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Quand les journalistes arrangent les faits de peur d'alimenter le racisme

Alors que les racistes avérés sont devenus très marginaux dans nos sociétés, l'antiracisme s'est mué en une idéologie à la fois diffuse et contraignante qui outrepasse largement sa raison d'être. Extraits du livre de Paul-François Paoli : "Pour en finir avec l'idéologie antiraciste" (1/2).

Conformisme

Publié le

Le « racisme », ou ce qui passe pour tel, est semblable à ce qui était perçu autrefois comme une grossièreté ou vulgarité par les bourgeois et les honnêtes gens. Parler de sexe au XIXe siècle était réprouvé. Tenir des propos critiques sur telle ou telle communauté ethnique tient aujourd’hui lieu d’obscénité chez les gens bien élevés, même s’il est notable que tous les peuples ne sont pas logés à la même enseigne.

Blaguer sur les Japonais conformistes et disciplinés n’est pas toujours mal vu. Mais suggérer que les jeunes Africains seraient moins performants à l’école que les jeunes Chinois relève de la transgression. De fait, certaines popula­tions sont plus ou moins bien loties dans l’auberge espagnole de la mauvaise conscience occidentale et cela s’en ressent dans les mille précautions séman­tiques que nous utilisons.

Dans Les Yeux grands fermés, l’immigration en France [1], Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques, qui a participé aux travaux du Haut Conseil à l’intégration, décrit de l’intérieur ces méca­nismes d’auto-intimidation. « L’a priori idéologique est déterminant dans la manière d’aborder ce qui se rapporte à l’immigration en France. La réalité, la mise en évidence des faits ne comptent guère. […] Il faut vanter les mérites de l’immigration, se féliciter de ses apports multiples et de l’enrichissement qu’elle sus­cite. Ce bain idéologique enserre les sciences sociales qui ont appris, avec les années 1980, à se démar­quer absolument du FN. Travailler sur l’immigration, c’est partir en mission contre ceux qui pensent mal […]. L’antiracisme idéologique structure l’expression savante et ordinaire sur l’immigration. À une époque où l’on brise les tabous et où l’on valorise la trans­gression, le politiquement moral est paradoxalement dominant », écrit-elle.

Adoptant une démarche avant tout analytique, elle n’affirme pas que l’immigration est un mal en soi, sans pour autant conclure qu’elle est un bien en soi. Elle tente simplement de com­prendre dans quelle mesure elle peut être positive, sans exclure qu’elle puisse aussi être néfaste. Pour autant, son livre porte de graves accusations, notam­ment sur des médias, dont elle écrit « qu’ils répugnent généralement à livrer certaines informations, parce qu’elles pourraient dégrader l’opinion publique sur l’immigration et alimenter ainsi le racisme. Cette emprise morale de l’antiracisme se traduit par la rétention, l’arrangement des faits, l’abstention, sans compter la faible incitation à une connaissance déga­gée de tout enjeu idéologique ».

Les militants de l’antiracisme idéologique détestent la complexité comme la peste. Eux voient le monde en noir et blanc : les méchants racistes contre les bons immigrés. Tribalat écorche le moralisme paresseux des journalistes, qui s’en tiennent souvent à des stéréotypes, mais elle met aussi en cause cer­taines institutions. Parmi elles, la Commission natio­nale consultative des droits de l’homme, chargée, chaque année, de remettre un rapport au gouverne­ment sur le prétendu racisme des Français.

À la lec­ture du chapitre que Michèle Tribalat consacre aux sondages pratiqués par cette institution qui, depuis la loi Gayssot de 1990, peut poursuivre en justice les manifestations et les écrits considérés comme racistes, on a le sentiment inquiétant d’habiter l’un de ces régimes soviétisés qui avaient choisi de museler le réel pour se rassurer. Ainsi, « la CNCDH a réglé la ques­tion du rapport au réel en le congédiant purement et simplement », écrit la démographe. (...)

À cette aune, c’est non seulement des mil­lions de Français qu’il faut incriminer, mais aussi une bonne partie du personnel politique vivant, sans oublier les morts eux-mêmes, à commencer par de Gaulle qui aurait assuré à Alain Peyrefitte : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes tout de même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne [2]. » Nul doute que selon les critères ésotériques de la fameuse commission, de Gaulle aurait eu quelques comptes à rendre ! Il serait probablement rangé parmi les mauvais Français par des gens que nous n’avons pas élus…

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Extraits de Pour en finir avec l'idéologie antiraciste, Bourin Editeur (19 janvier 2012)

[1] Denoël, 2010.

[2] Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle…, coll. Quarto, Gallimard, 2002.

 
Commentaires

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  • Par phidias - 04/02/2012 - 10:41 - Signaler un abus Eh bé ?!?

    Un peu de rationalisme dans un domaine tellement empreint de mysticisme ? Mais où va-t-on ? Les rédacteurs d'Atlantico ne reculent décidément devant rien...

  • Par chateleine - 04/02/2012 - 11:41 - Signaler un abus bravo

    de gaulle avait raison,a force nous ne sommes plus chez nous,quelques illumines de gauche ne se rendent pas ompte du mal qu,ils fon a la france et au francais,surtout notre modele social qui les attire,la je rejoins marine lepen ,cela devrait etre reserve au francais,stop a l,immigration ,nous n,en voulons et pouvons plus,je ne vote pas lepen ,mais si je n,avais pas le choix au second tour je le ferai,surtout pas la gauche et je serai pour une alliance avec le fn apres tout les extremes gauche s,allient bien avec le ps???

  • Par le14ecossais - 04/02/2012 - 14:32 - Signaler un abus Sovietisation des esprits

    Nous assistons par le biais de médias bien pensants à une " soviétisation " des esprits . Il ne faut pas t aller à l'inverse de ce que disent les participants du microcosme médiatico-journalistique-intellectuel parisien sous peine d' être retenu comme un dangereux personnage . Il serait donc très intéressant d'informer nos bien pensants d'aller faire un petit tour sur des sites communautaristes pour découvrir que le racisme prétendu n'est pas là où on le penserait le croire.

  • Par Vertumne - 04/02/2012 - 14:36 - Signaler un abus L'antiracisme est une bombe idéologique

    L'antiracisme n'est basé sur aucun fait scientifique ou observation rationnelle, et son but ultime n'est pas d'instaurer une société fraternelle. Puisque l'antiracisme ignore délibérément le racisme anti-blanc, il s'agit en réalité d'une idéologie destinée à détruire tout sentiment d'appartenance ethnique chez les peuples d'origine européenne. L'antiracisme permet ainsi d'atomiser les Européens et de faciliter leur absorption dans les populations venues du Sud.

  • Par Equilibre - 04/02/2012 - 14:59 - Signaler un abus Idéologie.

    Ce qui a de bien avec les idéologies, c'est qu'un jour elles se terminent, victime du truc qu'elles oublient toutes: la réalité. Ce qu'il y a de pas bien avec les idéologies, c'est que le jour où elles se terminent, ça se termine très mal, très très mal. Le coût se compte en millions de mort à chaque fois, en guerre, guerre civile, révolution.... Celle-là ne dérogera pas à la règle. Pour le top du top du "racisme" et "anti-racisme", je vous laisse juge de la situation dans laquelle nous nous trouvons: http://www.toulouseinfos.fr/index.php/actualites/societe/3726-proces-pour-injure-raciale-la-relaxe-pour-houria-bouteldja.html Sur le rôle des médias, ceci vient de de l'UE http://assembly.coe.int/mainf.asp?Link=/documents/adoptedtext/ta95/frec1277.htm

  • Par Karamba - 04/02/2012 - 16:34 - Signaler un abus Il fut un temps...

    ... quand une population investissait massivement et sans contrôle un pays, on appelait ce déplacement une invasion. Aujourd'hui c'est considéré comme de l'immigration utile et vouloir privilégier sa nation est taxé de racisme. Nous sommes entrés dans une époque de confusion où la marchandisation mondialisée de l'humain se confond avec le droit d'asile.

  • Par castrofidel - 04/02/2012 - 19:07 - Signaler un abus T'as raison Paoli

    "Japonais conformistes", "jeunes Africains moins performants à l’école", paraît même qu'on peut pas dire "Corses maquereaux" ou encore "Corses faignants", ni même "corses racistes". Ou c'est ty que c'est ty qu'on va-ton ?

  • Par Diego - 04/02/2012 - 19:38 - Signaler un abus racisme

    Je suis prêt à voter pour un candidat qui annoncera dans son programme l’arrêt de toutes subventions à ces associations nocives et anti démocratiques... La loi Gayssot émane de qui ??? de Monsieur Gayssot membre du PCF . Parti qui comme on le sait a soutenu la grande démocratie qu'était l'URSS... Et qui reste admirative de Cuba autre grand pays démocrate.

  • Par SimonT - 04/02/2012 - 22:41 - Signaler un abus Le racisme et l'anti-racisme n'ont que des buts politiques

    L'anti-racisme a été instauré avec l'arrivée des socialistes en 1981. Leur but : créer artificiellement des problèmes racistes de façon à faire croire aux populations d'origine immigrée que la gauche bobo les protégeait des méchants racistes français. A l'occasion, cela a permis à deux jeunes de faire une superbe carrière politique, en créant Sos Racisme. Le pire est que Sos Racisme continue à être subventionnée par le gouvernement actuel : rien que le ministère de l'Education nationale lui verse 80.000€ chaque année, pour un budget de fonctionnement de l'association de 500.000€. Le problème, en fait, est le regroupement familial. Des gens qui viennent dans notre pays refusent de se plier aux lois de la république. Si Sarko avait voulu le faire dès le début, on n'en serait pas là. Mais voilà, voulait-il déplaire à certaine communauté qui le finance ?

  • Par Aie - 05/02/2012 - 02:06 - Signaler un abus Fermons des assos

    comme SOS raciste et tout ira mieux

  • Par Carcajou - 05/02/2012 - 08:21 - Signaler un abus Nous luttons pour un idéal...

    Un droitdelhommisme qui lit par-dessus mon épaule me dit: "Nous avons atteint notre objectif. La société occidentale, blanche, grecque et latine, chrétienne que nous haïssons est détruite. Le nombre d'immigrés est trop important, vous ne pouvez plus rien faire. Je jubile" Je réponds: "Barre-toi de mon herbe, veau! En 1962, donc à l'époque moderne, donc pouvant servir de référence, les mecs pour lesquels vous portiez des valises contre votre nation ont donné le choix à 10% de la population de leur pays fraichement indépendant: la valise ou le cercueil. Plus récemment, un gouvernement coloré a viré manu-militari des fermiers pâles sans que vous ne vous offusquiez. Tous ces braves gens étaient installés parfois depuis de cinq générations, ils ont été traités comme des envahisseurs, vous n'avez rien dit. Je vous le dis, faux-cul sans âme, votre discours tombe à l'eau. Votre diarrhée intellectuelle révulse de plus en plus. Le peuple se réveille, vous allez avoir le feu au derche. Nous allons rétablir notre culture, nos traditions et nous défendrons, y compris contre vous, le pays de nos pères. Je ne te salue pas, traitre."

  • Par castrofidel - 05/02/2012 - 12:32 - Signaler un abus Carcajou tu parles de Mugabe ?

    Et il a bien eu raison de les virer de leurs terres, ces Blancs racistes, voleurs, exploiteurs et fascistes. 5 générations ? 5 générations ignobles qui ont commencé comme ça : Article du Rhodesia Herald février 1898 : "Les citoyens de Bulawayo ressentent et expriment un certain dégoût à la vue du sans-gêne dont font preuve les indigènes en ville. Ils envahissent les rues, bousculant les colons blancs, leurs femmes et leurs filles, sans tenir compte des différences de classe et de propriété… On peut discourir à Londres devant une foule de femmes élégantes sur l’égalité des Blancs et des Noirs, mais il serait intéressant de voir l’effet que produirait le contact soudain d’un Mashona du cru, crasseux, graisseux, à la tignasse laineuse, nu, aux pieds-plats et aux lèvres épaisses, avec une vieille dame élégante. Quel étrange contraste entre cette cavité noire, appelée par politesse "bouche", longue et profonde, et les coins plissés par une moue de dégoût de la bouche de cette dame."

  • Par Carcajou - 05/02/2012 - 20:08 - Signaler un abus Et alors?

    @castrofidel Je ne vois pas ce que votre réponse change aux faits actuels. Il y a eu conquête dans un contexte donné, le choc avec une civilisation encore à l'âge du fer. Puis, que cela vous plaise ou non, la colonisation a porté ses fruits: éducation, administration, mise en valeur des terres, infrastructures diverses. 80 ans après, indépendance. Culture primitive quasiment tombée dans l'oubli ce qui montre le peu d'impact qu'elle avait ou la supériorité de la nouvelle au choix. Puisque vous justifiez l'éviction des Blancs des terres qu'ils avaient amendées et développées à cause du traitement conjoncturel des populations autochtones, vous me permettrez d'avoir la même conduite dans mon propre pays au nom de ma culture bimillènaire. Vous ne sauriez avoir une démarche envers une culture et une différente pour une autre, sauf à vous discréditer totalement. Si vous reconnaissez à des noirs le droit de chasser des blancs parce qu'ils sont blancs (slogan: la terre aux Zimbabwéens), ne seriez-vous pas raciste?

  • Par chorizo - 06/02/2012 - 00:26 - Signaler un abus gauche raciste ?

    Certainement pas, voyez au Sofitel, grand lieu d'échanges multiculturels !

  • Par vangog - 06/02/2012 - 01:09 - Signaler un abus SOS Racisme ne fait qu'attiser le racisme au profit du PS

    dans l'espoir de faire tomber dans l'escarcelle du PS (le commanditaire de SOS Racisme) les petits électeurs naïfs et scandalisés par ces méchants racistes de Droite. Mais les Français ne sont plus aussi naïfs que dans les années 80 et ils sentent bien l'entourloupe. Ces médiocres manipulations d'opinions se retourneront contre leurs commanditaires...

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Paul-François Paoli

Chroniqueur au Figaro littéraire, Paul-François Paoli est l'auteur de nombreux essais, dont La Tyrannie de la faiblesse, publié chez François Bourin Editeur en 2010.

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