Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 17 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Le macronisme, une version revue, boostée et corrigée du hollandisme

L'héritage hollandiste dans le macronisme n'est plus à prouver, mais il est plus complexe qu'une simple filiation et transmission des valeurs et modes de gouvernance, tout comme il est plus qu'un meurtre oedipien du père.

Hollande 2.0

Publié le
Le macronisme, une version revue, boostée et corrigée du hollandisme

Atlantico : Quelles sont les caractéristiques du macronisme et en quoi diffère-t-il réellement du hollandisme ?  Peut on considérer que le macronisme serait une forme plus aboutie du hollandisme, intégrant d'une part une forme de solennité et d'incarnation du pouvoir ( célébration au Louvre), mais également une alliance avec le centre (qui était pourtant possible dès 2012 entre François Bayrou et François Hollande) ?

 

Maxime Tandonnet : Le macronisme est avant tout un libéralisme, sous tous ses aspects. Sur le plan économique, il est favorable à l'entreprise, à la concurrence, à l'allègement des contraintes et des charges. Mais ce libéralisme se manifeste aussi sur les questions de société: diversités des familles, libre circulation, féminisme. Il est aussi franchement favorable à la construction européenne, sans réserves ni limites à ce sujet. Sa pensée semble assez proche de celle de Giscard d'Estaing élu président de la République en 1974, lui aussi relativement jeune (48 ans).

François Hollande n'était pas sur cette ligne au moment de son élection. Il voulait taxer les hauts revenus à 75%. Sa ligne était nettement plus à gauche sur les questions économiques et sociales. Il représentait le parti socialiste ce qui n'est pas le cas de Emmanuel Macron. Quant à leur conception du pouvoir présidentiel, c'est difficile à dire. Tous deux attachent, dans le discours, une grande importance à l'image présidentielle et aux symboles. François Hollande prônait l'exemplarité. Souvenons nous de son fameux "moi président..." Macron place lui aussi l'assainissement de la vie publique au cœur de ses priorité. Le vrai sujet tient à la pratique, la façon dont cet engagement est tenu. Il est bien sûr trop tôt pour évaluer Macron à cet égard... Quant à la ligne centriste, on n'est pas du tout dans le même cas de figure. Il y a là une différence sensible. Hollande voulait conserver une posture marquée à gauche, notamment s'incarnant dans la personnalité de Mme Taubira, mais aussi M. Hamon et M. Montebourg. Macron est sur une toute autre ligne, clairement favorable à une ligne centriste et non socialiste. Il ne se réclame pas d'une politique de gauche, mais ni droite ni gauche. 

Nicolas Prissette : Le macronisme est une expression récente et propre aux analystes de la vie politique. Lui-même bien entendu ne l'emploie pas. L'essentiel du macronisme par rapport au hollandisme est qu'il considère qu'il est nécessaire de dépasser les clivages. Il y a l'idée chez Macron qu'on peut trouver à gauche et à droite des convergences de vue objectives. Et ce sur l'analyse et les remèdes appropriés. L'analyse faite par Macron c'est qu'aucune alternance depuis la fondation de la Ve République n'a réussi à tenir ses objectifs du fait du clivage actuel. Et cela s'est accru récemment, surtout avec une incapacité de plus en plus forte à lutter contre le chômage. Une enquête du Cevipof récente montrait qu'il y avait une volonté de consensus politique majoritaire pour résoudre les difficultés du pays. Macron a concrétisé cette analyse en créant son parti. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Michèle Plahiers - 10/05/2017 - 12:32 - Signaler un abus Macron et l'ombre du pouvoir.

    Hollande du signe du lion, n'en avait que les défaut: Plus dans le réprésentation. Ne dit-on pas qu'il a transformé l'or (Les Rolex) en plomb. Macron-sagittaire-jupitérien (mais fondamentalement saturninen- le plomb et plutonien. Héritant des années de plomb hollandienne (débarrassé des LGBT- d'après moi pas définitvement) Arrive-t-il à changer le plomb en or (non pas plaqué comme avec Sarkozy), mais Divin comme l'indique sa dimension christique et hermétique: ce qui est en bas (la terre) et en haut (le cosmos). Joindre la matériel pour le sublimer dans une force créatrice. Beau défi. LE HUIT.

  • Par Michèle Plahiers - 10/05/2017 - 12:37 - Signaler un abus Relu.

    Macron et l'ombre du pouvoir. Hollande du signe du lion, n'en avait que les défauts: plus dans la réprésentation que l'incarnation du pouvoir réel (faux-oedipe de l'homme dit normal). Ne dit-on pas qu'il a transformé l'or (Les Rolex) en plomb. Macron-sagittaire-jupitérien (mais fondamentalement saturnien: le plomb et plutonien. Héritant des années de plomb hollandienne (débarrassé des LGBT- d'après moi pas définitvement) Arrive-t-il à changer le plomb en or (non pas plaqué comme avec Sarkozy), mais Divin comme l'indique sa dimension christique et hermétique: ce qui est en bas (la terre) et en haut (le cosmos). Joindre la matériel pour le sublimer dans une force créatrice. Beau défi. LE HUIT.

  • Par Michèle Plahiers - 10/05/2017 - 12:38 - Signaler un abus NI-NI

    Je n'ai pas voté Macron (d'ailleurs, je suis belge) parce que son OR est encore impur (le mariage homosexuel). Mais si le danger Le Pen avait été trop grand, je n'aurais pas hésité.

  • Par Michèle Plahiers - 10/05/2017 - 12:54 - Signaler un abus Flaubert

    Sarkozy et Hollande: Bouvard et Pécuchet. Macron en Madame Bovary? La France vaut mieux. A suivre,...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nicolas Prissette

Nicolas Prissette est chroniqueur sur LCI, ancien rédacteur-en-chef adjoint au service politique du JDD. Il a publié Les Bobards économiques, en collaboration avec Hervé Nathan (Hachette Littérature, 2009) et Emmanuel Macron, En marche vers l'Elysée (Plon, 2016).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€