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Mark Zuckerberg ne comprend pas le journalisme. Et c’est grave

Le patron de Facebook a récemment fait des déclarations sur "la fiabilité des informations" et sur la presse en générale. Mais quel crédit lui accorder ?

Un ami qui vous veut du bien ?

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Mark Zuckerberg ne comprend pas le journalisme. Et c’est grave

 Crédit Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Atlantico : L’information est passée inaperçue en France mais Mark Zuckerberg s’est exprimé devant un parterre de journalistes à Palo Alto, lors de la deuxième édition de la conférence intitulée « off the record », organisée par les médias « The Information » « Quartz » et « Buzzfeed ». Pendant cet événement destiné aux journalistes, il aura été beaucoup question de responsabilité des médias et de confiance en la presse. Selon ce dernier, le rôle de Facebook dans cette entreprise est de « s’assurer que les gens aient accès à de l’information fiable » et contribuer à établir « un socle de valeurs communes dans nos sociétés ».

Ces affirmations vous semblent-elles dignes de confiance ?

Franck DeCloquement : Régulation des données, manipulation, responsabilité : les déclarations de Mark Zuckerberg sont souvent teintées d’excuses et de promesses. Mais les modalités de la confiance accordées à Facebook sont toujours à prendre avec des pincettes, et souvent sujettes à caution… Mark Zuckerberg a dernièrement dû se défendre à plusieurs reprises devant les parlementaires américains, sur la viabilité et les fins réelles de son modèle économique pour Facebook, empêtré qu’il était dans le scandale de manipulation et de détournement de données personnelles par « Cambridge Analytica » de quelque 87 millions d'utilisateurs, tout en affirmant qu'il n'était pas hostile en pratique à une régulation de l'internet. L’estimant même, de son propre aveu, « inévitable ». Le double langage est en la matière patente et assumée.

Très peu de nos contemporains font réellement preuve d’une confiance éperdue, ou d’une grande mansuétude, envers les visées objectives poursuivies par la multinationale, derrière les propos toujours positivistes et souvent lénifiants de son PDG sur « les valeurs ». Les derniers en date portent sur le développement des fonctionnalités d'application de « dating », à l'intérieur même de l'app Facebook, pour « faire des rencontres de long terme ». Tout un programme. Revenant en somme aux origines premières du réseau social Facebook – Business oblige – celui d’un site de rencontres stricto sensu. Une façon rapide de rebondir et de détourner l’attention le terrain après le dernier scandale en date. Et cela même si l’impact économique véritable de celui-ci s’avère finalement assez limité, au regard des derniers chiffres disponibles. Rien ne semble pouvoir freiner l'ascension de Facebook. L'affaire Cambridge Analytica a certes fait fondre comme neige au soleil la capitalisation de l'entreprise de plus de 70 milliards de dollars en un mois. Mais elle n'a pas empêché celle-ci de publier des résultats records en avril dernier. « Malgré les défis importants auxquels nous sommes confrontés, notre communauté et nos activités démarrent fort en 2018 », avait déclaré à cet effet Zuckerberg dans un communiqué teinté d’optimisme. D’ailleurs, le nombre de personnes se connectant au réseau social chaque mois a augmenté de 13 % pour atteindre 2,2 milliards d'utilisateurs. Mieux encore : les révélations sur la fuite massive de leurs données personnelles ne semblent pas avoir détourné les utilisateurs de sa plateforme de réseautage. Le mouvement #deletefacebook qui les incitait à supprimer leurs comptes a fait « pshiiit », et la croissance des abonnés est même repartie à la hausse.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 07/05/2018 - 09:44 - Signaler un abus A quoi sert Facebook ?

    C'est juste une société pour faire du fric et servir les intérêt de Zuckerberg. Après avoir assuré sa fortune, il vise la politique, et évidemment au plus haut niveau. Tout ce qu'il dit et fait va dans ce sens, en trouvant des justifications démagogiques: déjà un vrai politicien.

  • Par vangog - 07/05/2018 - 11:37 - Signaler un abus Boycot facebook!

    Son fondateur manifeste son intolérance et son fascisme pro-islamiste, en interdisant les sites anti-clandestins. Que les vrais patriotes manifestent contre facebook en le boycottant...

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Franck DeCloquement

Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique". Il enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi spécialiste sur les menaces Cyber-émergentes liées aux actions d'espionnage économique et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la SCIA (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la FNCDS (Fédération Nationale des Cadres Dirigeants et Supérieurs), à la FER (Fédération des Entreprises Romandes à Genève) à l’occasion de débats organisés par le CLUSIS - l'association d’experts helvétiques dédiée à la sécurité de l'information - autour des réalités des actions de contre-ingérence économique et des menaces dans la sphère digitale. 

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