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JO à Paris en 2024: comment perdre 6 milliards d'euros publics pour enrichir les majors du sport

Paris accueillera les JO en 2024 et la presse subventionnée salue l’exploit. On peut le comprendre: c’est autant d’audience en plus (en perspective) pour tous ceux qui diffusent de l’information. Mais pour le contribuable, l’opération risque de se révéler extrêmement coûteuse.

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JO à Paris en 2024: comment perdre 6 milliards d'euros publics pour enrichir les majors du sport
Cocorico! On aura les JO! en 2024, après un arrangement subtil avec Los Angeles. C’est donc une dépense publique de plus de 6 milliards € qui devrait être ordonnée pour organiser ce moment médiatique de premier ordre. Au-delà des apparences, la question est évidemment de savoir quelle transparence la Ville de Paris donnera à une opération qui tombe très mal pour ses finances…
 

Les JO: complexité financière garantie

Selon une tradition bien ancrée en France, le circuit de financement des JO promet d’être extrêmement complexe et de perdre tous ceux qui chercheront à s’y retrouver.
Bien évidemment, à ce stade, on nous promet des partenariats public-privé qui ne coûteront aux contribuables. M’enfin, le coût du seul village olympique devrait atteindre 1,3 milliard€, soit le double des crédits gelés dans le budget de l’armée cette année. Une bagatelle donc!
 
Quant au budget de fonctionnement des Jeux, il devrait tout devrait tout de même ponctionner près de 1,5 milliard€ à la Ville de Paris, soit l’équivalent de 1.000€ par habitant. Sans compter, bien entendu, les suppléments par l’intermédiaire de la région financée aussi par les Parisiens.
 
Ces chiffres sont bien sûr des estimations… dont l’histoire montre qu’elles ont toujours été inférieures à la réalité.
 

Une ruine pour une ville déjà ruinée

Grosso modo, le budget global officiel des JO équivaut à une année de dépense de la Ville de Paris. Cet effort colossal intervient dans un contexte budgétaire tendu où la gestion pratiquée depuis l’élection de Bertrand Delanoë a mis la Ville à genoux.
 
Pour le comprendre, il suffit de se reporter au rapport de la Chambre régionale des Comptes d’Ile-de-France, en date de 2016, qui détaille de façon précise la situation financière de la capitale. Quels que soient les dénis d’Anne Hidalgo, la situation financière de la Ville s’est effectivement dégradée ces dernières années, au point que Standard & Poor’s considère qu’il faudrait 22 ans pour que la Ville se désendette. Or le seuil d’alerte des finances territoriales est franchi à 12 ans de durée de désendettement.
 
La situation de la Ville est donc beaucoup plus alarmante que la cigale Hidalgo ne veut bien le dire. Il est d’ores et déjà acquis que l’organisation des JO n’arrangera rien à la situation, bien au contraire.
 
Mais, bien entendu, toutes ces réalités simples sont impossibles à aborder dans un univers déraisonnable où le dogme a supplanté le débat public.
 

Qui gagne de l’argent avec les JO?

Bref, le contribuable parisien, malgré les dénis officiels, devrait se faire plumer en beauté dans cette opération qui se traduira par encore plus de touristes dans les rues, encore plus d’embouteillages et encore moins d’air pour respirer au jour le jour. Qui gagne de l’argent dans cette opération?
 
Pour le comprendre, il faut faire la somme des recettes publicitaires que les grandes chaînes de télévision engrangent à l’occasion de la diffusion des Jeux. L’exemple de Rio ou de Londres permet d’illustrer le propos. Dans la pratique, NBC a perçu un milliard $ de recettes publicitaires supplémentaires grâce aux jeux de Rio.
 
Autrement dit, le contribuable finance un événement qui profite à des acteurs privés, essentiellement des médias d’ailleurs. La dette publique ne sera pas perdue pour tout le monde.
 
« En 2015, la capacité de désendettement de la Ville devait correspondre à 13 ans d’épargne brute pour passer à 18 ans en 2017 avant de redescendre à 15 ans en 2018. L’agence Standard & Poor’s, tout en conservant à la Ville son appréciation positive, a évalué quant à elle à 22 ans en 2017 sa capacité de désendettement, très au-dessus du seuil d’alerte traditionnel estimé à 12 ans, par référence à une durée moyenne de remboursement des emprunts.
 
La Ville de Paris récuse la notion de seuil d’alerte traditionnel en invoquant, sans la documenter davantage en l’état, l’évolution profonde du rapport à la dette que l’on constate dans d’autres grandes métropoles mondiales. Elle souligne également la prudence traditionnelle de ses prévisions budgétaires (cf. l’exécution du budget 2014) et l’importance de son patrimoine susceptible d’être mobilisé. S’appuyant elle aussi sur les ratios réglementaires, elle rappelle, outre la modération de son endettement par habitant (1 646 €), que, même si la dette parisienne, rapportée aux recettes de fonctionnement (51 % en 2014) atteignait 75 % en 2018, elle serait encore inférieure à la moyenne constatée (85 %) dans des plus grandes villes françaises. Mais la force de ces arguments ne peut faire oublier que la capacité de désendettement et le taux d’épargne brut, par le maintien d’un bon niveau d’épargne brute, sont deux indicateurs reconnus comme significatifs pour l’appréciation de la soutenabilité d’une stratégie financière. »
 
Chambre Régionale des Comptes d’Ile-de-France
 
Commentaires

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  • Par lexxis - 14/09/2017 - 07:51 - Signaler un abus L'ILE-DE- FRANCE N'A PAS FINI DE PAYER LES JEUX DE PARIS!

    En dehors même de l'insincérité des budgets publics qui est un des domaines d'excellence (cf. la Cour des comptes) de notre Administration et de nos politiques, la question est de savoir sur qui au final reposeront les coûts non financés par le privé. Sur Paris et sur Marseille, villes olympiques, fort bien elles ont voulu les Jeux et elles vont les avoir. La Seine-Saint Denis, normal, puisque le 93 va bénéficier de gros investissements durables et réutilisables. Mais il n'y a aucune raison que toute l'Ile de France et notamment une forte majorité de départements et de communes non concernées financent des investissements et des manifestations qui profiteront uniquement aux autres. Or on peut compter sur Paris, sur la Région Ile-de-France, sur le Grand Paris et sur les magouilles ordinaires des politiques pour présenter une bonne partie de la facture à des collectivités pour qui les Jeux sont un non-événement, voire une source de nuisances collatérales. En définitive une nouvelle fois, ce va être la banlieue périphérique qui va combler une bonne partie des déficits des distractions de la capitale, qui sait si bien facturer largement aux autres ses aises et ses agrément

  • Par assougoudrel - 14/09/2017 - 09:49 - Signaler un abus On parle de tourisme culturel qui

    sera remplacé par le tourisme sportif. Ce dernier consomme plus et autrement (les bars et les brasseries). Les musées et les vendeurs de produits de luxe feront le museau, car leur client ne viendront pas pendant cette période "populaire". En tout cas d'un coté il y aura des sourires à tacher derrière les oreilles avec le rouge à lèvre pour certains et la soupe à la grimace pour d'autres pour ce qui concerne le commerce. Pour les collectivités,"lexxis" l'explique plus haut. Depuis 2012 nous n'avons que de mauvaises nouvelles; à quand une embellie?

  • Par vauban - 14/09/2017 - 12:26 - Signaler un abus Un conseil pour calmer tous les agités et excités

    Par ces JO par avance dispendieux et très certainement très déficitaires: Boycottons dors et déjà tous les sponsors logotypés Paris 2024 notamment dans le domaine alimentaire .sportif.vestimentaire,médiatique Avec un peu de chance cela les calmera Un rêve que La pression populaire leur fasse faire machine arrière Pour une fois d'accord avec les représentants EELV du conseil de Paris

  • Par vauban - 14/09/2017 - 12:44 - Signaler un abus Un conseil pour calmer tous les agités et excités

    Par ces JO par avance dispendieux et très certainement très déficitaires: Boycottons dors et déjà tous les sponsors logotypés Paris 2024 notamment dans le domaine alimentaire .sportif.vestimentaire,médiatique Avec un peu de chance cela les calmera Un rêve que La pression populaire leur fasse faire machine arrière Pour une fois d'accord avec les représentants EELV du conseil de Paris

  • Par assougoudrel - 14/09/2017 - 13:30 - Signaler un abus Pardon

    Leurs clients ne viendront pas

  • Par Liberte5 - 14/09/2017 - 16:04 - Signaler un abus On reste dubitatif sur la manière dont ces jeux ont été obtenus

    Beaucoup de grandes villes comme Boston se sont retirées ...laissant Paris et LA seules. Finalement LA laisse à Paris 2024. Étonnant, ce qui veut dire que ce n'est plus une bonne affaire. Mais rien n'arrête A. Hidalgo mégalomane, dogmatique et surtout incompétente. Les Parisiens vont payer .

  • Par 28furka - 14/09/2017 - 19:37 - Signaler un abus vous les avez voulus

    vous les avez eus , je ne parle pas des jo mais de hidalgo et sa clique de malfaisants

  • Par vangog - 14/09/2017 - 20:35 - Signaler un abus "Évolution du rapport à la dette"?????

    Dans les villes boboisées, l'endettement ne voudrait plus rien dire?..le même état d'esprit à la con précède les bulles de crédit qui éclatent lors des grandes crises et se répercutent sur les plus pauvres d'avantage que sur les riches bobos...normal, donc, que ceux-ci s'en foutent de l'endettement!

  • Par Poussard Gérard - 15/09/2017 - 08:30 - Signaler un abus Le citoyen est nié, méprisé et il devra payer

    Les décisions de ces politiques irresponsables qui sont animés par une ambition dévorante. Leur réélection......des minables....qui font honte a leur pays...comme hollande....avec sa gestion desastreuse pendant 5 ans....

  • Par cloette - 15/09/2017 - 09:20 - Signaler un abus On devrait faire payer

    tout le pays et pas que les Parisiens qui n'ont rien demandé, d'autre part on ne demande plus l'avis des gens , les pouvoirs du maire et du président sont de plus en plus exorbitants . Il faut bien pouvoir gouverner disent ils, mais les bonnes lois se font avec l'assentiment de la majorité , au moins des représentants des citoyens quand elles sont contestées .Concernant ces JO, les retombées iront à des entreprises privées, elles n'ont qu'à financer aussi .

  • Par Anguerrand - 15/09/2017 - 11:32 - Signaler un abus 6 milliards ?

    Le coût de JO comme dans toutes les villes organisatrices dont le coût initial est volontairement minimise, sera certainement par 5 ou 6 comme d'habitude. Seul avantage la ligne Orly-Paris mais pas Orly-Roissy . Rappelons que la Hidalgo etait totalement opposée à ces JO. Maintenant elle joue les gagnantes comme si elle en etait pour quelque chose. Elle Me fait penser à Ségolène qui se gaussait du resultat de la 21 ème réunion sur la position pourtant elle n'y avait pas travaillé à l'inverse de Fabius. De plus le coût ? Il sera pris en supplément de la dette de plus de 2.000 milliards et de 4.000€ hors bilan alors 20 ou 40 milliards de plus ça ne se voit à peine...

  • Par Anguerrand - 15/09/2017 - 11:36 - Signaler un abus Un succès assuré, rien n'est moins sur

    Il suffit d'un bon attentat 2 semaines avant l'ouverture des JO et les bancs seront vides. Contribuables préparez vos économies.

  • Par vangog - 15/09/2017 - 14:12 - Signaler un abus Le prix du danger!

    Dans une France gauchiste en voie d'islamisation rapide et d'endettement forcené, ces J.O sont tout simplement irresponsables!

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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