-elle l'humanité ?", aux Editons JC Lattès.

Pierre Priolet est agriculteur depuis 1990 à Mollégès. Il se veut l’instigateur d’un projet pour bâtir un nouveau système de distribution qui se passerait des aides, et il se bat  pour l’idée d’une société où l'on consommerait plus juste. Grâce à ses passages télés remarqués, Pierre Priolet est devenu la nouvelle icône médiatique du monde agricole qui souffre. Il est l'auteur de "Les fruits de ma colère : Plaidoyer pour un monde paysan qu'on assassine" (Robert Laffont, 2011) et s'occupe quotidiennement du blog "consommer juste".

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