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Les maths pour les nuls : il ne faut plus dire "problème" mais "phare" !

C'est tout nouveau. Ça vient de sortir. Et il parait que ça a des vertus apaisantes…

Zéro pointé

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Les maths pour les nuls : il ne faut plus dire "problème" mais "phare" !

Il y avait déjà un manuel imbécile pour les enfants de CE2 baignant tout entier dans le charabia de l'écriture inclusive. Il y a maintenant un manuel de maths idiot pour les mêmes où le mot "problème" est remplacé par le mot "phare". Car, expliquent les pédagogues à l'origine de cette trouvaille, le mot "problème" est anxiogène. 

L'enfant est en effet une petite chose fragile et délicate. Un rien le trouble, l'émeut et le bouleverse. Des générations et des générations d'écoliers ont été ainsi traumatisées pour toujours.

Des millions et des millions de dépressions et de souffrances psychologiques. Sans parler de ceux d'aujourd'hui qui pour calmer leur anxiété se sont précipités sur le shit. 

Donc plus de problème. Tout va bien avec le phare. Un phare, c'est mignon, tendre. Et ça aide à comprendre pourquoi 2+2=4. Il reste que le phare, encore à ses balbutiements, pose encore quelques problèmes (désolé pour ce mot). Des enfants purs et innocents, rentrant chez eux à la maison se sont pris une paire de gifle pour avoir dit "Papa, Maman, vous pouvez m'aider à résoudre ce phare ?" Des réunions de parents d'élèves vont être organisées pour aider les papas et les mamans à sortir de leur pathétique ignorance…

Reste quand même une difficulté que nous ne pouvons pas dissimuler à l'heure de la féminisation obligée. Car un phare, c'est un évident symbole phallique. Les petites filles pourraient en être troublées et se sentir discriminées. Il y sera bientôt remédié. Sur les prochains manuels de maths, les phares virils et agressifs seront revêtus d'une jolie petite robe en dentelle. 

Nous attendons aussi avec une sérénité certaine les manuels d'histoire qui vont suivre. Nous y apprendrons qu'il y a eu jadis un personnage odieux du nom de Charles Martel. Un islamophobe, un tueur de musulmans. Et nous saurons que sa prétendue victoire lors de la bataille de Poitiers fut en réalité une tragique défaite pour l'avenir de notre pays. Eut-il perdu que nous vivrions aujourd'hui dans des villes ornées de très belles arabesques.

Inutile de dire que nous avons changé d'époque. Auparavant, la connerie s'avançait, honteuse, en catimini, en rasant les murs. Aujourd'hui elle marche d'un pas assuré, triomphante et sûre de son bon droit. Il est vrai que la France est dirigée par un phare de la pensée, Emmanuel Macron. Certains, dont je suis, pense que c'est un problème.

 
 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 18/11/2017 - 12:06 - Signaler un abus Combien de bateaux, faute

    de problème se sont échoués sur des récifs. Ah! Ça ne marche pas dans l'autre sens. "Mon fils n'a pas compris le "phare" et il a échoué... à son examen". Où est-ce qu'il vont chercher tout ça? On dirait des architectes fous. Si c'est ça la priorité...

  • Par cloette - 18/11/2017 - 13:10 - Signaler un abus Ils vont certainement devenir des phares

    avec cette idée de génie ( génie du mal )..En revanche la méthode Singapour est excellente, et là c'est du sérieux .

  • Par vangog - 18/11/2017 - 13:14 - Signaler un abus C’est les pédagogistes trotskystes qui sont anxiogènes!

    Et pas seulement pour les enfants! Pour tous les Français...

  • Par cloette - 18/11/2017 - 13:22 - Signaler un abus conclusion de l'article excellente

    Le phare est un problème , car un phare est fait pour donner de la lumière et c'est un problème ça quand tout est trop lumineux, on risque d'y voir clair, vaut mieux l'opacité et la pénombre .

  • Par 2bout - 18/11/2017 - 15:08 - Signaler un abus Benoît,

    "En France, à chaque problème, sa taxe, et à chaque solution, sa taxe aussi." Avec un taux de prélèvement supérieur à 45% du PIB, faut comprendre quand même que le mot problème soit devenu anxiogène, et plus encore pour ceux que l'on n'a pas exonérés.

  • Par Liberte5 - 18/11/2017 - 16:53 - Signaler un abus Aucun commentaire: je peux plus lutter

    contre ce niveau de connerie.

  • Par J'accuse - 18/11/2017 - 17:21 - Signaler un abus Les seuls à être traumatisés sont ceux qui ne travaillent pas

    Ce qui est anxiogène, c'est le mot "mathématiques", pas le problème. De mon temps (pas si ancien, quand même) en Primaire, on disait calcul. Depuis, les instits sont devenus des profs, le calcul des maths, et les problèmes des phares... Si encore ça faisait monter le niveau, mais c'est le contraire qu'on observe. C'était mieux avant.

  • Par vangog - 18/11/2017 - 18:52 - Signaler un abus En même temps...

    il va falloir rebaptiser tous les phares de l'ancien-temps bourgeois en "problèmes", afin d'éviter les confusions..."problème de l'île de Sein","problème Sainte-Marie de Marseille" etc...des problèmes éclairants!

  • Par Eolian - 18/11/2017 - 20:12 - Signaler un abus Comme Liberté5,

    Je suis à court de commentaires, je ne peux plus suivre la course à la connerie!

  • Par Deudeuche - 18/11/2017 - 22:41 - Signaler un abus Comme beaucoup

    Il n’y a plus rien à ajouter, nous sommes dans un asile.

  • Par ELIED - 18/11/2017 - 23:06 - Signaler un abus Magnifique conclusion,

    c'est vrai que ce phare est vraiment un problème, et moi en tant que simple instituteur des années 60, je me demande ce que je pourrais bien comprendre au charabia actuel des pédagogues actuels qui forment les futurs "professeurs des écoles". C'est vrai que dans la suite de ma carrière, j'avais non plus des employés de service, mais des agents d'entretien, puis encore un autre titre, ce qui ne changeait pas le travail, ni l'état d'esprit. Je me demande ce qu'en pensent actuellement tous les professeurs d'école qui sont à 10 ou 15 ans de la retraite.

  • Par cloette - 19/11/2017 - 10:17 - Signaler un abus nous sommes dans un asile de fous

    Avec une logique inversée, pensée complexe oblige . "Plus il y a de gruyère plus il y a de trous, plus il y a de trous moins il y a de gruyère, donc plus il y a de gruyère ,moins il y a de gruyère " . Tra la la !

  • Par Joly Maurice - 19/11/2017 - 10:27 - Signaler un abus Connerie abyssale!

    Il y à aussi les phares de bagnoles, grands phares, phares de route et encore. Mon dieu, n'y à t'il donc pas de limites à la bêtise?

  • Par assougoudrel - 19/11/2017 - 10:41 - Signaler un abus @ cloette

    Pour faire un bon gruyère, il faut d'abord placer les trous au bon endroit et couler le lait entre eux dans un ordre établi.

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Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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