Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 18 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Iran : pourquoi Emmanuel Macron a raison de tout tenter pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien

Une visite officielle d'Emmanuel Macron à Téhéran serait à l'ordre du jour, ce qui serait une première pour un grand pays occidental depuis la révolution islamique de 1979.

Dernière chance

Publié le
Iran : pourquoi Emmanuel Macron a raison de tout tenter pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien

Alors qu'une visite officielle d'Emmanuel Macron à Téhéran serait à l'ordre du jour, ce qui serait une première pour un grand pays occidental depuis la révolution islamique de 1979, comment expliquer cette volonté française d'obtenir une conciliation sur le dossier du nucléaire iranien ? Faut-il y voir une ambition économique d'ouverture se basant sur la réalité d'un commerce bilatéral franco-iranien étant passé de 515 millions d'euros en 2014 à 3.8 milliards d'euros au terme de l'exercice 2017, un plus haut depuis 2006, selon une note de la DG Tresor publiée le 14 février 2018 ?

Cette approche économique peut-elle être une ambition raisonnable pour une orientation politique plus "favorable" du côté de Téhéran ?

Je ne pense pas que l'on peut expliquer la position de la France sur le nucléaire iranien par des considérations économiques. On peut rappeler que les exportations de l'UE vers l'Iran représentent que 0,5 % des exportations totales de l'UE (exportations extra-UE). La position française sur le nucléaire iranien est par ailleurs la même que celle des gouvernements allemand et anglais et que celle de l'UE. Tout d'abord, l'accord sur le nucléaire iranien est un traité international qui a été signé par l'Iran et les 5+1. L'Iran, d'après l'AIEA respecte ce traité. Il n'y a donc aucune raison pour les Etats-Unis d'en sortir. Deuxièmement, si les Etats-Unis sortent de cet accord, cela redonnera du crédit aux radicaux en Iran qui ont toujours été contre cet accord et qui souhaitent que l'Iran reprenne son programme d'enrichissement d'uranium sans respecter aucune limite posée par la communauté internationale. Certains parmi ces radicaux sont sans doute favorables à terme à une militarisation de ce programme nucléaire. Troisièmement, comment les Etats-Unis peuvent-ils être crédibles dans leur volonté de lutter contre la prolifération nucléaire en Corée du Nord s'ils ne sont pas capables de respecter l'accord iranien signé il y a 3 ans ? 

Par contre, il faut bien comprendre qu'il existe une déception en Iran quant au fait qu'ils n'ont pas eu toutes les retombées économiques qu'ils attendaient de l'accord. Ainsi, du fait des sanctions financières américaines, aucune grande banque européenne n'est revenue en Iran. Ceci signifie que si la France et les autres pays européens peuvent développer leurs relations économiques avec l'Iran tout en prenant en arrivant à limiter l'impact des sanctions extra-territoriales américaines sur les entreprises (en convainquant l'administration américaine ou en étant plus "offensif" vis-à-vis de cette dernière), cela pourrait "légitimer" encore plus l'accord sur le nucléaire en Iran. Cela pourrait donner des arguments aux modérés en Iran pour qu'ils puissent imposer l'idée de négocier avec les européens sur d'autres sujets comme les missiles ou le rôle régional de l'Iran.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Marie-E - 06/03/2018 - 20:58 - Signaler un abus il n'est pas question du nucléaire

    Le Drian est allé parler missiles balistiques et tentation d'hégémonie. Le Figaro a titré : la France peine à ouvrir un dialogue avec l'Iran ... évidemment il s'agit d'un monologue. On laisse faire l'Iran et les conséquences vont être catastrophiques. Même si je me doutais que Le Drian se verrait renvoyé dans ses 22, le 12 mai si le Congrès derrière le président Trump vote des sanctions que va t il se passer ? On peut se demander ce que va faire notre président le 24 avril à Téhéran : de la figuration parce que convaincre l'Iran d'arrêter sa politique agressive et plutôt s'occuper du bien être de sa population au lieu de donner l'argent récupéré de l'arrêt des sanctions par Obama aux Houthis, au Hezbollah, au Hamas....quel rôle stabilisateur .... et qu'ils sont gentils les ayatollahs, c'est bien cela qu'il faut dire ?

  • Par gwirioné - 07/03/2018 - 00:09 - Signaler un abus S'il vous plaît!

    A part "s'il vous plaît" Le Drian a quels arguments pour influencer l'Iran? La France n'a plus aucune capacité dans la région, ni économique, ni militaire (cf en Syrie!) et vend des armements aux Arabes ennemis de l'Iran.On a là toute l'imposture du système Macron; qui n'est que postures.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€