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La maison de l'histoire de France
ne doit être ni politique
ni idéologique

La controverse autour de la future maison d'Histoire de France est toujours aussi vive. Vincent Duclert et Isabelle Backouche craignent un instrumentalisation du projet à des fins partisanes. Ils ont tenu ici à répondre à l'article de Benoît Rayski sur le sujet paru sur Atlantico.fr.

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Le dossier de la « Maison de l’histoire de France » appelle la controverse. Les termes en ont été exposés dans le texte que le site d’information Atlantico nous a demandé à la suite de la publication de l’ouvrage Quel musée d’histoire pour la France ? (Armand Colin, avril 2011), et qui a été publié le 8 mai 2011 sous le titre : « L’histoire de France instrumentalisée ? ».

Le 14 mai, M. Benoît Rayski réagissait à notre analyse par une tribune mise en ligne sur ce même site. Il y dénonçait notre présumé rejet de la France et affirmait que nous n’écrivions pas comme Senghor et Césaire (sic).

Une telle charge ne traduirait-elle pas précisément cette tentation de l’instrumentalisation qui nous alarme et qui rend toujours plus nécessaire la critique, le débat et la controverse ? Celle-ci est même consubstantielle à un projet lancé sur la base de rapports indigents, intégré à la campagne de « l’identité nationale », séparé des savoirs tant des musées que de l’histoire, élevé au rang de grande cause nationale par un groupe d’acteurs qui tirent leur légitimité de l’engagement militant du ministre de la Culture.

Des oublis importants

La lecture du rapport d’information de la sénatrice UMP de Paris Catherine Dumas, rendu public le 17 mai par le Sénat, devrait alimenter de nouvelles interrogations sur la validité et la méthode du projet : les critiques y sont fortes, à commencer par l’oubli dans la préfiguration de « Maison de l’histoire de France » d’une expérience muséale capitale en terme d’histoire de France menée à l’endroit même, les Archives nationales, où elle doit s’installer. Et, à propos du travail en circuit fermé des responsables, le rapporteur pointe d’autres faiblesses graves : « compte tenu de la sensibilité du sujet, il est indispensable de s’assurer que la réflexion sur le contenu du projet se poursuive dans des conditions optimales, en accordant prioritairement une très large place à la concertation avec la communauté scientifique et avec l’ensemble des spécialistes de l’exposition au grand public ». Jusqu’ici, ajoute la sénatrice, « la conduite de la réflexion et la programmation aussi bien culturelle et scientifique qu’immobilière de la future institution ont péché par un déficit de consultation préalable des experts et de transparence ».

M. Benoît Rayski, écrira-t-il, au sujet de ce rapport du Sénat, « Ne dites plus jamais France ! C’est un gros mot… », comme il l’a fait en réponse à notre tribune ? Cette rhétorique confirme notre inquiétude dans cette affaire, à savoir un risque constitué d’instrumentalisation de l’histoire dès lors qu’on assimile une critique légitime d’un projet très contesté et une volonté d’exigence quant aux savoirs transmis ….. à un blasphème antinational ! Plaider pour « l’ambition véritable d’un grand musée d’histoire de France » reviendrait donc à agresser la nation. On mesure dans ces propos la nécessité urgente de sortir le savoir historien et les programmations culturelles des enjeux politiques et idéologiques. Pour le bien de la France, n’en déplaise à M. Rayski.

 
Commentaires

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  • Par Jebedee - 29/05/2011 - 10:49 - Signaler un abus Une "maison" inutile, coûteuse et fatalement suspecte

    Nous nous sommes très bien passés de maison officielle de l'histoire de France jusqu'ici. Nous n'en n'avons pas besoin. Il faut militer pour tuer ce projet inutile et coûteux dans l'oeuf.

  • Par cassiel53 - 29/05/2011 - 11:54 - Signaler un abus un gros mot

    La France quel gros mot!!!! et histoire en plus!!!!! WWOUAHHHH!!!! VIVE LA REPENTANCE et L'AUTOFLAGELLATION!!!! On s'excuse d'être français...et moi qui n'ai aucun ancêtre immigré; je me fouette de ma pauvreté genetico-culturelle! ...de toute façon l'histoire de France...tout le monde s'en fout c'est bien connu!

  • Par Khemas - 29/05/2011 - 13:40 - Signaler un abus En même temps c'est pas comme

    En même temps c'est pas comme si Rayski était vraiment un historien digne de ce nom. Un opportuniste et un politicard ça oui, mais il a du louper quelque cours de méthodologie. C'est marrant cette nouvelle mode qui consiste à se prétendre historien alors même qu'on a jamais été reconnu par ses pairs. Aller moi demain je suis psychiatre, pas de problème, j'ai écris sur la psychiatrie.

  • Par Khemas - 29/05/2011 - 13:55 - Signaler un abus Vous n'avez rien compris

    Vous n'avez rien compris cassiel. Ce qui est en question, c'est l'instrumentalisation de l'histoire en fonction d'intérêts particuliers. En l'occurence ceux de ce cher Benoît Rayski. Comment contester l'intérêt que portent à l'histoire deux profs d'histoire ?

  • Par Khemas - 29/05/2011 - 13:55 - Signaler un abus On dirait que vous ne lisez

    On dirait que vous ne lisez pas les articles. Arrêtez de vous indigner pour un oui ou pour un non et essayez de comprendre ce que peut être la réelle problématique d'une histoire non politique, mais politicienne.

  • Par Aristote - 29/05/2011 - 16:46 - Signaler un abus Crise du logement

    Une "Maison de l'histoire de France" sera toujours instrumentalisée, par les uns ou par les autres. Je rejoins Jebedee, en ces temps de disette budgétaire, c'est un projet irresponsable !

  • Par cassiel53 - 29/05/2011 - 17:00 - Signaler un abus KHEMAS: Il y aura toujours

    KHEMAS: Il y aura toujours une suspicion d'instrumentalisation...c'est obligatoire; l'histoire, l'évènement historique ne peut être consensuel dans son essence et dans son interprétation. le politiquement correct et l'histoire ; c'est impossible! Ou alors on parle de révisionnisme.

  • Par Khemas - 29/05/2011 - 19:39 - Signaler un abus Cassiel, je vous conseille

    Cassiel, je vous conseille une L1 d'histoire. Je vous assure ça vous apprendrait plein de chose. N'espérez pas me convaincre avec ce pauvre laïus, il n'y a qu'une vérité historique. L'instrumentalisation et la notion même de politiquement correct n'ont pas à exister en histoire. Quant au révisionnisme, c'est le travail même de l'historien. Je ne sais même pas ce que vous entendez par là

  • Par Khemas - 29/05/2011 - 19:42 - Signaler un abus Vous confondez bêtement

    Vous confondez bêtement révisionnisme et négationnisme, je ne vois que ça. En bref arrêtez de parler de ce que vous ne connaissez visiblement pas.

  • Par Marie46 - 29/05/2011 - 19:54 - Signaler un abus ben voyons

    à vous lire chers auteurs l'histoire de France vous appartient vous devez la gérer à votre idée . Vous dites retirer le savoir historien des enhjeux politiques et idéologques mais qui nous dit que vosu êtes exempts de cela! J'en doute très fort! De plus je tiens à rappeler qu'il exist un Minsitère de la Culture que l'argent vient des contribuables.

  • Par Khemas - 29/05/2011 - 21:53 - Signaler un abus Vous devriez vous relire, ou

    Vous devriez vous relire, ou écrire moins vite. Le principe de la formation historique, c'est justement de détacher l'histoire de la politique. C'est d'ailleurs ce qui définit un historien (ces auteurs) et un non-historien (leur critique, Rayski) Un vrai historien a reçu des cours de méthodologie, un non-historien formule un borborygme historique.

  • Par Benoît Rayski - 29/05/2011 - 22:59 - Signaler un abus Khemas

    Dés que mon nom apparait Khemas surgit 6 post;;;..Vous devriez consulter un psychanalyste(non "thésé",il est vrai).Mais méfiez-vous:ils sont tous Juifs!

  • Par le Gône - 30/05/2011 - 00:54 - Signaler un abus @Khemas

    Vous êtes juste imbecile, hysterique et con.....Rayski a raison faut aller conslter mon vieux!! et il a doublement raison parmis les psy (non thésé)c'est du 90% juif!!..MDR !!Quand a l'histoire que nous propose cette bande de gauchistes je veux même pas y penser..(vous croyez qu'ils penseront a citer les grand criminels comme Staline,Mao,Polpot..Castro et Miterrand et sa guillotine Algerienne!

  • Par Khemas - 30/05/2011 - 04:08 - Signaler un abus Décidemment ce Rayski ne se

    Décidemment ce Rayski ne se sent plus. Et il ne répond toujours pas à la question. Pourquoi mentir ? Vous avez très bien compris ce que je veux dire, inutile d'ironiser ou d'essayer de changer de sujet.

  • Par Khemas - 30/05/2011 - 04:10 - Signaler un abus Le gône vous ne savez rien de

    Le gône vous ne savez rien de mes opinions politiques, et vous ne connaissez visiblement rien non plus de l'histoire. Vous devriez vous aussi envisager une L1. Gauche ou Droite, l'histoire reste la même. C'est à cause de gens comme vous que justement ce genre de Musée est inévitablement suspect. Pourquoi tomber dans le HS avec Staline ou Mao, personne ne nie ici le totalitarisme de ces gens.

  • Par Khemas - 30/05/2011 - 07:44 - Signaler un abus Vous ne vous sentez pas

    Vous ne vous sentez pas ridicule de comparer Staline, Mao, Pol Pot d'un côté, et Mitterrand que vous ne savez pas orthographier (je ne réfute pas que c'était loin d'être un type bien,puisque l'histoire l'a démontré)? Vous démontrez encore une fois votre impossible relativisme.C'est aussi ce qui fait qu'on est capable d'apprécier l'histoire,et non de l'interpréter selon un positionnement politique

  • Par le Gône - 30/05/2011 - 07:50 - Signaler un abus @Khemas

    Pour conclure sur le sujet, je ne manquerai jamais l'occasion de rappeler a tous et toutes que Mitterand et ceux de son camps on été et reste des "nuisibles" quand a votre délire verbeux, c'est surtout pas a des hysteriques comme vous qu'il faut laisser le soin de raconter l'histoire car a vous lire on comprend tout de suite qu'il y'a "votre "histoire" mais je crois que vous êtes malade!!

  • Par ZOEDUBATO - 30/05/2011 - 09:49 - Signaler un abus A t-on peur de la réalité et de la vérité historique ?

    A t-on peur de parler des périodes sombres de notre histoire tel que la terreur ? Les colonnes infernales en Vendée? Les soutiens au parti Socialiste Nationale du Peuple allemand de 1930 à 1942 ? De la couleur politique de Pétain, de son gouvernement, et de ceux qui ont voté les lois juives ? De la couleur des gouvernements à l'origine des guerres d'Indochine et d'Algérie ? etc...

  • Par Khemas - 30/05/2011 - 11:52 - Signaler un abus Pourquoi peur ? L'histoire de

    Pourquoi peur ? L'histoire de la terreur existe... Le problème n'est pas de dire ce qui s'est passé, le problème c'est de choisir et d'interpréter à droite ou à gauche. Je n'ai vu que des commentaires où perle avant toute chose non l'amour de l'histoire, mais la haine du parti opposé. Ces gens là n'ont rien à dire.

  • Par simple citoyen - 30/05/2011 - 17:49 - Signaler un abus Et l'enseignement de l'Histoire?

    Pourquoi tant de débats autour de ce musée? On laisse bien nos enfants endoctrinés par un cursus d'Histoire pour le moins orienté. Si ce débat doit déboucher entre autres sur une mise à plat des méthodes de détermination des programmes d'Histoire dans l'enseignement, alors oui il aura ue utilité certaine. Sinon, il ne sera qu'un lieu d'opposition de plus entre idéologues et historiens.

  • Par Khemas - 30/05/2011 - 19:11 - Signaler un abus Vous parlez pour ne rien

    Vous parlez pour ne rien dire, que savez vous des "programmes" de l'enseignement supérieur (à la libre appréciation des facs) ?

  • Par Benoît Rayski - 30/05/2011 - 20:05 - Signaler un abus Le Gône

    Ne perdez pas de temps avec Khemas.Il est atteint de TOC(troubles obsessionnels et compulsifs).Les déclencheurs de TOC sont multiples!Pour le teaureau c'est la muleta..Pour l'obsédé sexuel c'est une mini-jupe..Pour l'islamiste c'est une caricature de Mahomet..Pour l'imbécile rageux c'est l'intelligence..Pou Khemas cet moi...Il est à plaindre.

  • Par simple citoyen - 30/05/2011 - 22:07 - Signaler un abus @Khemas

    Si c'est bien à mon commentaire que s'adressait cette peu civile et vide remarque, je vous répondrais que je n'en sais rien et m'en contrefous. Je parle d'enfants et pas d'adultes, mais vous l'aviez certainement compris, non? Les premiers sont plus facilement endoctrinés que les seconds, et les effets se font sentir bien au dela des études universitaires à vous lire... euh pardon entendre.

  • Par le Gône - 31/05/2011 - 00:39 - Signaler un abus @Benoît Rayski

    Juste une réctification ..ce qui déclanche un TOC chez l'obsédé sexuel c'est la Blouse des femmes de chambre du Sofitel...elles mettent les gros porcs en rut!!

  • Par Khemas - 31/05/2011 - 09:53 - Signaler un abus Les jeunes qui sont

    Les jeunes qui sont intéressés par l'histoire liront et pourront accéder à des travaux de qualités. Les jeunes qui ne sont pas intéressés oublieront tout très rapidement. Les profs qui doivent enseigner à des jeunes ne peuvent pas leur enseigner les choses comme à des adultes. Quand vous étudiez l'histoire elle était déjà en crise dans le secondaire. Rendez vous en compte.

  • Par Khemas - 31/05/2011 - 09:57 - Signaler un abus On n'a jamais trouvé la

    On n'a jamais trouvé la solution miracle qui fonctionnerait dans le secondaire. La matière est trop compliquée à appréhender pour des élèves de primaire/collège, et commence à être compréhensible dans son essence au lycée. Il faut simplifier, les objectifs ne sont pas les mêmes. Mais comme je vous le disais de toute façon les gens intéressés feront l'effort, les autres oublieront.

  • Par Khemas - 31/05/2011 - 10:05 - Signaler un abus J'ai toujours trouvé mes

    J'ai toujours trouvé mes profs de secondaire nuls à chier, mais comme j'adorais l'histoire et que je lisais par ailleurs, j'ai poursuivi à la fac, jusqu'au bout. On ne peut pas forcer des jeunes à s'intéresser à quelque chose. La vérité c'est qu'ils n'était pas nuls, ils devaient travailler à rendre une matière très compliquée... accessible, simplifiée, donc simpliste.

  • Par Khemas - 31/05/2011 - 10:04 - Signaler un abus J'ai toujours trouvé mes

    J'ai toujours trouvé mes profs de secondaire nuls à chier, mais comme j'adorais l'histoire et que je lisais par ailleurs, j'ai poursuivi à la fac, jusqu'au bout. On ne peut pas forcer des jeunes à s'intéresser à quelque chose. La vérité c'est qu'ils n'était pas nuls, ils devaient travailler à rendre une matière très compliquée... accessible, simplifiée, donc simpliste.

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Isabelle Backouche et Vincent Duclert

Isabelle Backouche est maîtresse de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Vincent Duclert est professeur agrégé à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Ils sont, avec Jean-Pierre Babelon et Ariane James-Sarazin, les auteurs du livre Quel musée d'histoire pour la France ? (Armand Colin, 2011).

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