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Ces hommes de l'ombre
qui détiennent vraiment
le pouvoir en Europe

Christophe Deloire, co-auteur de "Circus Politicus", souligne l'attention excessive portée à certains dirigeants politiques et lieux de pouvoir au détriment des vraies instances décisionnelles en Europe.

Les coulisses du pouvoir

Publié le - Mis à jour le 9 Février 2012
Ces hommes de l'ombre 
qui détiennent vraiment 
le pouvoir en Europe

"Le système politico-médiatique reste concentré sur Paris, et on ne prête pas ainsi attention à ceux qui détiennent réellement le pouvoir, c’est-à-dire ceux qui sont à Bruxelles." Crédit Reuters

A lire aussi des extraits de "Circus Politicus" :

- Proches, si proches... Les liens secrets entre la CIA et les pères fondateurs de l'Europe Schuman et Monnet

- Mais qui assiste à Bilderberg, ce mystérieux rendez-vous de l'oligarchie dirigeante mondiale ?

Atlantico : Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont donné lundi soir une interview conjointe aux chaines de télévision France 2 et ZDF.

Vous venez de publier "Circus Politicus" (co-écrit avec Christophe Dubois) dans lequel vous dénoncez l'attention excessive portée à certains lieux de pouvoir politique au détriment des vraies instances de décision. Dans ce cadre, comment percevez-vous la rencontre Sarkozy/Merkel ?

Christophe Deloire : Ce qui est clair, c’est qu’il y a eu une présentation relevant de la communication. Cette présentation déforme la réalité en laissant penser que l’idéal démocratique se résume à une discussion entre chefs d’État et de gouvernement. Or ces discussions à huis clos ne permettent pas de savoir si ce sont les responsables élus qui prennent les décisions, dans quelles circonstances, et s'il existe la possibilité d’en débattre.

L’Europe fait face à un problème médiatique. Cela se traduit par une incapacité des citoyens à regarder au bon endroit. La preuve en est que personne ne connaît les personnes les plus importantes au niveau européen. Qui connaît Joseph Daul, le président du groupe du PPE (Parti populaire européen) et l'une des rares personnes à pouvoir appeler Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sur leur portable ? Qui connaît Jean-Paul Gauzès, le coordinateur de la position du groupe PPE au sein de la commission des affaires économiques et monétaires ? Tous deux sont plus importants que les responsables politiques français, sur lesquels on peut lire de nombreux articles.

L’idée que nous développons dans notre livre Circus Politicus est effectivement que la politique se joue ailleurs. Ainsi, l’un des grands lieux de pouvoir aujourd’hui est le Conseil européen où les chefs d'État et de gouvernement se réunissent à huis clos. On ne connaît de ce qui s’y déroule, mais uniquement ce qu’ils veulent bien nous en dire. Dans notre ouvrage, nous nous appuyons ainsi sur des compte-rendus de négociations européennes qui permettent de prouver de manière irréfutable que ce qui se passe au sein d’une séance de Conseil n’a pas grand-chose à voir avec ce qui est présenté en conférence de presse. On a ainsi vu, une fois encore en lisant le compte rendu d’une réunion, que lors d’une séance où Nicolas Sarkozy prétendait à la sortie avoir dirigé la réunion, sur le verbatim, seules 13 lignes relataient ses propos.

D’autres compte-rendus montrent que, lors des sommets d’élaboration des plans de sauvetage de la Grèce, les chefs d’État et de gouvernement, le président de l’Eurogroupe ou le Gouverneur de la BCE affirment clairement que la présentation publique de l’événement ne correspondra pas à ce qui s’est dit en séance. Le fait que les débats ne soient pas publics est un vrai problème d’un point de vue démocratique. En démocratie, il y a certes une part de secret pour préserver la souveraineté et l’action du pouvoir exécutif. Mais, puisqu’il s’agit de décisions qui vont nous engager tous, éventuellement pendant des années, il n’est pas normal que celles-ci ne fassent pas l’objet de débats au préalable.  

Pour revenir plus précisément à la rencontre Sarkozy/Merkel, une phrase de Nicolas Sarkozy m’a interloqué : «J’engage la parole de la France ». Ce type de propos souligne une dérive de l’ensemble de l’architecture du pouvoir. On se trouve finalement devant un homme seul qui décide pour nous tous sans le moindre débat, sans qu’on sache comment la décision a été prise.

Cet « homme seul » a toutefois été élu démocratiquement au suffrage universel direct. Il dispose ainsi d’une certaine légitimité…

Certes, mais il ne représente qu’une partie du corps électoral, il a été élu avec seulement 53% des voix. A cet égard, il n’y a pas de parallélisme entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui, à son retour à Berlin, doit faire face au Bundestag, le Parlement allemand. Outre-Rhin, un parlement, où diverses sensibilités politiques sont représentées, discutent. En France, on a simplement une approbation de députés.

 

 
Commentaires

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  • Par Mérovingien - 08/02/2012 - 07:30 - Signaler un abus FORCES OCCULTES

    Les théories du complot sont vraies n'en déplaisent aux médias inféodés et la seule candidate hors système est Marine Le Pen

  • Par evy - 08/02/2012 - 09:18 - Signaler un abus j'engage la France....

    et quand 8% de syndicaliste "engagent" la France dans des grèves, des défilés , c'est à dire dans la mouise, qu'en pensez vous , M. Deloire ? Tant que Nicolas Sarkozy sera au pouvoir il engagera la France, c 'est inhérent au mandat présidentiel !

  • Par evy - 08/02/2012 - 09:19 - Signaler un abus occultes ?

    occultes la vieille c'est le printemps.......

  • Par evy - 08/02/2012 - 09:26 - Signaler un abus hommes de l'ombre....

    J.Daul, personnage important: c'est vrai qu'il a un certain poids, au moins 110 kilos.. J'ai moi-même le numéro personnel de Sheila.....

  • Par flogo - 08/02/2012 - 09:35 - Signaler un abus Il ne faut pas oublier

    que Mr Deloire est un journaleux en chef, il fabrique des journaleux... Quelle attention doit-on porter à ce genre de bonniMENTEUR ? Il y a bien longtemps que la déontologie de ce métier n'existe plus ! Donc siouplait M'sieur sachez que vous m'êtes pas crédible sur auncun sujet, donc allez prêcher chez vous ...

  • Par HR - 08/02/2012 - 09:44 - Signaler un abus Censure

    Mon commentaire Intitulé "Démocratie? Mais de quoi il parle?" a été censuré. Pourquoi je ne suis pas surpris?

  • Par Aristote - 08/02/2012 - 10:18 - Signaler un abus Fédération

    Le contrôle politique des décisions prises au niveau européen impliquerait le choix d'un fédéralisme conduisant à l'élection directe de ces "hommes de l'ombre". Ceux qui sont vent debout contre une telle évolution sont moins les peuples que les actuels détenteurs du pouvoir dans les pays membres de l'Europe, qui comprennent fort bien que cette évolution irait contre leurs intérêts à eux.

  • Par Théodora - 08/02/2012 - 11:14 - Signaler un abus Déficit démocratique

    Le papier de M. Deloire est un peu court. Le déficit démocratique de l'Union est un lieu commun et la Cour constitutionnelle allemande s'est attachée à le démontrer. Mais toute cette organisation technocratique politiquement irresponsable est décrite dans le traité de Lisbonne qui est le jumeau du traité constitutionnel rejeté par le peuple français en 2005 et que Sarko a fait ratifier par voie parlementaire pour contourner le verdict populaire. L'organisation européenne est une usine à gaz et il suffit de voir comment fonctionne le parlement européen soi-disant démocratique pour comprendre comment on se moque des peuples, c'est surréaliste. La construction européenne est délibérément anti-démocratique puisqu'il s'agit de passer outre la volonté des peuples. On l'a bien vu avec la réaction sacndalisée à l'idée d'un référendum en Grèce.

  • Par Equilibre - 08/02/2012 - 11:57 - Signaler un abus Je me répète mais l'europe est une idéologie "communisante".

    Ses fonctionnement en sont relativement proches. Des élections dont le résultat est finalement pas très important, pour elle (pour nous, un peu plus quand même) tant que le vainqueur ne contrarie pas trop l'ordre économique et politique établie ou la marche à suivre, selon. Des personnes très influentes en coulisse dont personne ne sait rien, ni qui ils sont, ni ce qu'elles font. Puisque lobby il existe, j'aimerai bien savoir qui sont les lobbys qui influencent tout ce petit monde, hormis les banquiers. C'est également une machine à détruire les peuples et les nations, au sens classique terme, afin de créer, son objectif à terme, les états-unis d'europe. C'est mal parti avec la Grêce, demain le Portugal, après-demain nous ou l'Italie ou... Cela se terminera comme la défunte URSS que personne ne regrette, dans la misère et le chaos. Une idéologie ne résiste jamais bien longtemps à la réalité. Merci à l'auteur pour cet article, qui mériterait d'être développé. Mais bon, il y a un livre.

  • Par Michel92 - 08/02/2012 - 12:25 - Signaler un abus nimporte naouac

    Un peu déçu par Atlantico. Vous vous faites l'écho des théories du complot les plus racornies. Ouh, les vilains du Bilderberg, de la Trilatérale, de l'IASB, du Comité de Bâle... Tout est mélangé, rien n'est compris. Laissez ce genre de "journalistes" (ayant déjà sévi sur les histoires d'alcôve, très brillantes...) de côté !

  • Par Apicius - 08/02/2012 - 14:36 - Signaler un abus Singulier ce formateur de journalistes !

    Qui dénie la légitimité à un Président régulièrement élu au suffrage universel "... il ne représente qu’une partie du corps électoral, il a été élu avec seulement 53% des voix ..." Est ce à dire qu'un Président n'est légitime qu'avec 100% des voix ? Encore un nostalgique refoulé de la RDA et de son régime DÉMOCRATIQUE ! Ce propos ôte toute crédibilité au reste de l'article. Sans suite.

  • Par Mandos - 08/02/2012 - 15:04 - Signaler un abus Ah, ce bon Christophe Deloire

    Qui se pavanait hier sur le plateau de Taddéi, en trouvant extrêmement malin de s'offusquer qu'on puisse envisager de retirer des crédits de vote à des pays qui n'ayant pas respecté leurs responsabilités budgétaires, viennent réclamer l'argent des autres pays, "comme s'il s'agissait d'une atteinte aux droits de l'homme", ajoute-t-il fièrement. Parce que, vous comprenez, pour les gens comme Christophe Deloire, vivre à perte sur le dos du peuple, ça n'a absolument rien à voir avec les droits de l'homme. On ne va tout de même pas se fâcher pour une bête histoire de chiffres, pas vrai? Ce sont des chiffres voyons, on leur fait dire ce qu'on veut aux chiffres. Nous, la fine fleur de l'information nationale, ne nous attardons pas à ce genre de basse considération. L'élite de la nation qu'il disait.

  • Par decheval - 08/02/2012 - 15:18 - Signaler un abus Il n'y a jamais eu

    de démocratie en France, mais on l'a fait croire à des dizaines de millions de citoyens, grâce au bourrage de crâne scolaire notamment. Il n'y aura pas plus de démocratie européenne et il n'a jamais été question d'une telle chose. Le soi-disant « déficit de démocratie » est une expression lénifiante pour ne pas dire la vérité crue : aucun politique ne veut la démocratie. Il suffit de regarder ce qu'ils font au lieu d'écouter ce qu'ils disent : et ce qu'ils font, c'est cumuler les mandats, ne jamais remettre en cause la fusion de fait de l'exécutif et du législatif, tout en conservant la maîtrise du judiciaire, ne jamais remettre en cause le fait que le vote des citoyens ne les engage à rien.

  • Par HR - 08/02/2012 - 16:02 - Signaler un abus @ decheva

    "Le soi-disant « déficit de démocratie » est une expression lénifiante pour ne pas dire la vérité crue : aucun politique ne veut la démocratie." _______ En insistant sur la lâcheté de Christophe Deloire qui n'a pas le courage d'écrire noir sur blanc cette évidence, mon commentaire a été censuré. Voyons si le votre va tenir.

  • Par Mimi Defrance - 08/02/2012 - 16:10 - Signaler un abus Le pouvoir de l'ombre

    Je n'ai pas encore lu ce livre, mais c'est ainsi depuis la nuit des temps, les réseaux sociaux, les clubs de pensées ou les cercles philosophiques, les banquiers ou les directions de grandes multinationales, etc...qui se réunissent dans la discrétion en séminaires ou simples diners, forment des liens et une puissance qui oriente et dont les lobbies agissent de tout leur poids sur les actions des politiques. Ca existait d'une autre façon sous des régimes précédents, ce n'est sans doute pas un scoop. FOG y voit-là une théorie du complot , je ne qualifierais pas cela de complots mais de groupe de pressions qui tirent les ficelles et orientent les décisions à leur avantage. Dans Sexus politicus, C.Deloire et C.Dubois nous avaient informés avant l'heure des déviations sexuels de DSK. Ils n'inventent pas ce qu'ils écrivent... la preuve.

  • Par brennec - 08/02/2012 - 18:04 - Signaler un abus Mitterand... aussi!

    «J’engage la parole de la France ». Sarkozy n'est pas le premier, pour mémoire Mitterand a prétendu engager la parole de la france quand il a décidé solitairement et unilatéralement d'offrir l'asile au ex brigadistes rouges, et il en est encore pour le croire!

  • Par Ludo1963 - 08/02/2012 - 21:00 - Signaler un abus Encore un journaliste français qui fantasme

    Je l ai vu hier chez Taddeï. Consternant. Pas étonnant quand on voit la majorité de nos journalistes on comprend mieux... Les hommes de l ombre n ont pas empêché les français de voter les 35 heures et les socialistes de massacrer notre économie Atlantico, pourriez vous souhaiter bon vent à ce rigolo ? A la limite il aurait sa place dans un think tank du ps ?

  • Par DEL - 08/02/2012 - 21:05 - Signaler un abus Il est clair

    que l'Europe a été voulue par des financiers en mal de pouvoir qui soit à la hauteur de celui des américains. Ils se sont donc arrangés pour qu'aucun contrôle d'ordre démocratique ne puisse s'exercer sur leurs décisions...pour le plus grand plaisir des patrons et ds rentiers.

  • Par Gilles - 08/02/2012 - 23:30 - Signaler un abus CQFD

    Les elections ne servent a rien. On voit que l'Europe est dirigee comme du temps de l'ex URSS. Ce qui signifie qu'elle court a sa perte Une caste se partage le pouvoir et le peuple n'a pas grand chose a dire. Au moins par rapport aux vraies dictatures on lui fiche la paix ce qui permet aux technocrates d'agir a leur guise..

  • Par Michel92 - 09/02/2012 - 07:40 - Signaler un abus Populisme crasse

    Après le cul et le complot, ces auteurs devraient en toute logique consacrer leur prochain opuscule aux prédictions des Mayas...

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Christophe Deloire

Christophe Deloire est journaliste, auteur et éditeur.

Il est le co-auteur de "Circus politicus" avec Chrsitophe Dubois (Albin Michel, 2012).

Depuis février 2008, il est le directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ), l'école de journalisme de la rue du Louvre à Paris.

Depuis 2006, Christophe Deloire est directeur de collection au département « littérature générale » de Flammarion.

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