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La Hollandie en plein doute... Le Président risque-t-il d’être "débranché" par ses propres amis ?

Au moment où les fidèles proches de François Hollande s'inquiètent grandement de ses orientations prises à 14 mois de la présidentielle de 2017, Jean-Christophe Cambadélis appelle à une primaire à gauche. Un timing qui jette une ombre sur le statut de candidat naturel du Président sortant.

Bruits qui courent

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La Hollandie en plein doute... Le Président risque-t-il d’être "débranché" par ses propres amis ?

Atlantico : Un récent article des Echos montre que l’entourage de François Hollande, même parmi ses fidèles, est particulièrement désabusé, parlant de "brouillard total" et montrant de l’incompréhension voire de la colère envers sa politique à 14 mois de la présidentielle. Selon vous, est-il possible de voir François Hollande se faire "écarter", un peu comme Margaret Thatcher l’a été en son temps par ses amis qui voyaient qu’elle entraînait son parti vers le fond ?

Serge Federbusch : Concrètement, le processus pour mettre François Hollande à l’écart ne pourrait pas être identique à celui qui a servi aux conservateurs britanniques pour se débarrasser de Margaret Thatcher car elle n’était "que" chef du Gouvernement et du parti majoritaire et donc sujette à un vote défavorable dans ces instances (Chambre des communes ou parti). Hollande est chef de l’Etat - normalement jusqu’en juin 2017 - et les socialistes ne peuvent abréger directement ses souffrances du simple effet des dispositions constitutionnelles.

Cependant, j’écrivais dans vos colonnes avec Gilles Saint-Paul il y a près d’un an et demi que juillet 2016 serait le moment précis où les députés socialistes auraient intérêt à se désolidariser de Hollande. Par quel raisonnement ? Tout socialistes qu’ils sont, ils poursuivent naturellement la satisfaction de leurs intérêts personnels, notamment pécuniaires. Or, les espérances de gains financiers liés à l’exercice de leur mandat jusqu’à son terme de 2017 commencent à faiblir considérablement. Alors qu’ils peuvent penser que l’amélioration de leur probabilité d’être réélus en se désolidarisant de la ligne "droitière" du Gouvernement devient sensible. C’est un calcul délicat qu’ils ne peuvent faire que de manière intuitive. Mais s’ils estiment qu’Hollande les conduit à coup sûr à la perte de leur circonscription, la tentation d’un vote de censure devient très forte, avec comme objectif la chute de Hollande entraînée par celle de Valls. Cela correspond très précisément à ce qu’on lit dans Le Point : «Ca fait trop, je n’en peux plus. A un moment, c’est notre crédibilité personnelle qui est en cause", se plaint un Hollandais pourtant bien peu enclin à critiquer l’exécutif. Le même poursuit : "Tout cela a un nom : un suicide électoral".

A vrai dire, s’il n’y avait eu Daech et le sursaut de popularité dû aux attentats de novembre dernier, la gauche n’aurait conservé que deux ou trois régions au lieu de cinq et il est probable que la fureur des notables socialistes contre Hollande aurait déjà fait tanguer le navire jusqu’à la révolte ouverte.

Symétriquement, si Hollande estime que son cas est désespéré mais qu’il ne veut pas se résigner à la défaite, je ne vois pour lui qu’une seule solution : une dissolution. L’exercice est certes hautement périlleux car il se retrouverait avec un Premier ministre de droite. Il lui faudrait conjurer le risque de voir la nouvelle majorité demander sa démission immédiate, ce qu’il pourrait obtenir en faisant profil très bas et en profitant des arrières-pensées de celui des Républicains qui accepterait d’aller à Matignon. Ensuite, il disposerait d’un an pour se faire pardonner par les Français et jouer de l’impopularité que la droite au pouvoir récolterait bien vite. Vu la versatilité de l’opinion, ce n’est pas impossible. Tandis que laisser les choses en l’état le condamne à coup presque sûr.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 22/02/2016 - 09:32 - Signaler un abus Fr. H. et le PS

    Quelle réussite!

  • Par J'accuse - 22/02/2016 - 09:36 - Signaler un abus Un candidat est "naturel" par

    Un candidat est "naturel" par sa popularité (si tant est qu'on soit en démocratie !), pas par un mandat en cours, souvenir d'une lointaine et relative popularité. Sachant que Hollande ne serait même pas présent au second tour, et que cela signifie la débâcle du PS aux Législatives qui suivent, pouvant aller jusqu'à la disparition du parti, je ne vois pas ce qu'il y a de "naturel" à le soutenir.

  • Par Borgowrio - 22/02/2016 - 09:49 - Signaler un abus Des grands yaca

    Ce président ne sais faire que de la politique , il s'est donc entouré d' apparatchiks qui lui garantissaient des voix , en échange de postes de prestige. Or , un moment il faut gouverner , ça il ne sait pas faire . Lui et sa bande de branquignoles ne sont heureux que dans l'opposition

  • Par vauban - 22/02/2016 - 10:18 - Signaler un abus Si dissolution et victoire de la droite républicaine aux

    Législatives il faut refuser de gouverner avec Hollande exiger sa démission pour rebattre totalement les cartes Malheureusement nées types comme Raffarin Bayrou et consorts seront sans doute prêts à toute compromission

  • Par raslacoiffe - 22/02/2016 - 10:45 - Signaler un abus Ne rêvons pas!!!

    Le Hollande est à la manœuvre toute pour sa réélection. La fausse primaire de gauche lui donnera encore plus de légitimité que son statut de "candidat naturel avec popularité en berne". C'est bien clair et le gros Cambadelis tenant à sa gamelle voire à d 'éventuelles promesses va s'affairer dans ce sens. D'ailleurs le voyage de Hollande en Polynésie est significatif. Il est parti à la pêche aux voix en distribuant encore les largesses de l'état. Mais avec lui on connait la formule "ce n'est pas cher puisque c'est l'Etat qui paie". Pour la suite d'accord avec vous Vauban. Juppé va être laminé par les coups tordus qu'Hollande va sortir "du placard". Les directives sont déjà données à son équipe de campagne. Sarkozy on sait depuis 2012 "qu"il s'en occupe". La gauche sectaire bien implantée en France et malheureusement bien représentée dans les médias feront le reste pour son élection avec l'aide du FN.

  • Par Borgowrio - 22/02/2016 - 12:13 - Signaler un abus @ raslacoiffe

    Pour moi , bon résumé de la situation ..... Les médias en véritables militants socialistes se surpassent pour sauver leur champion

  • Par de20 - 22/02/2016 - 13:09 - Signaler un abus Mon Dieu quel spectacle de

    Mon Dieu quel spectacle de boutiquier . On comprend mieux pourquoi Bruxelles leur confisqué le pouvoir....

  • Par Mike Desmots - 22/02/2016 - 13:11 - Signaler un abus Marine Le Pen ..va l'avoir... lors de la non inversion.

    de la courbe tordue...!

  • Par Archeboc - 22/02/2016 - 13:52 - Signaler un abus Pingouin mais pas manchot

    Attention ! même si le pédalo du pingouin affronte un gros temps, il flotte toujours ....

  • Par Eolian - 22/02/2016 - 14:44 - Signaler un abus FH?

    Le roi de la magouille en socialie!

  • Par cloette - 22/02/2016 - 16:27 - Signaler un abus FH

    se débranchera-t-il tout seul ?

  • Par vangog - 22/02/2016 - 17:46 - Signaler un abus Dissolution...

    et il retrouverait un premier ministre de droite? pas obligatoirement...Si les patriotes ont plus d'élus que les UMPS, la première Ministre sera Marine Le Pen, du premier parti de France, Non? Alors là, vous auriez du changement, du vrai!...

  • Par langue de pivert - 22/02/2016 - 17:51 - Signaler un abus Non merci ! ☺ On a déjà donné !

    Pas de cohabitation avec le bouffon !

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, paru le 6 mai aux éditions Ixelles

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