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Inégalités salariales : l’étude qui montre à quel point le manque de confiance des femmes est déterminant

Selon un document de recherche consacré au lien entre genre et promotion dans le domaine de la recherche académique, vous indiquez que l'écart entre hommes et femmes s'expliquerait à 76% par le fait que les femmes auraient moins tendance à demander ces promotions.

Manque de confiance

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Inégalités salariales : l’étude qui montre à quel point le manque de confiance des femmes est déterminant

Atlantico : Comment expliquez-vous ces résultats ? Quelles conclusions peut-on en tirer sur les discriminations entre hommes et femmes dans ce milieu ?

Cecilia García-Peñalosa : En se concentrant sur le milieu académique français, nous cherchons à expliquer la sous-représentation des femmes dans les postes se situant au sommet de la hiérarchie, où elles ne représentent que 25% des effectifs. La raison pour laquelle nous nous sommes focalisés sur les enseignants-chercheurs est simplement la qualité des données. Dans la plupart des métiers on sait qui a été promu, parfois qui a été candidat, mais jamais qui ‘aurait pu être candidat’ à une promotion. Pour les universitaires, par contre, nous avons de l’information sur tous les maîtres de conférences qui sont nos ‘candidats potentiels’ car ils pourront, s’ils le souhaitent, candidater pour devenir professeurs.

Nous examinons ainsi qui se présente au concours d’agrégation pour devenir professeur en sciences économiques et qui réussit le concours.

Ces informations nous permettent de ‘décomposer’ l’écart de promotion entre hommes et femmes, en attribuant une partie au fait que les femmes sont moins souvent candidates à la promotion et une autre à la différence dans le taux de promotion entre candidates et candidats. Trois quarts de la différence est dû au premier facteur. La probabilité de se porter candidat est 50 pourcent plus élevée pour les hommes que pour les femmes, et un nombre de ces dernières ne candidatent pas malgré un grand nombre de publications de qualité.

Concernant le quart restant, nous ne pouvons pas conclure si la différence qu’on observe dans le taux de promotion des candidates et des candidats est dû à la discrimination. Nous exploitons une base de données riche qui renseigne les caractéristiques des candidats, potentiels et effectifs, et les résultats des épreuves, mais nous n’avons pas accès à toute l’information à la disposition du jury. Par conséquent, l’écart peut être le résultat d’une plus grande visibilité international des hommes ou de meilleures capacités pédagogiques. Par contre, ce que nous observons et que pour les individus à la marge, c’est-à-dire les deniers promus et les premiers non-promus, les jurys semblent favorisent légèrement les femmes.

Notre conclusion est que, dans ce milieu, l’écart de promotion femmes-hommes n’est pas principalement le résultat des discriminations. En autre, les différences proviennent en grand partie des décisions des femmes face an concours de promotion, car elles semblent s’autocensurer et choisissent de ne pas candidater.

Est il possible d'extrapoler les résultats de l'échantillon testé au domaine de la recherche en général et plus largement sur l'ensemble de la société ? Quelles sont les spécificités de ce "milieu" pouvant aboutir à des résultats contradictoires dans le monde du travail ?

Oui et non. Une explication qui est souvent misse en avant concernant les promotions est que les femmes ne cherchent pas à être promues car plus de responsabilité implique plus des contraints qui sont difficilement compatibles avec la vie de famille. Cet argument n’apparaisse pas dans notre étude car dans le monde universitaire les contraints ne sont pas très différents quand on devient professeur. Il est ainsi possible que dans beaucoup d’autres contextes les femmes trouvent qu’une promotion est trop couteuse’ et donc ne la souhaitent pas.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 22/11/2017 - 08:33 - Signaler un abus Normal et souhaitable

    Le refus de la compétition par les femmes et sa recherche par les hommes est génétique et hormonale: ça s'observe dans tout le monde animal. Les femelles prennent moins de risques et se font moins remarquer pour mieux se protéger et donc protéger l'espèce. C'est aussi sans doute ce qui explique la plus grande longévité des femmes. Ce n'est pas un manque de confiance: c'est dans leur nature de ne pas se battre pour ce qui n'en vaut pas la peine. Luttons contre les injustices, pas contre les différences au nom d'un égalitarisme idiot.

  • Par vangog - 22/11/2017 - 13:01 - Signaler un abus A moins de greffer des couilles aux femmes"""

    (Ce que désirent secrètement Chiavalpa et Rossignol...), ces bécasses n’obtiendront jamais leur égalitarisme rêvé...et c’est tant mieux, non?

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Cecilia García-Peñalosa

Cecilia García-Peñalosa est directrice de recherche Cnrs à l’Ecole d’Economie d’Aix-Marseille (AMSE) et membre du Conseil d’Analyse Economique.

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