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Italie : un bouleversement politique majeur dans le droit fil de l’immense exaspération des Italiens

Les résultats sont désormais connus avec une victoire de la coalition de droite au-dessus de 35%, et au sien de celle-ci de la Ligue de Matteo Salvini à un incroyable 18%, et une victoire de Mouvement Cing Etoiles, qui dépasse les 30% des voix à lui seul.

Basta !

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Italie : un bouleversement politique majeur dans le droit fil de l’immense exaspération des Italiens

Ce sont 46 millions d'électeurs qui étaient appelés aux urnes en Italie pour les élections générales. Les résultats sont désormais connus avec une victoire de la coalition de droite au-dessus de 35%, et au sien de celle-ci de la Ligue de Matteo Salvini à un incroyable 18%, et une victoire de Mouvement Cing Etoiles, qui dépasse les 30% des voix à lui seul.  Comment interprétez-vous ces résultats et que retenir de ce scrutin?

Ce résultat, qui représente un choc de très grande ampleur pour les équilibres politiques italiens,  s’inscrit dans le droit fil de l’immense exaspération des Italiens telle qu’on pouvait la percevoir à travers tous les sondages disponibles sur le rapport à l’Europe, à l’immigration, à la situation économique, aux institutions, aux partis politiques.

Un récent livre dirigé par Dominique Reynié pour la Fondapol (Où va la démocratie ?), paru à l’automne 2017,  le montrait déjà très bien : les Italiens étaient parmi les peuples les plus exaspérés du continent.  La donnée de base, c’est donc un pays dont une nette majorité de citoyens considère qu’il va très mal – d’où une énorme volonté de changement qui donne une prime à tout ce qui parait nouveau et radical. Et, selon les données dont je dispose via la presse italienne en ligne (à 7h du matin lundi 5 mars), il faut bien dire que cela dépasse toutes les attentes. Deux forces en particulier font exploser les compteurs : le M5S qui se trouve au-dessus de 30% (alors qu’il était à 25% en 2013) et surtout la Ligue de Matteo Salvini qui passe avec 18% en tête de la coalition de droite. Il y a vraiment dans les deux cas une prime à des leaders jeunes et masculins.

Donc, en premier lieu, Il faut bien sûr retenir le score du M5S. Se situer à plus de 30% représente un score d’autant plus extraordinaire que, depuis 2013, les grands médias n’ont pratiquement parlé de ce parti qu’en mal, et, encore à la veille du vote, un scandale a éclaté dans les grands médias prétendant montrer que les députés et sénateurs ne respectaient pas les règles d’éthique financière qu’ils s’étaient eux-mêmes donnés en 2013. Ce score montre ainsi que les médias se trompent totalement d’angle à son sujet. Et puis, il faut aussi bien dire que le M5S a tué le père, puisque cette victoire a été obtenue sans presque aucune intervention de Beppe Grillo, son fondateur, dans la campagne électorale de 2018. Le contraste est saisissant avec 2013, où c’est ce dernier qui avait fait le show. Le M5S, c’est donc bien un parti au sens fort du terme, et plus seulement une entreprise de conquête de voix limitée à la médiatisation d’un acteur comique via un blog. Il restera à comprendre comment le M5S a pu réaliser un tel score. Il semble d’après les tous premiers résultats qu’il s’impose au sud du pays – d’où est originaire son actuel leader, Luigi Di Maio. Cela voudrait dur que l’électorat du sud est tellement désespéré économiquement qu’il a décidé d’opter pour le saut dans l’inconnu que représente le M5S. Or le sud a rarement voté pour être dans l’opposition nationale, au contraire.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 05/03/2018 - 09:53 - Signaler un abus Le science-pipologue bout de rage...

    biberonné à la pensée unique néo-trotskyste, notre science-pipologue a du mal à éviter les fausses de clavier, tellement la victoire de la coalition menée par Salvini lui fait mal aux fesses...non, Monsieur le science-pipologue, le parti de Gorgia Melloni, qui fait partie de cette coalition gagnante, n’est pas neo-fasciste, car le fascisme était socialiste, et il est écrit partout que « Fratelli d’Italia » est d’extrême-droite... A moins que, dans vos cours de science-pipologue, vous ne situiez le socialisme à l’extrême-droite, vous vous êtes encore planté d’échiquier! Les Italiens, eux, ne se trompent pas, et choisissent les partis nationaux, qui défendront l’Italie contre l’immigrationnisme, contre la dilution mondialiste, et contre la grande finance internationaiste alliée aux trotskystes...Le valet de l’union europeiste Matteo Renzi se prend un sévère coup de botte italienne dans les fesses. Quand donc l’UE comprendra-t-elle qu’elle est déjà morte?...

  • Par ISABLEUE - 05/03/2018 - 10:14 - Signaler un abus oui, les Italiens ne veulent plus de l'Europe et des européens

    qui l'ont abandonné depuis la chute de Khadafi et de l'arrive MASSIVE de migrants en tout genre.... Il faut le voir pour le croire !! Mais ici on fait un article de presse sur l'Italie seulement lorsqu'il y a élection : cela est bien dommage.. Car chut, ne rien raconter de ce qu'il s'y passe pour ne pas effrayer les autres européens...

  • Par cloette - 05/03/2018 - 10:34 - Signaler un abus il faudra bien finir par comprendre

    que les directives pro-migrants imposées par Bruxelles ne conviennent pas aux peuples des pays de l'UE . Alors, ils vont continuer ?

  • Par Borgowrio - 05/03/2018 - 13:40 - Signaler un abus La résistance en marche

    Un espoir , après l'Autriche , La Pologne , la Hongrie , et bientôt les pays bas , même l'Allemagne qui accepte une coalition contre nature pour barrer ce qu'ils appellent l'extrême droite et j'espère la France aux prochaines élections

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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