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Obama se trompe, la nouvelle Guerre froide ne fait que commencer

De la propagande au déploiement de missiles Poutine, le leader russe, teste la détermination d'Obama tout en se prétendant victime de l'Amérique.

THE DAILY BEAST

Publié le - Mis à jour le 14 Octobre 2016
Obama se trompe, la nouvelle Guerre froide ne fait que commencer

Copyright The Daily Beast - Michael Weiss. 

"All the Kremlin’s men" (Les hommes du Kremlin, non paru en français) de Mikhail Zygar, est l’une des meilleurs études sur le système Poutine. Le livre démonte toutes les idées reçues sur les relations russo-américaines, surtout les idées proposées par les architectes américains de ces relations durant les huit dernières années. "Dès le début, Vladimir Poutine n’a pas aimé le nouveau président américain" écrit Mikhail Zygar. "Pour lui, Barack Obama était à la fois trop tendre et incompréhensible.

Paradoxalement, Obama, le président américain le plus idéaliste et le plus pacifiste qu’on connaisse, est vu comme un va-t-en-guerre en Russie. Il est la cible de la propagande d’état et de blagues racistes. Il est désormais haï par des millions de patriotes russes. Il est caricaturé comme l’ennemi qui n’a pas de chance car il sera vaincu par Vladimir Poutine".

Certaines informations enfouies dans le flot de l'actualité cette dernière semaine permettent de commencer à mieux comprendre la portée de ce bilan sinistre. Vendredi dernier, John Kerry, le Secrétaire d’Etat américain, a demandé une enquête pour crimes de guerre contre la Russie. De nombreux documents ont montré que l’aviation russe a ciblé des infrastructures civiles comme des hôpitaux ou des écoles, le tout avec des bombes incendiaires et des bombes anti-bunker. Samantha Powers, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, a accusé Moscou de complicité de "barbarie" en Syrie. Washington a également accusé le Kremlin d'avoir bombardé sciemment un convoi d’aide de l’ONU au nord de la Syrie le mois dernier. Une accusation que l’enquête ouverte a corroborée. De plus, une agence de sécurité estonienne a rapporté que la Russie a déployé des missiles balistiques Iskander-M dans l’enclave estonienne russophone de Kaliningrad. Cette enclave fait l'objet d'une réclamation de la part de la Russie, la première ayant été faite par l’ex président Russe Dmitry Medvedev, le 5 novembre 2008, un jour exactement après l’élection d’Obama.

Les missiles Iskander-M sont capables de transporter des armes conventionnelles et nucléaires. Ils représentent une menace directe pour les alliés des Américains en Europe de l’est et arrivent à un moment où l’arsenal nucléaire russe dépasse désormais l’américain de 429 têtes nucléaires. Comme l’a rapporté le Daily Beast, ceci est une violation du nouveau traité stratégique sur la réduction des armes signé en 2011. Il n’y a pas si longtemps, ce traité était considéré comme le chef d’œuvre de la diplomatie américaine (L’information sur les missiles Iskander coïncide avec la violation présumée de l’espace aérien finlandais et estonien par des avions de chasse russes Su-27). Mais la Russie n’a pas amassé un arsenal militaire seulement en Europe. D’après Reuters, durant la quinzaine de jours qui a précédée l’échec des pourparlers entre Les Etats-Unis et la Russie pour un "cessez-le-feu", Poutine avait doublé, par air et par mer, l’envoi de matériel et de munitions destinés à aider le régime d’Assad. Selon toutes vraisemblances, ces ravitaillements devraient aider le régime et ses alliés iraniens à reprendre aux rebelles l’Est d’Alep. Le cargo avait à son bord des systèmes de missiles anti-aériens S-300 qui théoriquement, peuvent abattre des avions américains dans son rayon.

Le porte-parole du Kremlin Dmitry Kiselyov, qui présente l’émission de propagande "Les nouvelles de la semaines", était très clair : "Nous les abattrons". Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général-major Igor Konashenkov, a quasiment menacé de faire exactement la même chose, lorsque des révélations récentes ont montré que l’administration américaine réfléchit à une confrontation directe avec les forces du régime d’Assad. Cette option est recommandée par la CIA et le commandement conjoint des armées car tous deux craignent que la chute d’Alep n’exacerbe les risques terroristes aux Etats-Unis.

 
Commentaires

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  • Par pitron67 - 13/10/2016 - 10:04 - Signaler un abus guerre

    le guerre froide a redémarré quand les état-uni ont manigancé le coup d'état en ukraine c'est là que les russes ont compris qu'ils ne s'arréterait qu'au moment ou il sortiront les griffes et ils l'ont fait .

  • Par ikaris - 13/10/2016 - 12:41 - Signaler un abus Daily Beast = le mensonge quotidien

    "Obama, le président américain le plus idéaliste et le plus pacifiste qu’on connaisse" .... ouraf ouarf ouarf ! Obama est un va t en guerre certes plus subtil que Bush mais il a quand même bien foutu la m... ce cochon en manipulant ses alliés et les groupes terroristes sur toute la planête pendant ses 2 mandats : Kosovo, Syrie, Ukraine, Lybie ... merci encore Obama ! Tes bons sentiments tu peux te le garder et on prix Nobel c'est de l'escroquerie pure et simple. En Chine il est quasiment personna non grata.

  • Par vangog - 15/10/2016 - 18:12 - Signaler un abus Les USA ont leur Pravda (vérité...)

    et c'est Daily-beast! Honte à ces journaleux soumis au bilderberg, et qui font de la bassecpropagande!

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Michael Weiss

Michael Weiss est journaliste pour The Daily Beast.

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