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Merkel : celle qui a trollé 2015

Un jour, l’Histoire jugera Angela Merkel à l’aune du tribut qu’elle a prélevé sur la planète pour assurer le bonheur des Allemands. Une rétrospective de 2015 permet de donner une première mesure du désastre que la Première allemande constitue pour la collectivité humaine.

Le troll de l'année

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Merkel : celle qui a trollé 2015

Angela Merkel a annoncé son désir d’accueillir 800.000 migrants en Allemagne durant l’année, bousculant au passage la règle de la demande d’asile dans le premier pays d’accueil. Crédit Reuters

Un jour, l’Histoire jugera Angela Merkel à l’aune du tribut qu’elle a prélevé sur la planète pour assurer le bonheur des Allemands. Une rétrospective de 2015 permet de donner une première mesure du désastre que la Première allemande constitue pour la collectivité humaine.

Merkel, paneuropéenne et panne européenne

Le premier désastre qu’Angela Merkel représente pour l’Europe est celui de son « paneuropéisme », c’est-à-dire de sa conviction qu’elle peut tout en Europe, et que l’Europe lui doit tout. Sur ce point, les conséquences les plus douloureuses sont probablement les moins connues des citoyens.

Par exemple, Angela Merkel a pensé que ses éleveurs de vaches tireraient profit d’une suppression des quotas laitiers. Sans que personne n’y prenne garde, l’Allemagne a donc imposé à l’Europe une dérégulation du marché laitier au 30 mars 2015. Dans le même temps, l’Allemagne a attisé une politique de sanctions contre la Russie, dont les mesures de rétorsions ont consisté à bloquer les importations agricoles venues d’Europe (10% des débouchés européens).

Grâce à cette brillante politique, les filières bovine et laitière ont connu une crise de surproduction en Europe, qui a frappé de plein fouet les éleveurs français… et n’a finalement pas épargné les éleveurs allemands.

La stratégie allemande, qui est en fait une non-stratégie et une série de choix à courte vue, explique largement la faillite communautaire à laquelle 2015 a donné lieu. Merkel, ce n’est pas la PanEurope, mais la panne de l’Europe.

Merkel exige tout de la Grèce

Au chapitre des méfaits les plus connus de Merkel dans la gestion interne de l’Europe, on citera évidemment sa désastreuse gestion de la crise grecque, qui a transformé le continent en un champ de foires aux caprices teutons. Alors que l’Allemagne s’est montrée très tolérante dans l’application des règles à ses provinces ethniquement proches (les Etats baltes, la Slovénie, qui ont tous bénéficié de régimes de faveur pour entrer dans la zone euro), Merkel affublée de son sinistre Dr Schaüble ont pris plaisir à infliger diverses humiliations aux Grecs.

Certes, le duo Tsipras-Varoufakis n’avait pas forcément besoin d’aide pour mener les Grecs dans le mur (cette capacité d’auto-destruction ayant suscité une grande admiration de la part des thuriféraires français du Front de Gauche). Il n’en reste pas moins que Merkel a mené une sorte de croisade extrême contre les Grecs qui avait tout du deux poids deux mesures.

Durablement, le spectacle de cette mise au pilori a convaincu de nombreuses opinions publiques en Europe que l’édifice communautaire agissait à sens unique: au bénéfice ultime de l’Allemagne, sans considération des souffrances infligées aux peuples des marches.

Merkel impose une suicide migratoire

Cet acharnement contre la Grèce a trouvé une issue particulièrement grotesque lorsque, mimant une fausse générosité, Merkel a annoncé son désir d’accueillir 800.000 migrants en Allemagne durant l’année, bousculant au passage la règle de la demande d’asile dans le premier pays d’accueil. Ce signal a fait l’effet d’un cataclysme: dans une parfaite complicité avec l’islamiste turc Erdogan, Merkel a donné le coup d’envoi d’une interminable épopée de réfugiés Syriens vers Munich.

Les raisons de cette folie n’ont échappé à personne: l’Allemagne est épuisée par le plein emploi et a besoin de main-d’oeuvre qualifiée pour assurer sa croissance. Les Syriens constituaient les acteurs idéaux de cette farce qui se joue au détriment des autres nationalités, pour lesquelles le nombre d’expulsions a doublé. La terrible ironie veut d’ailleurs que les Bavarois parquent leurs migrants dans le camp de Dachau.

Face aux colonnes de ces hères dépenaillés qui se sont formées d’Istanbul à la frontière autrichienne, Merkel n’a pas hésité à imposer à la Grèce la création en urgence de camps de réfugiés, après avoir saigné le pays aux quatre veines.

Dans la foulée, elle a imposé de nouveaux transferts de souveraineté, conduisant à la création d’un corps de garde-frontières européens, menaçant de sanctions économiques les membres de l’Union qui refusent d’accueillir les migrants appelés par l’Allemagne, et obligeant à négocier l’adhésion de la Turquie à l’Union.

 
Commentaires

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  • Par Gordion - 30/12/2015 - 09:51 - Signaler un abus Merci!

    Pour cette analyse. Et sur le rappel de la personnalité de Frau Merkel.

  • Par bjorn borg - 30/12/2015 - 10:38 - Signaler un abus Merkel !!

    Depuis qu'elle rencontré hollande en 2012, elle déçoit beaucoup. Hollande a déteint sur elle ? Bizarre pour ce nul !

  • Par vangog - 30/12/2015 - 10:49 - Signaler un abus Les diagnostics du Front National commencent à être acceptés

    par tous les analystes lucides, parfois à contrecœur et sans avouer que le FN vous avait prévenu depuis longtemps: exode d'un peuple encouragé par l'Allemagne cupide et obsédée par sa croissance, mixage des terroristes avec l'immigration-invasion à partir de la Turquie, complicité des caritativo-gauchistes avec les mafias de passeurs, erreurs historiques de Schengen, de la CEDJ, incapacité technocratique de l'UE à se défendre contre la globalisation, dérive dictatoriale et pangermaniste de l'UE, submersion...tout cela avait été prévu par les patriotes européens qui vont bientôt prendre le pouvoir en UE. Ne reste plus qu'à appliquer les solutions, maintenant que les européens semblent avoir compris...

  • Par Deudeuche - 30/12/2015 - 11:07 - Signaler un abus analyse socialo-libérale

    au relents de germanophobie crasse. Néanmoins des remarques pertinentes si on oublie le "salebochisme" de l'auteur.

  • Par Ganesha - 30/12/2015 - 11:14 - Signaler un abus Chef de Guerre

    Bravo ! Mr Verhaeghe est en forme ce matin ! Beaucoup d'humour et une documentation qui souligne des aspects peu connus ou négligés… Mais la grande question : que faire ? Au siècle passé, pour vaincre ce genre de personnalités, il a fallu 50 millions de morts et l'alliance de dirigeants de la stature de Churchill, de Gaulle, Staline, des généraux américains tels que Patton et Eisenhower ! En France, aujourd'hui, prenons, par exemple, Les Républicains : Alain Juppé, François Fillon, Bruno Lemaire, Laurent Waucquiez… sans oublier le caniche Sarko… Qui sera notre prochain ''Chef de Guerre'' ?

  • Par Ganesha - 30/12/2015 - 14:06 - Signaler un abus Deudeuche

    Pour avoir passé mon service militaire en Allemagne, je peux vous affirmer que ''les allemands sont des gens très différents de nous'' ! Ceci-dit, dans le demi-siècle qui a suivi 1945, ils ont élu des dirigeants tout à fait ''korrekt'' ! Cette truie malfaisante n'est qu'un monstre comme il en apparait de temps en temps dans leur histoire...

  • Par Deudeuche - 30/12/2015 - 17:33 - Signaler un abus Ganesha

    Pour avoir passé 5 ans en Allemagne et y vivre depuis 30 ans à moins de 30 km je peux vous dire que les Allemands sont des gens positivement différents de nous et que c'est peut être le problème de beaucoup de franchouillards. Depuis 1945 les Français n'ont élus que des dirigeants tous "corrects" Je connais une "truie malfaisante" mais elle est ministre en France.

  • Par Ganesha - 31/12/2015 - 06:49 - Signaler un abus Merkel Raus !

    Souvenirs d’Allemagne : un immense boulevard, rectiligne, totalement vide, violemment éclairé. C'est la nuit, il fait un froid de canard, mais les piétons allemands attendent le petit personnage vert ! Par contre, au feu tricolore, les automobilistes démarrent au vert, comme des brutes, sans un regard devant leur capot, prêts à écraser un aveugle ou leur leur grand-mère si elle traîne devant eux. Discipline et brutalité... Respect de l'autorité aussi. Merkel est chef d'état, mais l'article ci-dessus est un long catalogue d'actions profondément nuisibles, pour les citoyens de l'Europe entière ! Alors, avec tout le respect que je lui dois, Merkel Raus !

  • Par Deudeuche - 31/12/2015 - 19:06 - Signaler un abus @Ganesha; et qui à la place de Merkel

    ce clown sinistre de Gabriel, la kronprinzessin Von der Leye ? Respecter les feux rouges ou verts n'est pas une tare. Nous ne vivons pas dans la même France! Grûss aus Elsass

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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