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Nouvelle terreur près de Fukushima : les sangliers radioactifs dévorent les récoltes

Contaminés par les déchets toxiques de la centrale japonaise de Fukushima, qui a connu un accident majeur le 11 mars 2011, les sangliers inquiètent la population.

Miam miam

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Nouvelle terreur près de Fukushima : les sangliers radioactifs dévorent les récoltes

Le sanglier s’est nourri depuis cinq ans de plantes et de rongeurs contaminés par les déchets de la centrale nucléaire, et sa viande est désormais au pire radioactive, au mieux impropre à la consommation. Crédit REUTERS/Sukree Sukplang

Le chat parti, les souris dansent : dans les zones contaminées par des catastrophes nucléaires, le départ précipité des humains laisse la place libre aux animaux. On se rappelle des photos récentes de la région de Tchernobyl, qui montraient un paysage redevenu vierge, et où les animaux régnaient en maîtres incontestés.

A Fukushima, c’est la même chose.

Seulement, le Japon n’a pas la densité de population de l’Ukraine : les fermiers qui bordent la zone d’exclusion sont forcés de cohabiter avec des espèces en explosion démographique.

Ayant perdu leurs compétences de chasseurs-cueilleurs depuis quelques millénaires déjà, ils sont bien incapables d’empêcher la dévastation de leurs cultures par les sangliers.

L’animal est en effet celui qui pose le plus de difficultés. N’ayant peur de rien, il est fréquemment croisé jusqu’en milieu périurbain, où il peut être hostile – mais, à vrai dire, c’est de bonne guerre parce que sa viande est très appréciée des Japonais, pour lesquels il constitue, selon le Japan Times, "le plat le plus populaire du pays".

Malheureusement, le sanglier s’est nourri depuis cinq ans de plantes et de rongeurs contaminés par les déchets de la centrale nucléaire, et sa viande est désormais au pire radioactive, au mieux impropre à la consommation.

Par conséquent, l’explosion démographique n’a pas été endiguée, et les fermes en pâtissent. Le montant des dégâts s’estime déjà à 98 millions de yens, soit environ 800 000 euros.

On dénombre aujourd’hui, d’après les informations du Washington Post, 13 000 sangliers. Et comme les Japonais ne peuvent les coucher dans leur assiette, ils envisagent donc de réduire leur population par la force. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire : en effet, un sanglier pèse en moyenne plus de cent kilos : à l’échelle du groupe, ce sont des milliers de tonnes de carcasse potentiellement dangereuse qu’il faudra traiter.

Alors, qu’on les jette à la fosse commune ? Les trois cimetières de la ville de Nihonmatsu, à 75 km à l’Ouest, sont déjà pleins. Qu’on les enterre à même le sol ? Ils sont exhumés par les chiens, attirés par l’odeur. Qu’on les incinère alors ? Il n’y a qu’un établissement crématoire dont les infrastructures sont appropriées, et il ne peut s’occuper que de trois sangliers par jour – soit 1092 par an, en travaillant le dimanche.

Si vous craignez une charge de sanglier, surveillez vos centrales.

 
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