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"L'homme surnuméraire" : De la liberté d'esprit, du talent, mais la construction est artificielle

Atlanti Culture

Publié le
"L'homme surnuméraire" : De la liberté d'esprit, du talent, mais la construction est artificielle

LIVRE

L’HOMME SURNUMERAIRE de Patrice Jean. Ed.Rue Fromentin, 275 p, 20.00 €

RECOMMANDATION

BON

THEME

Après vingt ans de mariage, Serge Le Chenadec, agent immobilier, père de deux adolescents,  bon mari, bon père, se voit brutalement rejeté par son épouse, Claire, qui a pris conscience des insuffisances de son conjoint au contact d’un couple anglais d’un milieu supérieur au sien.

 En parallèle, Clément Artois, chômeur satisfait, écrivain à ses heures et lecteur impénitent qui vit aux crochets de Lise, une riche et brillante universitaire, se voit proposer par une maison d’édition de « nettoyer »  les auteurs  classiques  pour les mettre en conformité avec l’humanisme ambiant et l’idée de la vertu que se font les nouveaux censeurs (emploi qui n’est pas sans rappeler celui de Winston Smith dans 1984).

POINTS FORTS

1 - Une partie jubilatoire qui piétine joyeusement les clichés du  néo-féminisme victimaire portés par les magazines (et  relayés par  les  bonnes copines de service) sur la nécessité du  « développement personnel » de la femme et  pointe en filigrane la montée du matriarcat dans une société où l’androphobie  est au goût du jour.

2 - Une satire bien venue des milieux universitaires et de la stérilité des exégètes, cuistres pompeux  qui assèchent la littérature sous prétexte de l’analyser : « Alors que le romancier s’affronte au monde (…), l’universitaire, lui, se confronte aux livres qui parlent du monde (…) Ce n’est pas la même chose. » (p. 81)

3 – La diatribe sur les milieux de l’édition et leurs priorités commerciales : Après épuration, «Voyage au bout de la nuit » est réduit à une plaquette de 40 pages, d’où le terme de  « céliner »  adopté par Clément Artois pour définir le rôle du correcteur chargé de rendre lisible par tous  une nouvelle collection très rentable.

4 -  La virtuosité de Patrice Jean, capable d’adapter son style aux différents narrateurs à qui il prête sa plume :

- Horlaville, auteur des quatre chapitres titrés « l’homme surnuméraire » s’exprime dans une langue d’une perfection classique où ne manque pas un subjonctif… sauf dans « l’ultime dénouement », plus proche du Houellebecq des  Particules élémentaires que du Flaubert de Madame Bovary (mais c’est le récit qui veut ça).

-  Clément Artois, signataire des trois chapitres sur la  littérature critique universitaire et humaniste adopte plutôt le ton d’un Hussard  avec la légèreté, l’humour et le cynisme qui caractérisèrent cette école de pensée.

-  Deux autres « auteurs » interviennent également :

 
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Isabelle De Larocque Latour pour Culture-Tops

Isabelle De Laroque Latour est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

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