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"Oh my God !" : pas de quoi enflammer le boulevard !

Atlanti-culture

Publié le
"Oh my God !" : pas de quoi enflammer le boulevard !
THEATRE
Oh my God !
De Robert Askins
Adaptation de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino
Mise en scène: Sébastien Azzopardi
Avec Tadrina Hocking, Alexandre Jérôme, Patrice Latronche, Thomas Ronzeau, Marie-Camille Soyer
 
INFOS & RESERVATIONS
Théâtre Tristan Bernard
64, rue du Rocher
75008 Paris
Réservations: 01 45 22 08 40
Du mardi au samedi à 21h. Matinée samedi à 18h.
 
 
 
RECOMMANDATION : A LA RIGUEUR
 
THEME                                                                                                            
De nos jours, en Vendée, dans une petite paroisse, se prépare le spectacle de fin d’année.
Sous l’œil bienveillant du père Alexandre, l’atelier est animé par Catherine Brunet, veuve depuis peu. Trois ados, dont son fils Théo, répètent chacun avec une marionnette mais celle de Théo n’en fait qu’à sa tête et va jusqu’à prendre son indépendance. Cette diablesse de puppet fait son show et, en disant tout haut ce qui se pense habituellement tout bas, elle va provoquer pagaille et scandales.
 
POINTS FORTS
1) La dualité qui éclôt à l’adolescence, cette prise de conscience que le monde des adultes ne correspond pas toujours à l’image qu’ils en donnent est bien résumée par cette marionnette, à la fois prolongement du poing du jeune Théo et incarnation du diable. Il y a du petit Hamlet chez ce tout jeune homme, une manière de soliloquer, de débattre avec lui-même, d’hésiter entre le bien et le mal, l’être et le pas être, et surtout, orphelin de père depuis peu, de désapprouver la nouvelle vie intime de sa mère.
 
2) Thomas Ronzeau, plus âgé que son personnage, a gardé la candeur d’un jeune adolescent qui va bien à Théo. Il anime sa marionnette avec facilité et se dédouble avec beaucoup d’aisance. Le rôle est compliqué mais il s’en sort haut la main.
 
3) Quatre bons décors, très réalistes, se succèdent sans temps mort sur le petit plateau du Théâtre Tristan Bernard.
 
POINTS FAIBLES
1) Drôle de pièce au ton étrange, irrévérencieux. Entre potacherie salement réaliste et fable existentielle de mauvais goût, ni très drôle ni très touchante, la comédie peine à trouver un véritable équilibre, comme s’il manquait un parti pris, comme si le ton original s’était évaporé en traversant l’Atlantique. On sent bien que l’on devrait rire, s’exclamer, pouffer, s’indigner…., mais trop de hardiesse lasse.
 
2) Dommage que cette marionnette, ce Raymond parle autant ! On aimerait lui clouer le bec de temps à autre et laisser Théo s’exprimer un peu plus. Cela permettrait aussi à la pièce d’être plus courte !
 
EN DEUX MOTS 
Pièce américaine adaptée en français par Sébastien Azzopardi et Sacha Danino à qui l’on doit tant de spectacles originaux (« Le Tour du monde en 80 jours », « Dernier coup de ciseaux », « La Dame blanche »….), « Oh my God ! » dénonce les hypocrisies et les mensonges du monde des adultes. Certes le bon goût ne règne pas sur le plateau, mais après tout, pourquoi pas ? 
Plus grave, l’insolence et l’effronterie de l’auteur ratent leur cible.
 
L’AUTEUR
Originaire de Cypress au Texas où il est né en 1985, Robert Askins s’installe à New York en 2005 et commence une carrière d’auteur dramatique. Sa pièce « Hand to God », devenue « Oh my God ! » en France, est jouée à Broadway après avoir été créée dans le Off-Broadway. A Londres où elle est montée en 2016, elle reçoit cinq nominations aux Tony Awards, l’équivalent de nos Molières, dont celle de la meilleure pièce.
 
 
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