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Les jeux sur mobile menacent-ils le marché des consoles ?

Le succès de Flappy Bird est phénoménal. 50.000$ rapportés, par jour, à son créateur. C'est le genre de réussite qui a de quoi effrayer la vieille industrie historique du Jeu-Vidéo. Surtout quand Nintendo semble s'écrouler. Alors, les jeux smartphones, la fin des consoles ? A voir !

Mort annoncée ?

Publié le

Atlantico : Nintendo en fait actuellement les frais : les jeux sur mobile et sur tablettes se développent, au point de concurrencer les consoles traditionnelles. Quel est le risque pour celles-ci ? Les mobiles représentent-ils une vraie menace ?

Nicolas Gaume : La console de jeux et les tablettes sont profondément différentes. Les expériences et les plaisirs vidéo ludiques qu'elles procurent son différents. Les joueurs attirés par les jeux tablettes et les jeux consoles sont différents ? D'une manière certaine, on ne trouve pas les mêmes éléments sur tablettes (et mobiles) que sur une Play Station ou sur Xbox. Parmi les premiers acheteurs de ces consoles, on trouve incontestablement un public amateur de jeux très immersifs, très spectaculaires, et qui joue dans le salon. C'est une expérience à part entière, qu'ils ne retrouvent pas au travers des jeux mobiles. Pour prendre un exemple concret, et analogique ; c'est sensiblement la même chose qu'un passionné d'opéra, qui écoute également de la variété sur son baladeur.

Un jeu tablette attirera, à l'inverse, quelqu'un qui n'a pas besoin de tout cela pour apprécier un jeu : quelqu'un qui jouera moins souvent, plus occasionnellement. Le public historique des jeux vidéo tels qu'on le connait sur support console est d'avantage masculin, adulte (ou jeune adulte), tandis que celui des mobiles est plus féminin.

Les consoles évoluent. Elles développent de plus en plus de fonctions sociales, deviennent pluri-support, en permettant ou joueur de reprendre et continuer sa partie sur une console portable, ou une tablette. Elles intègrent les nouveaux usages, de manière assez notable. Les consoles sont de plus en plus protéiformes, et les joueurs répondent présents. Quand on vend plus de 5 millions de Play Station 4 sur la période de démarrage, contre à peine plus d'un million de PS3 vendue sur la période équivalente, la traction est largement conséquente. L'expérience des consoles reste, pour cette génération du moins, bien engagée.

Il n'empêche. Pour un million de consoles vendues, on compte cent millions de tablettes et de mobiles achetés. Les proportions sont colossales (Il s'agit bien évidemment d'un ordre de grandeur).  La croissance est bien plus soutenue sur le domaine des jeux mobiles, avec des modèles économiques qui sont très efficaces, quand ça marche. Simplement, la compétition est très forte… Et les barrières d'entrées ne sont pas les mêmes. Si produire un jeu vidéo peut couter très cher (30, 40, 50 millions d'euros…), produire un jeu mobile ne coûte rien ; la compétition est donc sur la masse d'applications produites.

Pourquoi les jeux sur mobiles et sur tablettes séduisent-ils les joueurs ? Qu'offrent-ils de différent ?

Tout d'abord, pourquoi joue-t-on ? Parce que le jeu, quelque soit le support sur lequel il est joué, offre des opportunités qu'on ne trouve pas dans la vie. On joue, parce que dans le jeu on peut avoir une première chance, mais aussi une deuxième, une troisième, une quatrième… Le jeu rétablit le droit de se tromper, qu'on a perdu dans le monde réel. Et ça n'est pas la seule chose que le jeu rétablit. Contrairement à la majorité des loisirs, qu'il s'agisse de la lecture ou du cinéma, le jeu n'est pas passif. Il s'agit d'un loisir actif, ou le joueur a un poids certain sur les évènements. Ce qu'il n'a pas nécessairement dans le monde réel, une fois de plus, et moins encore s'il est seul. C'est pour cela qu'on joue.

 
Commentaires

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  • Par Ory-Nick - 21/02/2014 - 13:38 - Signaler un abus Si seulement..

    ... Nintendo prenait des risques en renouvelant son catalogue de jeux (trop de Mario et compagnie)...

  • Par pierre325 - 21/02/2014 - 14:47 - Signaler un abus nintendo c'est surtout prie la concurence des consoles

    Aujourd'hui chacun sort la sienne (steam, sony, microsoft, nvidia,...) Ils ont le même problème je pense qu'a eu sega en son temps. C'est a dire un monopole des licence (mario,zerlda,...) qui du coup touche un public beaucoup plus réduit du fait de la diversité de l'offre des consoles.

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Nicolas Gaume

Nicolas Gaume est un entrepreneur et créateur de jeux vidéo français. P-DG de Mimesis Republic et président du Syndicat national du jeu vidéo depuis mai 2009, il est connu pour avoir été le dirigeant et fondateur de la société Kalisto Entertainment de 1990 à 2002.

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