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Michèle Alliot-Marie :
"La parité au gouvernement ?
J’ai toujours été contre les quotas"

François Hollande a promis de respecter une certaine parité dans la composition de son prochain gouvernement. Mais un tel souci des quotas a-t-il vraiment un sens ?

Discrimination positive au gouvernement

Publié le

Atlantico : Il se dit que François Hollande rencontrerait des difficultés à respecter une stricte parité dans les nominations de ses ministres. Vous avez été ministre à plusieurs reprises ; à la lumière de cette expérience, estimez-vous que le pouvoir soit différent qu’il soit exercé par un homme ou par une femme ? 

Michèle Alliot-Marie : Certainement pas ! Je ne crois pas que ce soit différent parce que à la fois, les moyens,  les leçons et les responsabilités sont exactement les mêmes, que ce soit un homme ou une femme qui exerce les fonctions : l’essentiel du travail doit être fait.
Les personnes doivent avoir à la fois les connaissances, les compétences voire – pour un certain nombre de postes – l’expérience nécessaire pour remplir correctement ces missions. Le problème est de savoir si le ministre exerce cette fonction avec une spécificité particulière parce qu’il est homme ou parce qu’il est femme. Le genre est secondaire par rapport à la mission et aux compétences elles-mêmes.
 

On prête aux femmes plus de douceur, de compassion, d’instinct...  Ces particularités ont-elles droit de cité dans l’exercice du pouvoir ?

Il ne faut pas généraliser : toutes les femmes ministres ne sont pas les mêmes. Elles n’ont pas le même cursus. Par conséquent, elles n’ont pas la même approche du rapport avec les personnes avec lesquelles elles travaillent, qu’il s’agisse de leur administration ou des personnes qui dépendent d’elles. Deuxièmement, cela dépend également du ministère : l’Education nationale, ce n’est pas la même chose que le ministère de l’Intérieur ou de la Défense ! Troisièmement et pour plus abonder dans votre sens : la façon dont on vit, d’une façon générale,  rend plus attentif à certains domaines. Je pense, par exemple à l’époque où j’étais ministre de la Défense ou comme ministre de l’Intérieur, j’attachais une importance particulière au contact avec les femmes de militaires, de policiers ou de gendarmes parce que je sais très bien à la fois les contraintes due à l’activité de leurs maris et je sais aussi les attentes de ces militaires qui, en raison de leurs métiers très difficiles, ont aussi besoin d’une vie familiale équilibrée, pour être totalement disponible dans leur activité. Et cela, en effet, était un domaine auquel les hommes qui m’avaient précédée, ne s’intéressaient guère…
 

Auriez-vous un autre exemple, lors de votre passage au Quai d’Orsay, par exemple ?

J’y suis restée très peu de temps. Mais c’est peut-être plus en tant que femme qu’en tant que ministre que j’ai été très attentive à ce poste au problèmes de carrières, à la détection de hauts-potentiels, à la reconversion des personnes ou bien à tous les problèmes de la promotion sociale… Mais cela était dû autant à mon attachement idéologique, qu’au fait d’être une femme.
 

Justement, si le genre d’un ministre compte si peu, pensez-vous que la parité soit si importante ?

Il ne faut pas faire de la parité un dogme. Car sinon on risque de commettre des erreurs. J’ai toujours dit que j’étais très en colère quand je voyais une femme compétente écartée au profit d’un homme incompétent. Mais j’étais autant en colère quand je voyais un homme compétent, écarté au profit d’une femme incompétente. C’est toujours la compétence qui doit primer car quand on a la charge et l’honneur d’exercer en tant que ministre, c’est d’abord la compétence qui prime. La parité, quand on nomme une femme juste parce qu’elle est femme, nuit finalement  aux femmes. J’ai toujours été contre les quotas – y compris quand j’étais présidente du RPR !
 
Il faut également qu’une assemblée ou un gouvernement soit représentatif de la société. Aujourd’hui, je n’imagine pas un gouvernement qui ne serait composé que d’hommes. Ce serait en total décalage avec la réalité où les femmes exercent dans tous les domaines à des postes de responsabilité.
 
(Propos recueillis par Antoine de Tournemire)
 
 
Commentaires

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  • Par Gaëtan Tremoine - 14/05/2012 - 07:45 - Signaler un abus Michèle AlliotèMArie a raison

    Michèle AlliotèMArie a raison : il ne suffit pas d'être une femme pour faire un bon ministre ! Et elle le démontre... Nicolas Sarkozy ne lui doit-il pas quelque chose de sa défaite ?

  • Par Ann O'nymous - 14/05/2012 - 09:34 - Signaler un abus MDR

    Revoilà MAM. Sans commentaire.

  • Par Ravidelacreche - 14/05/2012 - 11:52 - Signaler un abus Quota selon DSK :o)

    Un quota est une quantité allouée pour une période de temps à un agent, par exemple, un quota de pêche est un total autorisé de capture accordé à un pays ou à un pêcheur pour une période d'un an.

  • Par De France et de plus loin - 14/05/2012 - 12:32 - Signaler un abus C'est certain qu'un homme

    C'est certain qu'un homme aurait pu être aussi lamentable qu'elle lorsqu'elle proposait d'envoyer des bataillons de policiers à Ben Ali .

  • Par Tuffgong - 14/05/2012 - 13:13 - Signaler un abus Ressortir mam... Faut oser en

    Ressortir mam... Faut oser en période électorale ...

  • Par choubidou - 14/05/2012 - 13:27 - Signaler un abus Mam à la justice pour quoi faire ?

    Grâce à Mam, et à ceux qui l'ont précédée ils sont toujours à la manoeuvre ces dizaines de magistrats qui ont accordé 15 ans d’impunité au directeur de campagne de F. Mitterrand passé avec 30 Mf à travers le parquet de Paris, la direction des affaires criminelles et des grâces et la cour de justice, afin de préserver le rapprochement de deux journaux qu’on lit tous les jours, le juge d’instruction défendant les intérêts de l’un d’eux, et se présentant aux législatives pour le PS . Récupérer le non-lieu d’anthologie - 8 lignes 3 erreurs grossières - auprès de Sm Usm Commission des lois Assemblée et sénat.

  • Par Petit Poucet - 14/05/2012 - 13:31 - Signaler un abus Artificiel

    Je n'ai pas toujours été d'accord avec MAM mais je partage son avis sur les quotas. Établir des règles pour ça c'est un règlement artificiel du desequlibre homme-femme. Comme tout ce qui est artificiel ce n'est jamais bon.

  • Par Tuffgong - 14/05/2012 - 13:42 - Signaler un abus A quand une interview de

    A quand une interview de Woerth qu'on rigole ?

  • Par luchon - 14/05/2012 - 17:05 - Signaler un abus aucuns scrupules

    que nous interesse l'avis de cette femme (qui va être encore député à croire que les basques n'ont pas toute leur raison pur la reélire) qui voyage en avion d dictateur et fait des affaires immobiliéres avec ux au rencart

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Michèle Alliot-Marie

Membre des gouvernements Jacques Chirac puis Édouard Balladur, elle a consécutivement la charge de quatre ministères : la Défense, l'Intérieur, la Justice et les Affaires étrangères de 2002 à 2011.

Elle est tête de liste pour la circonscription Sud-Ouest pour les élections européennes de 2014.

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