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Les lumières… et les ombres du macronisme selon Edouard Philippe

Durant les journées parlementaires de LREM qui se sont déroulées ce mardi 11 septembre à Tours, le premier ministre s'est exprimé devant ses troupes et a tenu à mieux expliquer la politique du gouvernement -dans un contexte d'un rentrée pour le moins difficile - notamment en s'essayant à offrir une définition du macronisme.

Confidences

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Les lumières… et les ombres du macronisme selon Edouard Philippe

 Crédit PHILIPPE WOJAZER / AFP / POOL

Atlantico : "Un projet clair. Celui d’une France de l’émancipation et des solidarités réelles. Celui d’une France puissante dans une Europe forte. Celui d’une France à la hauteur des défis que nous devons relever". Mais aussi des "transformations" menées durant cette première année du quinquennat  (dédoublement des classes de CP et de CE1, réforme de l’apprentissage, Parcoursup, la loi logement…).

Pas de doute pour Edouard Philippe, le macronisme est avant tout un projet politique et idéologique. En dépit d'une définition générique, en quoi le premier ministre a-t-il raison dans sa définition du macronisme ?

 
Maxime Tandonnet : Qu'est-ce que le "macronisme"? En vérité, il y a bien un discours ou un message caractéristique qui s'attache à cette personnalité: attachement inconditionnel au système de Bruxelles, une forme de libéralisme autour de la valorisation de l'esprit "start up", une reconnaissance du multiculturalisme, une vision "sans frontières" des choses, un dépassement de l'Etat-nation. Le macronisme se définit comme l'anti-populisme et fustige le "nationalisme" qu'il qualifie de lèpre. Il est le premier à réclamer des sanctions contre les Etats qui n'acceptent pas les quotas d'immigration.  Sa vision idéologique est conforme à l'air du temps, à l'idéologie dominante dans les élites du monde occidental: le libre arbitre individuel, l'argent roi, le culte de l'apparence, de la modernité et de la jeunesse, la mobilité planétaire de préférence aux racines et au peuple conservateur. A cet égard, le macronisme est davantage une idéologie que le sarkozisme ou le hollandisme qui se voulaient deux formes de pragmatisme et prétendaient à un ancrage dans la réalité de la France profonde: d'où l'"héritage chrétien" de Sarkozy ou l'attachement au terroir corrézien, dans une tradition radicale, chez Hollande. Le macronisme semble s'affranchir de ce besoin d'un ancrage.
 
 

La rentrée d'Emmanuel Macron donne l'impression que les Français ne croient plus en l'action gouvernementale mais un sondage IFOP pour Atlantico illustre une perception plus nuancée. 55% pensent que la France aura été transformée en profondeur d'ici 2022 et 45% estiment que ces transformations seront plutôt positives. Ajoutons à cela que 40% des électeurs PS pensent que le quinquennat d'Emmanuel Macron aboutira à des avancées pour la France. Si la philosophie du macronisme semble être en partie acceptée par la population, n'est ce pas la personnalité même du président qui pose un problème aux Français ? 

 
Oui, ce sondage est intéressant. Il montre que les Français ne sont pas des gaulois réfractaires au changement, qu'ils ont conscience de l'évolution du monde et de la nécessité de faire évoluer les structures économiques et sociales du pays. Sur les retraites, les statuts, le temps de travail, une majorité des Français savent que l'immobilisme n'est pas possible dans une époque de transformations aussi profondes. Cependant, la psychologie collective est un phénomène complexe et contradictoire. Les Français sont sans doute prêts au changement, à la condition d'un long travail d'explication et de préparation des esprits. Cependant, ils ne supportent pas ce qu'ils ressentent comme une injustice. A tort ou à raison, l'opinion s'est persuadée que les retraités avaient été défavorisés par les mesures fiscales du gouvernement (CSG, etc). Ce sentiment a été conforté par des déclarations leur demandant "un effort". Le message selon lequel le pouvoir politique touchait aux anciens, aux parents, aux aînés qui ont cotisé toute leur vie, a été dévastateur dans l'opinion. En outre, certaines expressions prononcées depuis l'étranger, comme celle de "gaulois réfractaires", ont renforcé le sentiment d'un chef de l'Etat représentatif des élites dirigeantes opposées au peuple, amplifiant cette impression de rupture entre "France d'en haut" et "France d'en bas".
 
 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 12/09/2018 - 08:44 - Signaler un abus Excellente analyse

    Tout est dit.

  • Par Bobby Watson - 12/09/2018 - 10:21 - Signaler un abus LAREM = EM = Macron

    Tout est dit. C'est Macron LE problème.

  • Par Thierry27 - 12/09/2018 - 12:15 - Signaler un abus Toujours excellent MT !

    Bravo M. Tandonnet, toujours excellent ! Tout est dit. Pauvre pays... Le quinquennat et surtout l'inversion du calendrier électoral fut une catastrophe. La France est devenue le seul pays d'Europe occidentale où les législatives ne sont qu'une élection presque "mineure", mécaniquement liée à la présidentielle, elle-même devenue en 2017 un tribunal médiatique insensé au détriment du fond. 1 million d'électeurs de centre-droit se sont laissé berner et ont basculé du projet solide et collectif de F. Fillon au "vide mystique" du télévangéliste Macron. Encore 3 ans et demi à tenir...

  • Par zen-gzr-28 - 12/09/2018 - 13:09 - Signaler un abus Soit, c'est Jupiter le problème...

    On peut étendre le " problème" à ses inféodés ,aux sondagiers aux ordres, aux médias qui nous vendent du macron et veillent au grain pour étouffer l 'opposant qui pourrait faire de l'ombre à leur vedette, et aux français qui se laissent influencer et duper par ce système.Une consolation...ce système commence sérieusement à prendre l'eau de toute part.

  • Par Benvoyons - 12/09/2018 - 17:08 - Signaler un abus Je n'ai pas lu la même chose que les Bobby à Zen :)::)

    Mais bon faut bien que les frustrés restent des inconditionnels du sur place, voir même du retour en arrière avec le Franc Symbolique & quitter les 28 pays UE, pour applaudir Trump avec son € qui est le $ & ses 50 États. Ahhh! Être niqué par Trump les mets dans un orgasme ....:)::)

  • Par ajm - 12/09/2018 - 19:06 - Signaler un abus Derives du presidentiamisme.

    Le propos de Tandonnet ne vise pas uniquement Macron, image sans doute emblématique d'une politique de com et de personnalisation à outrance, mais la dérive du presidentialisme à la Française qui retire à tous les acteurs politiques du pays leur rôle et évacue tous les discussions et confrontations d'idée, toutes actions collectives de fond sur le long terme au profit de postures et de faux-semblants mis en scène par un seul homme.

  • Par Kreuzer - 12/09/2018 - 19:12 - Signaler un abus Macron, un vieux de la vieille.

    Macron fait fuir les jeunes actifs, par milliers, comme Hollande , du reste. M. Tandonnet n'évoque pas cet aspect alarmant. Les hausses d'impôts, les taxes surmultipliées, ainsi que les lois sur l'emploi paralysent les jeunes entrepreneurs: un jeune plombier qui démarre, se voit sommé de jouer les comptables, s'il veut s'associer avec un ou deux ouvriers. Les fraudes qui entachent la gouvernance Macron, sa voyante cupidité en font un homme du passé, dont la popularité artificielle ne cesse de se dégonfler.

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Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet est un haut fonctionnaire français, qui a été conseiller de Nicolas Sarkozy sur les questions relatives à l’immigration, l’intégration des populations d’origine étrangère, ainsi que les sujets relatifs au ministère de l’Intérieur. Il commente l'actualité sur son blog personnel.

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