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Liberté de choisir son avenir professionnel : ce que le projet de loi Pénicaud permet d’espérer… ou pas pour les 2 grands problèmes de l’économie française

Le débat relatif à la loi « Pénicaud 2 », qui fait suite à la réforme de la loi travail de l’année 2017, et dont l’ambition est de « protéger » les salariés en réformant la formation, l’assurance chômage et l’apprentissage, a débuté ce 11 mars à l'Assemblée nationale.

Grandes attentes

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Liberté de choisir son avenir professionnel : ce que le projet de loi Pénicaud permet d’espérer… ou pas pour les 2 grands problèmes de l’économie française

Atlantico : Alors que l’économie française est en proie à deux grands problèmes, à savoir les difficultés de recrutement des entreprises et l’incapacité des chômeurs de longue durée à retrouver un emploi, la loi Pénicaud 2 répond-elle à ces défis ? 

Michel Ruimy : Le constat que vous dressez est éclairant alors que la reprise économique est là. Mais la croissance ne sera bonne que si elle est inclusive c’est-à-dire si elle crée des emplois. Lors du dernier Forum économique mondial de Davos, le mot le plus usité était « reskilling ». Avec la révolution technologique en marche, la « requalification » des salariés est le défi le plus important que l’Europe ait eu à relever depuis 1945. Car le numérique et l’intelligence artificielle vont toucher chaque usine, chaque emploi et se propagent à une vitesse qui oblige ceux qui veulent ne pas subir le mouvement à faire un effort massif de formation.

Les réformes en cours montrent que la France ne veut pas rester en marge de cette gigantesque et turbulente transformation.

En effet, depuis son accession à l’Elysée, Emmanuel Macron n’a pas caché sa volonté de transformer en profondeur le modèle social français. Une première pierre a été posée, il y a presqu’1 an, avec la signature des ordonnances visant à réformer le Code du travail. Il s’apprête désormais d’une part, à réformer la formation professionnelle et l’apprentissage en transformant le compte personnel de formation et en édictant de nouvelles règles pour l’apprentissage et d’autre part, à étendre l’assurance chômage, sous conditions, à certains démissionnaires. La réussite de ce projet de loi nécessite la prise en compte de certains éléments. En particulier, le financement et la gouvernance du système, avec passage progressif de la cotisation sociale vers la CSG et un cadrage budgétaire gouvernemental avant chaque négociation. Si cette réforme satisfait le Medef, elle fâche les régions, dépossédées d’une partie de leurs prérogatives. Concernant la formation professionnelle, la mesure-clé touche au compte personnel de formation, qui ne sera plus alimenté en heures mais en euros à partir de 2019 à raison de 500 euros par an (800 pour les moins qualifiés). Cette monétisation réduit les droits des salariés, etc. 

Même si ce projet n’est pas parfait- les réactions sont là pour le démontrer -, il me semble que toute initiative visant à améliorer la situation du marché du travail est bonne à considérer. Contre le chômage de longue durée pas plus que contre le chômage, il n’existe pas de solution unique. Des outils pertinents sont déjà là et il faut les utiliser, les compléter, les améliorer et innover. Mais surtout, il faut avant tout, que tous les acteurs - État, collectivités territoriales, partenaires sociaux, opérateurs de l’accompagnement vers l’emploi, acteurs de l’insertion…- se mobilisent autour d’actions communes. C’est pourquoi notamment, Pôle Emploi va mettre en place, dans chaque région, un correspondant spécialement chargé de répondre aux difficultés de recrutement locales.

>>> Pénicaud 2, à lire aussi : Pourquoi le travail post-retraite est indispensable à l'économie française <<<

 
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Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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