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Jordan Peterson, l’universitaire canadien qui fait entrer l’univers des féministes en ébullition

Jordan Peterson, professeur de psychologie à l'Université de Toronto, a polarisé l'attention le 8 mars en remettant en cause l’idée selon laquelle l’inégalité homme-femme relève d’une construction sociale.

Pieds dans le plat

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Jordan Peterson, l’universitaire canadien qui fait entrer l’univers des féministes en ébullition

 Crédit PIERRE ANDRIEU / AFP

Atlantico : Le 8 mars, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, dans un contexte dominé par le #metoo anglo-saxon et le #balancetonporc français, Jordan Peterson, professeur de psychologie à l'Université de Toronto, a polarisé l'attention à la suite d’une interview donnée à la station anglaise Channel 4. Remettant en cause l’idée selon laquelle l’inégalité homme-femme relève d’une construction sociale, il a suscité un fort mouvement d’indignation chez la journaliste qui l’interrogeait et au-delà.

La démarche de Jordan Peterson s’inscrit dans le conflit qui oppose les hommes et les femmes. Elle donne le sentiment d’être contre-productive . Pourquoi ?

Bertrand Vergely : Depuis des décennies, le discours féministe s’est construit sur l’idée que l’inégalité homme-femme résulte d’un processus culturel machiste et patriarcal ayant ses racines en Occident dans le judaïsme, le christianisme et le capitalisme. Si bien que la lutte pour la libération de la femme se fonde sur une lutte antireligieuse et anticapitaliste e type révolutionnaire. Démarche efficace qui  donne beaucoup de légitimité au féminisme en faisant de lui non pas une revendication catégorielle mais civilisatrice. Allez dire à ce mouvement,  comme le fait Jordan Peterson, que l’inégalité homme-femme ne repose sur aucun fondement social, culturel et historique. C’est tout le discours féministe élaboré depuis des décennies qui s’écroule. Que dis-je des décennies ! Depuis deux siècles siècle puisque les thèses féministes actuelles depuis sont déjà présentes au XVIIIème siècle  chez Diderot dans son Supplément au voyage de Bougainville et au XIXème siècle  chez Engels, le collaborateur et ami de Marx, dans son Origine de la famille, de la propriété et de l’État (1852). En prenant ainsi le discours féministe courant de plein fouet, il est certain que Jordan Peterson ne peut que conduire celui-ci à se durcir. Mais peut-il en être autrement ? Quand on a, comme lui, comme projet d’opposer le masculinisme au féminisme,on ne prend pas de gants. De ce point de vue, il doit être content. Il fait parler de lui. C’est ce qu’il veut.  Pour que le débat engagé soit productif, il faudrait que tout le monde  mette du sien. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Aujourd’hui, après les suffragettes et leur lutte pour le droit de vote des femmes, après Simone de Beauvoir et sa lutte pour la liberté de la femme, le féminisme est marqué par la théorie du genre qui entend supprimer la notion de sexe et, notamment de sexe féminin, en expliquant que la femme est une construction culturelle. Ce qui est  délirant. Comme le souligne Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe, si on ne peut pas enfermer la femme dans ses organes, on ne peut nier que celle-ci commence dans des données biologiques et physiologiques liées à son sexe. Ce que le féminisme de la théorie du genre récuse. Par ailleurs, il faudrait dans le même temps que le masculinisme de Peterson reconnaisse que la notion de femme qui repose sur des données biologiques a été travaillée et retravaillée par la culture qui a soi minimisé la femme soit exacerbé le féminin. En un mot, il faudrait que le féminisme accepte l’idée de nature, que le masculinisme accepte celle de culture et d’une façon générale que l’on reconnaisse, comme le dit Merleau-Ponty, que nous sommes nature et culture et non pas nature ou culture.  Ce qui, aujourd’hui, n’en prend pas le chemin, la guerre à propos de la femme étant manifestement déclarée.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 11/03/2018 - 10:02 - Signaler un abus Excellent

    Oui la révolution societale atteind le bout du bout ! Plus absurde cela devient impossible.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 11/03/2018 - 12:59 - Signaler un abus Pas besoin de Jordan Peterson

    Pas besoin de Jordan Peterson pour savoir que le fait d'avoir des couilles..ou pas ....ne relève pas d'une construction sociale mais d'une réalité physique !

  • Par adroitetoutemaintenant - 11/03/2018 - 13:08 - Signaler un abus @ Deudeuche

    « Plus absurde cela devient impossible » ??? Une université britannique vient de publier dans son opuscule d’inscription « une femme peut avoir un pénis ». Je vous conseille d’écouter Jordan Peterson sur YouTube https://www.youtube.com/watch?v=-5RCmu-HuTg Son exposé sur la biologie du homard, vieille de 350 millions d’années et existante chez l’homme, est une excellente critique sur les délires sociaux culturels de nos jours.

  • Par Deudeuche - 11/03/2018 - 13:32 - Signaler un abus @adroite...

    CQFD!

  • Par cloette - 11/03/2018 - 13:36 - Signaler un abus Il y aura égalité quand les hommes enfanteront

    et ...( @adroitetoute, quand les femmes auront un pénis) . C'est possible ? certains en rêvent ...cela s'appelle le "sociétal" .

  • Par vangog - 11/03/2018 - 13:49 - Signaler un abus Pour libérer les femmes, il faut entraver les hommes????...

    Cela permet aux archéo-trotskystes de ressortir leurs pancartes anti-capitalistes, en faisant l’union avec quelques bécasses manipulées et androphobes qui se prennent pour la cuisse de Jupiter (Chiavalpa, De Haas-been...), à défaut d’avoir le courage de se couper un sein, mais c’est encore une histoire gauchiste qui va faire Pssssccchhhhiiiit! On sent que ce combat societaliste contre un ennemi fantasmé est un des derniers mené par la gauche archaïque, comme un combat d'arrière-garde du dernier des mohicans gauchistes....il ne convint et n’enfume pas grand-monde! Le Front National apporte la réponse, comme toujours: seule l’égalité républicaine des femmes devant la loi mérite des améliorations, mais l’inégalité sexuelle est une richesse complémentaire qui doit être préservée, enrichie continuellement, et qu’aucune manipulation gauchiste ne parviendra à casser...

  • Par Citoyen-libre - 11/03/2018 - 14:19 - Signaler un abus Edifiant et inquiétant

    A lire ce texte, je me demande s'il n'y a pas dans le monde occidental, une bonne partie de la société qui "s'emmerde". Est-ce qu'en 1940, maintenant en Libye, Syrie, au Mali, bientôt en Algérie, etc, ils ont ce type de préoccupations. C'est peut-être ça le plus inquiétant, c'est quand une société perd ses repères et s'invente des problèmes.... parce qu'en temps de paix depuis 75 ans. Plus personne n'a conscience de sa place. Nous redevenons des adolescents....quelque peu attardés !!!

  • Par L.Leuwen - 11/03/2018 - 15:06 - Signaler un abus Sans amour

    Si nous sommes sans amour, comme vous le dites fort justement, alors ce ne sont pas seulement les femmes qui souffrent, mais tout autant les hommes. La haine des sexes que promeut le néo-féminisme nous promet la société sans amour.

  • Par vangog - 11/03/2018 - 15:19 - Signaler un abus « Une société sans limites, sans principes, sans valeurs »...

    cette société postesoixanthuitarde individualiste et de marchandisation du monde est l’ennemie du nouveau Front National!

  • Par Mario - 11/03/2018 - 15:48 - Signaler un abus Ils utilisent la propagande ,

    Ils utilisent la propagande , faisons de meme sans se laisser intimider. Que nos enfants deviennent instituteurs, journalistes , magistrats etc... avant qu'il ne soit trop tard. Et continuons inlassablement de dire ce qu'on pense, de les mettre au pied du mur de leurs incohérences, d'être fermes et sans peur mais il me semble que le temps qui passe n'est plus ,depuis longtemps, en notre faveur.

  • Par bidibul - 11/03/2018 - 17:21 - Signaler un abus Gauchisme

    Le gauchisme serait risible si leurs théories délirantes n'étaient pas défendues par une grande part de la magistrature, des professeurs de sciences humaines et des politiciens. Leurs associations reçoivent très souvent de l'argent public. Le délire des "féministes" inspiré des théories gauchistes américaines, dénoncent le mâle blanc hétérosexuel, et seulement lui. Autrement dit il s'agit d'une théorie raciste, idiote utile de véritables sexistes dont le nombre ne cesse d'augmenter en Occident. Logiquement les gauchistes se taieront quand la charia sera instaurée en Europe ("vous comprenez, ils ont beaucoup souffert") comme ils se taisent aujourd'hui sur certains viols, mariages forcés, excision, polygamie... L'escroquerie intellectuelle que constitue le "féminisme" éclatera alors au grand jour. Mais il sera trop tard. Le salaud de mâle blanc hétérosexuel que je suis, s'il est encore en vie, laissera les nouveaux maîtres de ce pays pendre les militants qui auront contribué à leur accession au pouvoir. A moins, comme c'est plus probable, que ces militants gauchistes ne se reconvertissent en capos zélés de la nouvelle police religieuse.

  • Par xenophon - 11/03/2018 - 17:30 - Signaler un abus Allons enfants (tes)...

    La terre de mission du féminisme, ce serait dit-on, la banlieue. Evidemment, c'est rébarbatif (euphémisme). Alors, minons notre société de l'intérieur: ça vous a le panache de l'héroïsme médiatique. Ensuite, manipulation génétique, y compris chez les animaux: unisexe ou a-sexe! Les coqs doivent pondre, eux aussi! Ou que personne ne ponde!

  • Par bidibul - 11/03/2018 - 17:53 - Signaler un abus Gauchisme - suite

    Les plus idiots de gauchistes sont encore les femmes, car ce sont elles qui paieront l'addition de cette traitrise et lâcheté, quand elles ne sont pas déjà soumises au harcèlement des militants de leurs organisations (cf. affaires de harcèlement au sein de l'UNEF). Je me souviens de cette jeune gauchiste allemande militante du "welcome" aux migrants, violée par des immigrés, qui avait dénoncé au commissariat des agresseurs Allemands de souche avant de reconnaître avoir menti. Peut-on la plaindre ? Je vous renvois à la citation de Bossuet. D'un autre côté, qui a lavé son cerveau avec cette doctrine toxique sinon sa famille, les médias et/ou ses profs ? A-t-elle réellement son libre arbitre ? Dénonçons les agissements des militants politiques cachés parmi les profs en écrivant au rectorat. Stop à la passivité.

  • Par A M A - 11/03/2018 - 18:38 - Signaler un abus Avec un féminisme sociétal,

    Avec un féminisme sociétal, quel est le but poursuivi? Une société plus facile ou plus difficile à manipuler émotionnellement. De toute façon, le résultat global sera une société féministe probablement plus malléable. Comme s'il s'agissait des droits de la personne de sexe féminin!!! De plus, il s'agit d'exciter les fractures déjà établies, entre jeunes et vieux, parents et enfants, professeurs et élèves, patrons et ouvriers, et j'en passe. Mais qui manipule ce bazar???

  • Par gerint - 11/03/2018 - 22:22 - Signaler un abus AMA

    Moi aussi je me demande qui manipule cela. Je crois que la société marchande a intérêt à féminiser la société pour la consommation et les politiciens aussi pour la rendre plus docile. Les mâles au caractère bien trempé sont difficiles à contrôler et la testostérone rend plus agressif que les œstrogènes

  • Par gerint - 11/03/2018 - 22:29 - Signaler un abus Le féminisme fera du tord aux femmes

    S’il arrive à transformer les hommes en lavettes et à faire reposer le poids des responsabilités seulement sur elles, à supprimer la galanterie et toute envie des hommes de les privilégier

  • Par vangog - 12/03/2018 - 00:08 - Signaler un abus Les idéologues du grand remplacement...

    sont les artisans de cette débauche hystérique féministe...leur objectif secret est une nouvelle attaque contre la famille blanche traditionnelle par la dégradation des relations amoureuses entre deux êtres différents. L'égalitarisme imposé altère deux idéaux universels, l’amour et la liberté, au profit de deux autres, le pouvoir et la vie. Lorsque les êtres gomment toutes leurs différences, ils deviennent inattractifs les uns pour les autres, stériles et candidats au monde Orwellien stéréotypé et parfaitement égal des petits êtres gris et asexués...les idéologues de la secte Soros sont probablement les commanditaires de cette hystérie féministe parfaitement orchestrée...

  • Par WhiteWalker - 12/03/2018 - 08:12 - Signaler un abus les femmes restent des variables dajustement

    Ralbol de ces articles sur le supposé extrémisme du féminisme. Dans le monde réel, les femmes restent des variables d'ajustement, et leur sécurité passe en dernier. Voir les efforts médiatiques pour cacher les viols de Cologne, et ce n'est qu'un exemple. Voir la complaisance des "élites" sur le foulard, supposé porté volontairement. Voir les efforts de pseudo-féministes du système pour lancer de pseudo-combats (féminisme grammatical) au lieu de défendre la laïcité (la vraie, celle sans adjectif).

  • Par Aldel - 12/03/2018 - 11:01 - Signaler un abus J'aime bien la conclusion. Elle ouvre des perspectives...

    Et je trouve le parallèle avec le communisme éclairant (avec la législation sur les mots, pour formater les esprits et imposer sa dictature de la pensée).

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Bertrand Vergely

Bertrand Vergely est philosophe et théologien.

Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).

 

 

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