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Obsession pour la nourriture saine : l’orthorexie, la nouvelle maladie dont vous n’avez probablement pas entendu parler

Végétarien, vegétalien, kale, quinoa… tous ces mots absents du vocabulaire courant il y a une dizaine d'années sont aujourd'hui connus de tous et objets ou d'adoration ou de haine. Mais, au-delà du débat, s'est instauré un vrai problème : celui de ceux qui sont devenus malades de la nourriture saine.

Shoot de Quinoa

Publié le - Mis à jour le 11 Septembre 2015
Obsession pour la nourriture saine : l’orthorexie, la nouvelle maladie dont vous n’avez probablement pas entendu parler

Le risque majeur est celui de l'isolement social qui commence par une exclusion alimentaire, source de fragilité psychique. Crédit wikipédia

Atlantico : L'inquiétude née des scandales alimentaires a provoqué une quête de la nourriture saine par toute une frange de la population. La nourriture considérée "saine" est-elle composée avec ou sans les aliments qui sont à la base de l'alimentation ?

Arnaud Cocaul : On peut parler même de parano qui s'installe dans notre pays avec une théorie du complot (on nous ment que ce soit l'agro-alimentaire, les distributeurs, les médecins, les pouvoirs publics).

Les scandales alimentaires dévoilés régulièrement nourrissent cette légitime inquiétude à laquelle on ne répond que mal.

L'éviction alimentaire peut dès lors s'imposer afin de tenter de résoudre le problème par soi-même. On peut commencer par des régimes d'exclusion (je bannis la viande, je bannis le poisson, le gluten, le lactose) et on tombe dans les régimes "sans" qui font florès dans notre pays. On estime manger sain mais on mange "sans" ce qui n'est pas forcément sans conséquences futures pour la santé. On se sépare de tout ce qui faisait la richesse de notre patrimoine alimentaire: le manger ensemble et le partage.  

Les consommateurs modernes glanent les informations et souvent les idées fausses via les réseaux sociaux et les moteurs de recherche. Je rappelle cette phrase d'Herman Hesse "le savoir peut se communiquer mais pas la sagesse".

Quels sont les problèmes provoqués par une quête obsessionnelle d'une alimentation saine ?

Le risque majeur est celui de l'isolement social qui commence par une exclusion alimentaire source de fragilité psychique. L'autre risque patent est celui de développer des troubles majeurs du comportement alimentaire. On mange isolé alors que le repas français repose sur la commensalité. On peut craindre également un appauvrissement en certaines vitamines, minéraux, oligo-éléments et nutriments qui s'en tendre vers des vrais carences (les carences en France sont rarissimes) peuvent aboutir à des sub-carences. J'attire le point sur le fait que certains mangeurs mettent en avant la quête d'une nourriture saine pour mieux masquer leur envie de perdre du poids par une méthode à priori plus consensuelle. Ces personnes risquent de se soumettre à un nouvel effet yoyo pondéral ascendant. 

Peut-on sortir du cercle de l'orthodexia, nom donné au trouble alimentaire poussant à retrancher de son alimentation presque tous les nutriments, ou est-ce une maladie qui, comme l'anorexie ou la boulimie, est très difficile à combattre ?

Je pense qu'il est très difficile de sortir de l'orthorexie car comme pour l'anorexie, il existe une peur panique à réhabiliter les aliments honnis. La prise en charge relève d'un soutien psychologique avec des thérapeutes aguerris à ce type de souffrance, car je crois que l'orthorexique souffre car cette rigidité alimentaire devient vite un carcan inexpugnable. 

De récentes études sur l'obésité ont révélé une activation de la zone de plaisir dans le cerveau devant l'image de nourriture hautement calorique. Cette étude souligne l'affect neurologique de l'alimentation sur le cerveau, un peu comme le ferait une drogue. Dès lors, comment peut-on faire la promotion d'une bonne alimentation sans créer d'excès ? 

Ne pas tomber dans l'excès consiste déjà à ne pas se créer d'interdits. Certains n'ont pas le choix car ils sont véritablement allergiques et justifient une exclusion définitive de tel ou tel aliment (parfois la liste est très longue). Ces personnes nécessitant de tels principes de précaution sont souvent très malheureuses car se privent parfois de plaisir alimentaire mais elles n'ont pas le choix. En dehors de cela, on a le choix et dès lors on doit s'accorder de la souplesse pour tolérer des incartades dans le cadre d'une alimentation variée diversifiée raisonnée colorée et respectant les justes portions. Claude Lévi-Strauss écrivait fort justement "l'alimentation ne doit pas seulement bonne à manger mais également bonne à penser." Il faut méditer cette phrase et la faire sienne. 

 
Commentaires

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  • Par Vae Victis - 08/09/2015 - 14:58 - Signaler un abus Faites un effort sur les fautes !

    Atlantico est pratiquement le seul média "sérieux" dans lequel il manque des mots aux phrases, et où les erreurs de frappe ou de syntaxe sont monnaie courante (pratiquement sur chaque article).

  • Par Le gorille - 09/09/2015 - 10:26 - Signaler un abus Ma grand-mère...

    Et si vous écoutiez vous aussi vos grand-mères ? "Manger de tout un peu" - "sortir de table avec une petite faim" - Quant à la commensalité, que vient-elle faire là dedans ? Mon estomac ne parle pas aux autres... A moins que ce ne soit pour aller plus lentement ? Encore une remarque de "ma" grand-mère !

  • Par Perrolet - 09/09/2015 - 11:17 - Signaler un abus Besoin d'une correctrice ?

    Vae Victis m'a précédée : voici longtemps que je désirais faire cette remarque. Trop de fautes, dans tous les articles.

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Arnaud Cocaul

Arnaud Cocaul est médecin nutritionniste. Il est membre du Think Tank ObésitéSIl a dernièrement écrit "le S.A.V. des régimes" aux Editions Marabout.

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