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Mais où sont donc les bulles spéculatives tant redoutées par les critiques de la BCE et de la Fed ?

Les « transcripts » de la FED pour 2010 viennent d’être rendus publics. Sur 3000 pages, il est presque exclusivement question de dispositifs "de sortie" alors que la crise fait encore des dégâts et que l’inflation est encore sous sa cible. L’obsession d’une possible future "bulle", aux contours aussi effrayants qu’indéfinis, est partout dans les débats. Pourtant cette éventualité est loin d'être évidente, bien au contraire...

Assouplissement monétaire

Publié le
Mais où sont donc les bulles spéculatives tant redoutées par les critiques de la BCE et de la Fed ?

Depuis quelques années, la mode est à l’identification de bulles en pleine chute des marchés, aux alarmes anti-inflationnistes en pleine séquence de chute des prix, à la dénonciation des pratiques bancaires dangereuses en pleine contraction des bilans bancaires. On décourage de nombreux investisseurs de prendre du risque (Bâle III, Solva II, etc.) et on s’étonne ensuite du retour de la volatilité sur les actions. Il faudrait psychanalyser un peu le sujet, mais revenons d’abord sur sa démence économique.

1/ On reconnaît le plus souvent une bulle à trois indices : un optimisme excessif, un recours accru au levier de la dette, et des évaluations déconnectées des « fondamentaux » (si tant est qu’on se mette d’accord sur une définition desdits fondamentaux).

Vous trouvez que ces conditions sont remplies aujourd’hui ? Il faut aussi un story telling favorable, une nouvelle idéologie qui fait croire dans une « nouvelle économie ». Rien de la sorte aujourd’hui. 

A la longue, je vois deux catégories de bulles :

-          les véritables (ceux qui les ont détecté à temps ont gagné beaucoup d’argent, voir The Big Short) : elles sont rares, par exemple la fin des années 80 au Japon ; ou les valeurs bancaires un peu partout avant 2007. Le plus souvent, elles sont financées à crédit, or de nos jours peu de gens s’endettent pour jouer sur les actifs financiers en zone euro. Sinon, nous en verrions les traces, notamment dans les agrégats monétaires.

-          les mouvements de marché qui ne sont pas compris, et qui sont aussitôt qualifiés de « bulles ». Par exemple, ceux qui depuis 2008 n’ont pas du tout compris l’évolution des taux d’intérêt (François Fillon, 24 août 2011 : « Si les déficits augmentent, les taux d’intérêt montent », je suis méchant, ils l’ont tous dit…) n’ont plus qu’une seule ligne de défense : l’irrationalité de tous les acteurs du marché (tous, sauf eux). Problème : même s’ils ont raison, ils ont tort (car rater pendant 6 ou 8 ans une baisse de 400 points de base sur des taux longs nominaux souverains est une faute inexpiable).    

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 12/02/2016 - 11:25 - Signaler un abus Mémoire

    Je ne vais évidemment pas lire en entier cet article beaucoup trop long. Je vais le mettre dans la mémoire de mon ordinateur et je le lirai quand la bulle aura éclaté et que nous serons au fond du gouffre ! Je pourrai alors calmement exprimer mon opinion : quelle crétinerie ! quelle stupidité ! quelle arrogance ! quelle incompétence !

  • Par Pig - 12/02/2016 - 20:01 - Signaler un abus Excellent article

    Na !

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Mathieu Mucherie

Mathieu Mucherie est économiste de marché à Paris, et s'exprime ici à titre personnel.

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