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Les incidences psychologiques oubliées du fait d'avoir un "père-et-une-mère"

La loi du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux personnes de même sexe avait pour objectif de répondre à une demande d’égalité de couples, c’est-à-dire à une revendication d’adultes. Existe-t-il un "droit à l’enfant" que des adultes puissent aujourd'hui lui opposer ? Pour y répondre, le regard croisé de pédopsychiatres et de juristes. Ce livre veut servir de socle à l’écriture ambitieuse d’une nouvelle loi sur la filiation, qui se substituera à celle existante et la dépassera. Extrait de "L'Enfant oublié", de l'Institut Thomas More, sous la direction d’Élizabeth Montfort et Clotilde Brunetti-Pons, aux éditions du Cerf 1/2

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Les incidences psychologiques oubliées du fait d'avoir un "père-et-une-mère"

Le problème pour un enfant face à la relation affective de même sexe entre les adultes qui l’élèvent, c’est la résultante : ne pas avoir un-père-et-une-mère dont la relation ait porté sa venue au monde de manière crédible.  Crédit REUTERS/Philippe Wojazer

Les incidences psychologiques 

Le débat sur les incidences psychologiques pour les enfants d’être élevés par des adultes de même sexe avait éludé la question essentielle. Il avait convoqué des études censées les avoir évaluées. Mais la plupart se limitaient à une appréciation superficielle, comportementale du développement psychoaffectif de l’enfant. L’étude plus approfondie et non partisane de Mark Regnerus donnait des conclusions nuancées, indiquant pourtant n’être pas sans incidence qu’un enfant ait des parents de même sexe.

Quoi qu’il en soit de ces débats, l’essentiel n’était pas dans les conclusions controversées de ces études. 

Ne pas avoir un-père-et-une-mère

Sur le plan psychologique, la question posée à l’enfant n’est pas l’homosexualité des adultes qui l’élèvent. L’argument avancé par Erwan Binet ne justifie en rien la loi de 2013. Le problème pour un enfant face à la relation affective de même sexe entre les adultes qui l’élèvent, c’est la résultante : ne pas avoir un-père-et-une-mère dont la relation ait porté sa venue au monde de manière crédible. Énoncer que l’union de même sexe est équivalente à l’union d’un homme et d’une femme, c’est se cantonner à les apprécier au plan de la relation des adultes, qui d’ailleurs n’appelle aucune loi. La loi du 17 mai 2013 a usé de cette comparaison pour ignorer la différence au plan de la venue de l’enfant : l’union de même sexe prive l’enfant d’avoir un-père-et-une-mère. Or l’union de l’homme et de la femme devenus son père et sa mère lui est le socle pour établir sa raison d’être, rencontre qu’il ressent bienheureuse ou bien plus âpre, mais au fondement crédible de son identité personnelle. La loi a, du coup, attenté aux besoins essentiels de cet enfant pour sa construction psychoaffective, avec sur lui des conséquences certaines mais aussi par extension sur tous les enfants : dès lors qu’une loi s’autorise à ignorer les fondements de la vie psychique d’un enfant, elle les ignore pour tous.

>>> Lire aussi : Pourquoi la loi du 17 mai 2013 de Christiane Taubira prive délibérément l’enfant de son père ou de sa mère

>>> Lire aussi : Le casse-tête juridique de la PMA

Certes, dans les faits il y a des enfants privés d’avoir père-et-mère, ainsi l’enfant de père inconnu. Il en résulte des interrogations psychologiques, surtout la crainte de n’avoir pas mérité d’avoir un père et la mésestime de soi qui en résulte. Mais elles sont accessibles à une aide psychologique, car la situation n’a pas été décidée par la parole collective d’une loi.

D’être privé d’avoir père-et-mère du fait d’un protocole validé par les lois sociales, il résulte pour l’enfant un tout autre problème qui n’a pas été mesuré lors des débats préalables à l’édiction de la loi. La loi devient créatrice de la situation. C’était d’ailleurs son objectif, nonobstant la différence des unions, de même sexe et de sexe diffé- rent. La privation d’avoir père-et-mère en devient floutée pour l’enfant, entravant sa compréhension. D’un bénéfice réclamé par des adultes (ne faire aucune distinction entre les unions) résulte une occultation qui retentit sur l’enfant. La loi devient le facteur pathogène à l’égard de l’enfant : sa situation est collectivement énoncée banale, alors qu’intimement la privation qui en résulte le questionne, et souvent le déçoit et le blesse.

Extrait de "L'Enfant oublié", de l'Institut Thomas More, sous la direction d’Élizabeth Montfort et Clotilde Brunetti-Pons, publié aux éditions du Cerf. Pour acheter ce livre, cliquez ici

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 31/10/2016 - 09:46 - Signaler un abus Où l'idéologie nie le réel

    Ce délire aura une fin pas si lointaine.

  • Par sphynx17 - 31/10/2016 - 11:10 - Signaler un abus Et dans 15 ans,

    on publiera la psychiatrisation et l'incidence du suicide élevés chez ces enfants. La mégalomanie individualiste, conduit à avoir des enfants pour soi et non pour eux.

  • Par Septentrionale - 31/10/2016 - 11:27 - Signaler un abus Socialisme : idéologie étatiK mère de toutes les perfidies

    Transgressions criminelles. La grande forfaiture où l'humain sublimé ne devient plus qu'un simple pion.

  • Par Ganesha - 31/10/2016 - 11:59 - Signaler un abus Les théories de Freud et de Karl Marx

    Qu'on l'admette ou non, les théories de Freud et de Karl Marx ont révolutionné l'histoire de l'Humanité. Mais vouloir les transformer en religions intangibles conduit à des dérives dramatiques. La modèle de la ''famille chrétienne'' connaît une crise tellement profonde qu'il est absurde de vouloir le nier. Des ''expériences alternatives'' sont en cours… La ''mère célibataire'', qui est devenue le ''modèle dominant'' n'est pas non plus très satisfaisant ! À suivre ! En 2017, des expériences de Revenu de Base vont également être tentées...Je crois savoir que Christine Boutin approuve cette théorie économique !

  • Par cloette - 31/10/2016 - 13:29 - Signaler un abus cet enfant

    trinquera un max !

  • Par Anguerrand - 31/10/2016 - 14:42 - Signaler un abus L'égoïsme des homos

    Si je ne doute pas que 2 homos apportent de l'amour à un enfant issu de la GPA ou PMA , Il n'en pas moins vrai que cet enfant sera un orphelin qui fera TOUT pour pour retrouver ses vrais géniteurs. C'est un droit que Taubira a voulu volontairement éluder. Certains enfants cherchent toute leur vie leurs deux " vrais "parent et en sont totalement traumatisé, simplement parceque les couples homos voulait par égoïsme avoir un, voire plusieurs enfants , comme l'on a envie d'un chat ou d'un chien. Aux USA ces enfants devenus adultes sont nombreux à porter plainte contre ces couples homos, et il n'y a rien de plus normal.

  • Par langue de pivert - 31/10/2016 - 16:17 - Signaler un abus Enfant jouet ?

    Article intéressant et plein de pertinence. Et quand cet enfant aura à son tour des enfants ? A une époque ou le moindre kg de bidoche a sa traçabilité établi un enfant ne pourrait pas faire remonter sa filiation à + d'une génération ? C'est faire peu de cas du besoin de chacun de savoir d'où et de qui il vient !

  • Par cloette - 31/10/2016 - 17:59 - Signaler un abus C'est écrit

    Dans " son livre " ( diffusé sur Twitter) je cite : " Le mariage pour tous a été la grande erreur de mon quinquennat. Il est profondément anti- naturel et se revelera à terme une catastrophe anthropologique "

  • Par Geolion - 31/10/2016 - 22:46 - Signaler un abus Il y en a marre !

    Que les gays et les lesbiennes fassent ce qu'ils veulent ensemble (séparément !!), mais qu'ils ne se mêlent pas d'avoir des enfants ! Leur égoÏsme perturberait ou perturbera ces enfants psychiquement et à vie !

  • Par evinrude - 02/11/2016 - 13:45 - Signaler un abus Oublié? Non sciemment négligé à des fins autres

    Cet article a le grand mérite de pointer la conséquence grave où la loi entérine et fonde juridiquement la suppression d'un-père-et-'une-mère de l'enfant, elle organise juridiquement le déni des implications de ces actes. Quant à dire que l'enfant a été oublié, non, cet "oubli" est volontaire afin de plaire à des alliances entre adultes, occuper la place de" celui qui a fait le bien des adultes" en demande de ces aberrations socio-psychologiques et légales.

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Fondé en 2004, l'Institut Thomas More est un think tank d'opinion, européen et indépendant basé à Bruxelles et Paris. Il diffuse auprès des décideurs politiques et économiques et des médias internationaux des notes, des rapports, des recommandations et des études réalisés par les meilleurs spécialistes et organise des conférences, des rencontres et des séminaires sur ses thèmes d'études.

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