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Kamel Daoud n'a pas tout dit

En pointant le rapport à la femme chez les musulmans au lendemain des agressions de Cologne, l'écrivain algérien n'a abordé qu'une dimension de l'explication. Les viols ont certainement été ordonnés pour bien marquer que, au moment où la vague migratoire battait son plein, les soldats de l'islam avaient gagné une bataille contre l'Europe.

Pratique ancestrale

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Kamel Daoud n'a pas tout dit

Le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas annonçait, dès le 6 janvier, sur la chaîne télévisée ZDF que "Le tout semble avoir été coordonné" et que, selon lui, il est peu probable que ces événements se soient produits "par hasard".  Crédit Reuters

 

Une polémique grotesque a opposé, il y a quelques jours, le journaliste-écrivain algérien Kamel Daoud, auteur d'une chronique dans le Monde du 31 janvier intitulée "Cologne, lieu de fantasmes " et 19 prétendus intellectuels peu connus, qui l'ont accusé, lui l'intellectuel de gauche algérien, de rien moins que d'islamophobie et de racisme, "recyclant, disaient-ils, les clichés orientalistes les plus éculés", sans nous dire d'ailleurs si ces clichés sont ou ne sont pas fondés, ce qui est tout de même le plus important. 

Selon une habitude qui se répand dans notre pays, on agonit d'injures l'adversaire, on l'amalgame, on en fait un raciste (que veut dire au demeurant l'appellation de raciste, inexacte s'agissant d'une religion dont la plus grande majorité des adeptes appartiennent à la race dite  "caucasienne" ?), on le réduit ad hitlerum.

L’ignominie dans cette attaque est que, vivant en Algérie et faisant l'objet d'une fatwa des fondamentalistes (à laquelle s'ajoute désormais une fatwa des progressistes !), sur le point d'être jugé par un tribunal algérien, Daoud risque sa vie, alors que ceux qui l'injurient, confortablement installés dans l'université française, eux, ne la risquent pas. 

La réaction des pétitionnaires nous rappelle le lynchage tout aussi grotesque en 2008 de l'historien Sylvain Gouguenheim, coupable d'avoir découvert que la connaissance d'Aristote dans l'Occident médiéval ne venait pas que des Arabes. 

Heureusement, Daoud a trouvé beaucoup de défenseurs, notamment Manuel Valls, pour une fois bien inspiré. 

Mais la question n'est pas épuisée quand on a dit que l'écrivain algérien a fait preuve de liberté en dénonçant  "Le rapport à la femme (...) nœud gordien de la névrose musulmane qui pourrait expliquer les viols de Cologne (...) La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté". Il conseille aux Occidentaux : "Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer". Et pour la changer, l'éduquer.

Le même Daoud avait cru d'ailleurs bon de donner en introduction quelques gages en disant d'entrée que le " fait " des viols de Cologne en lui-même correspond on ne peut mieux "au jeu d’images que l’Occidental se fait de l’ "autre", le réfugié-immigré : angélisme, terreur, réactivation des peurs d’invasions barbares anciennes et base du binôme barbare-civilisé (...) Cela correspond à l’idée que la droite et l’extrême droite ont toujours construite dans les discours contre l’accueil des réfugiés".

Mais les  "faits", le journaliste qu'il est le sait, ne se mettent pas entre guillemets. Dans l'espèce, les viols de Cologne et d'ailleurs sont un fait incontestable. Il n'est pas sûr cependant qu'ils viennent, comme beaucoup le suggèrent (le propos de Daoud est plus nuancé), de la libido déchaînée de musulmans que leur civilisation a bridée.  

D'abord, le contrôle des pulsions est une nécessité dans le monde musulman comme ailleurs : dans la société traditionnelle, la polygamie et le mariage précoce assortis des menaces terribles qui pesaient sur l'adultère féminin, mais aussi masculin, multipliaient les jeunes gens privés de vie sexuelle, notamment tous ceux qui n'avaient pas assez d'argent pour s'acheter une épouse. Certains spécialistes disent que Mahomet le voulait ainsi pour rendre ces jeunes plus ardents à la guerre, mais la guerre (le djihad) n'a duré qu'un siècle. Ensuite, pendant près de dix-sept siècles, les occasions de la faire n'étaient pas si fréquentes ; on ne voit donc pas pourquoi des jeunes gens habitués à se contenir ne l'auraient pas fait aussi en Europe, surtout s'il s'agit de Syriens, un pays où le statut de la femme est supérieur au reste du monde arabe (c'est la raison pour laquelle beaucoup de femmes sunnites préfèrent Bachar el-Assad à Daech !). 

 
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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de La grande démolition : La France cassée par les réformes ainsi que de L'actualité du Gaullisme, Les hauteurs béantes de l'Europe, Les nouveaux féodaux, Gnose et gnostiques des origines à nos jours.

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