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Intelligence artificielle made in France : défis industriels ET défis politiques

C'est à Paris que Facebook a choisi d'installer son équipe de recherche dans le domaine de l'intelligence artificielle. Une bonne nouvelle pour l'industrie française, qui pose aussi des défis politiques de taille.

Jus de cerveau

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Intelligence artificielle made in France : défis industriels ET défis politiques

Facebook France a annoncé l'ouverture d'un laboratoire de recherche à Paris.  Crédit Reuters

Atlantico : Facebook France a annoncé l'ouverture d'un laboratoire d'intelligence artificielle à Paris. En quoi est-ce une bonne nouvelle pour le pays ? Qu'est-ce que ce laboratoire peut apporter en France ?

Christophe Benavent : Rappelons avant que le chef de l'IA chez Facebook est français, c'est le spécialiste mondial du Deep Learning, il s'appele Yann LeCuns.

Alors disons qu'on reconnait des talents en matière dans nos universités et écoles d'ingénieur et que la France a beaucoup à apporter à Facebook! C'est un laboratoire de petite taille 6 puis 12 personnes, très clairement il apportera des terrains d'exceptions aux laboratoires de recherche français. Cela dit il y a longtemps que la recherche est internationale et paris représente entre X, saclay, l'ENS, Les mines, et j'en oublie une grande concentration d'ingénieurs, de mathématiciens et d'informaticien de haut niveau spécialiste de machine learning.

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Ethiques, philosophiques, politiques, démographiques, etc. Les effets pervers qui risquent de se poser sont nombreux... Comment doit agir la France ?

Rafik Smati : Le rôle de l'Etat et de la politique seront d'accompagner le changement, de l'épouser ensuite, pas de le réfréner au nom du principe de prévention ou de précaution. De toute façon, le progrès est en marche, il est inéluctable. Il faut un encadrement plus qu'un ralentissement.

La puissance publique ne doit pas avoir de train de retard par rapport à la mutation sociale. Elle doit se remettre en phase, encourager le changement pour renouer avec la croissance. C'est une chance pour les puissances publiques, pas seulement une potentielle menace. La démocratie pourra toujours opérer comme le rempart aux dérives qui ne manqueront pas de survenir.

Peut-on y voir le début d'une troisième révolution industrielle ?

Christophe Benavent : Il faut resituer les choses : la première révolution est celle du fer et de l'acier qui a évoluée en celle du kerozene et de l'aluminium. C'est celle de la mécanique et de la force. La seconde à cette échelle est celle qui a commencé avec la commande numérique et se poursuit avec les robots modernes : celle de l'informatique industrielle. L'IA dans cette perspective d'adresse à des problèmes de reconnaissance de forme. Pour qu'une machine acquière une autonomie de décision et plus de son autonomie motrice, il faut qu'elle puisse lire son environnement. C'est un des enjeux de la reconnaissance d'image. Et pour facebook cette branche de l'ingiénérie est précieuse : reconnaitre les images c'est identifier des gens, des objets et marques dans l'énorme contenu qui lui est confié. Les progrès dans ce domaine sont lents, l'apport de Lecun a été dans les années 2006 2007 de remettre au gout du jour des techniques de réseaux de neurones connu depuis les années 90 mais dont les résultats n'étaient pas meilleurs que les méthodes statistiques traditionnelles, en proposant à la fois une approfondie profonde car plusieurs couches de neurones, et une méthode d'apprentissage particulière. Aujourd'hui plusieurs acteurs se sont mis sur ce domaine, le concurrent le plus proche étant Wolfram. Il y a là un marché considérable autant dans le monde industriel ( faire reconnaitre par un robot une pièce cassée ou usée) que dans le monde commercial (choisir une publicité en fonction des personnes qui passe devant son affichage) que même pour des problèmes de sécurité : identifier un terroiste présumée sur une photo, ou plus simplement aider le promeneur à reconnaitre le nom d'une plante simplement en la photographiant avec son smartphone (projet inria)

 
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Christophe Benavent

Professeur à Paris Ouest, Christophe Benavent enseigne la stratégie et le marketing. Il dirige le Master Marketing opérationnel international.

Il est directeur du pôle digital de l'ObSoCo.

Il dirige l'Ecole doctorale Economie, Organisation et Société de Nanterre, ainsi que le Master Management des organisations et des politiques publiques.

 

Le dernier ouvrage de Christophe Benavent, Plateformes - Sites collaboratifs, marketplaces, réseaux sociaux : comment ils influencent nos Choix, est paru en mai  2016 (FYP editions). 

 

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Rafik Smati

Rafik Smati dirige le groupe Aventers. Il a publié Vers un capitalisme féminin (avril 2010) et Eloge de la vitesse : La revanche de la génération texto (mars 2011) aux éditions Eyrolles. Il est le fondateur du mouvement politique Objectif France

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Frédéric Fréry

Frédéric Fréry est professeur à ESCP Europe où il dirige le European Executive MBA.

Il est membre de l'équipe académique de l'Institut pour l'innovation et la compétitivité I7.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles, dont Stratégique, le manuel de stratégie le plus utilisé dans le monde francophone

Site internet : frery.com

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