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Sous prétexte de lutter contre "l’Etat-UMP", Hollande renie un de ses engagements avant même son éventuelle élection

L'un des 60 engagements de François Hollande porte sur "l'indépendance de la justice et de tous les magistrats" dont il prévoit que les règles de nomination et de déroulement de carrière seront revues à cet effet. Mais comment concilier cette promesse avec la mise à l'écart programmée des hauts fonctionnaires soupçonnés de proximité avec le "système Sarkozy"

Géometrie variable

Publié le

Il fut un temps où le parti socialiste déplorait la prépondérance du pouvoir exécutif dans la nomination des magistrats du Parquet et l’existence d’instructions du ministère pour orienter leurs réquisitoires.

Lorsqu’il y a quelques semaines François Hollande a fait connaître ses 60 engagements, on a bien senti qu’il était déjà en retrait sur le sujet.

Rappelons en effet les termes de la 53ème de ces promesses : « Je garantirai l’indépendance de la justice et de tous les magistrats : les règles de nomination et de déroulement de carrière seront revues à cet effet ; je réformerai le Conseil supérieur de la magistrature.

J’interdirai les interventions du gouvernement dans les dossiers individuels.»

Tout cela est imprécis au plus haut point, hormis l’interdiction de l’intervention sur les dossiers individuels, aujourd’hui très rares de toute façon. Sur le sujet véritablement sensible des nominations, il fallait déjà le croire sur parole lorsqu’il évoquait la révision «à cet effet» des règles de nomination. Nul ne sait ce que cela signifie.

Mais ce qui s’est passé hier dans le début de polémique sur la question des hauts fonctionnaires de l’intérieur et de la justice soupçonnés d’être sarkozystes est beaucoup plus inquiétant.

Que nous a dit, en effet, le brave Hollande, sur le plateau de BFM-TV  ?

"C'est vrai qu'il y a eu un Etat UMP qui s'est installé, c'est vrai que Nicolas Sarkozy – il en a lui-même pris la responsabilité puisqu'il a été ministre de l'intérieur puis président de la République (...) – a mis un vrai système en place au niveau du ministère de l'intérieur ...

Dans la justice aussi il y a eu des nominations de procureurs qui ont été des amis du pouvoir. Eh bien nous aurons, sans qu'il y ait de brutalité, sans qu'il y ait d'excès, à remettre l'Etat républicain à sa place.

Aucun de ceux qui aujourd'hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n'ont à s'inquiéter mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres."

Hollande a beau dire qu’il voudra éviter les excès (?), sa formule implique nécessairement qu’il utilisera le pouvoir de nomination pour déterminer qui, selon lui, est «loyal» et qui aura à céder la place.

Les nouvelles règles de nomination à effet de garantir l’indépendance des juges du Parquet n’iront donc pas jusqu’à l’empêcher de trier le bon grain de la loyauté et l’ivraie sarkozyste !

De jour en jour, apparaissent chez François Hollande les prémices des dérives mitterrandiennes : ambiguïté des annonces, autoritarisme patelin mais réel, clanisme.

Est-ce cela la lutte contre l’Etat-UMP ?

 

 
Commentaires

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  • Par letroll - 20/02/2012 - 07:56 - Signaler un abus rien de choquant

    à un moment ou à un autre, il faut bien faire le ménage pour mettre en place un système vraiment indépendant ... moi, ça ne me choque pas.

  • Par Durand - 20/02/2012 - 08:21 - Signaler un abus Hollande n'est pas à une contradiction près

    L'important c'est que ces benêts d'électeurs ne s'en rendent pas compte. Et puis il y a aussi les sectaires qui aiment les chasses aux sorcières.

  • Par ZOEDUBATO - 20/02/2012 - 08:22 - Signaler un abus Les conditions de l'indépendance de la Justice

    Les pressions peuvent venir : 1/ Du pouvoir politique : problème actuellement en voie de résolution. Il reste à faire appliquer la justice rendue au nom du Peuple Français c'est à dire faire respecter aux magistrats les axes d'actions prioritaires dans la lutte contre les crimes et délits définis par l'élu lors de sa campagne présidentielle et à faire voter par les Assemblées ? 2/ Du pouvoir syndical qui n'est actuellement pas du tout pris en compte avec 2 gros points noirs : l'aspect psychologique (Faut-il créer un délit de harcèlement des fonctionnaires par les syndicats?) et celui de la carrière dont une partie (affectation, promotion,...) nécessite l'avis syndical (àrendre public ?) 3/ L'Ecole de la Magistrature qui positionne la politique de gauche comme référentielle absolu (Mise en place d'un contrôle de l'obectivité des cours et débats ?) 4/ Enfin les idées personnelles même des magistrats (Cour disciplinaire plus simple, plus rapide avec plus de pouvoir hiérarchique en cas de jugement partisan ?) Alors au travail !

  • Par gmilady - 20/02/2012 - 08:23 - Signaler un abus Hauts fonctionnaires

    Parce qu'il faudrait conserves tous les coquins et les copain de sarko mis en place simplement par par ce qu'il sont pro sarko ? Il faut absolument rendre à la justice son indépendance et écarter tous ceux qui n'ont été que les valets du pouvoir.

  • Par evy - 20/02/2012 - 08:43 - Signaler un abus faire le ménage ?

    commençons par les cabinets ministériels. Le ministre part, tout le bureau avec lui. Ce serait plus efficace. Les juges devront être élus par le peuple. Les procureurs devront être choisis localement par le peuple, pas virer ceux de droite et mettre ceux de gauche ! comme chaque fois que l'on change de gouvernement. Il n'y a aucune indépendance de la justice car la gauche a mis la main sur l'école Nationale de la Magistrature.

  • Par evy - 20/02/2012 - 08:45 - Signaler un abus indépendance ??

    les magistrats de devraient pas avoir le droit d'être dans un syndicat, car c'est déjà une aliénation de l'indépendance

  • Par fauvette13 - 20/02/2012 - 09:39 - Signaler un abus Et dans les médias aussi il va faire le ménage ?

    Bon pas grand chose à faire... ils sont tous de gauche ou presque...

  • Par Nico Attal - 20/02/2012 - 10:05 - Signaler un abus La vérité si je mens selon Hollande

    L'exaction serait donc légitime lorsqu'elle vient de la gauche, criminelle lorsqu'elle proviendrait de la droite (ce qui reste à prouver car un mensonge mille fois répété n'a jamais fait une vérité). Le légendaire sectarisme de la gauche est toujours à l'oeuvre. A l'aveuglement partisan sur les faits, s'ajoute, chez Hollande, les oeillères idéologiques sur les solutions.

  • Par ANKOU - 20/02/2012 - 11:48 - Signaler un abus Des faux derches de 1er, voilà ce qu'ils sont tous !!

    Avant les élections, les candidats font toutes les promesses que les citoyens veulent entendre, ensuite, une fois les élections passer, ils ont une grave amnésie qui les frappe TOUS ! SI, la gôche avait voulu l'indépendance de la justice, il y a longtemps qu'elle l'aurait fait lorsqu'elle a eu le pouvoir. Mais non, elles clament, mais ce rend bien compte que comme ceux qui gouverne actuellement il ne vaut mieux pas, ne serait-ce que pour les affaires des frères Guérini... entre autres !

  • Par Equilibre - 20/02/2012 - 12:37 - Signaler un abus L'oeuf et la poule

    Question insoluble. Il faut avouer qu'il est fort pour se parer des atours du redresseur de tort de la tout en se vautrant dans la fange qu'il dénonce. Ça promet d'être folklorique, si jamais il devient président. La chute finale d'un pays en direct pendant cinq ans. Et sous les vivats, en plus. Bref, passons.

  • Par alankin - 20/02/2012 - 12:45 - Signaler un abus allons voir nos amis grecs...

    pour savoir comment nous devrons nous comporter dans quelques années, il faut leur demander une mission de conseil... aucun programme présidentiel n'est digne d'être choisi.

  • Par toulonrct - 20/02/2012 - 14:50 - Signaler un abus à bâbord toute!!!!

    il y a des secteurs(nombreux) qui n'auront pas besoin de "néttoyage"la justice(à gauche)l'éducation nationale(à gauche),les médias (à gauche),les régions(à gauche),les départements(à gauche),les grandes villes(à gauche),l'administration,(a gauche)le sénat (à gauche),la culture,(à gauche),le show bizz(à gauche),les syndicats(à gauche)et meme certains patrons milliardaires (berger)

  • Par Demos - 20/02/2012 - 15:24 - Signaler un abus Le changement ? Oui mais dans

    Le changement ? Oui mais dans la continuité socialiste. Rappelez vous : "Il ne suffit pas de dire , il y a des têtes à couper, il faut dire lesquelles" Laignel en 81.

  • Par Demos - 20/02/2012 - 15:55 - Signaler un abus La gueguerre

    La gueguerre Mélanchon-Hollande, n'est qu'un jeu de rôle. Mélanchon n'aurait-il pas été envoyé en mission auprès de cocos et des gauchistes pour essayer des récupérer les voix du bas peuple, tant méprisé par la gauche boboïsée et qui se sont jetées dans la bras du FN, avec pour récompense en cas de victoire du naufrageur de la Corrèze un poste de Ministre.

  • Par fifi90 - 20/02/2012 - 16:17 - Signaler un abus Hollande n'est pas sincère

    Monsieur Hollande n'est pas sincère, il veut à tout prix gagner par tous les moyens, il vend à la sauvette qui veut bien l'entendre. Pour gouverner la France il faut être fort, il faut être courageux, il faut être quelqu'un de pas influençable à toutes les secondes, avoir une forte personnalité, être un homme entier, tout ce que je viens d'indiquer manque à Hollande. Je trouve injuste qu'il se plaigne avec ses copains les médias de la replique du Président, qu'ils ont pas cessé d'humilier depuis 5 ans et tous les jours, Hollande avant que le président ne se déclare n'a pas passé un seul jour avec ses copains les médias, les syndicats à insulter et critiquer le président, je pense qu'ils n'ont pas le monopole des injures, des critiques, ils devraient s'attendre à cette réaction du président qui est légitime. Même Daniel Conbendit, vient de dénoncer l'Hypocrisie de la gauche français, et les médias ne commentent toujours pas, n'insistent pas sur ce que dit Conbendit, c'est Malheureux pour la presse française, pourquoi elle ne tacle que pas les socialiste la-dessus?

  • Par PUAKA - 20/02/2012 - 16:54 - Signaler un abus La fin du régime approche le 6 Mai!!!!

    Le candidat N. Sarkozy est désespérée et la chute sera très, très dur! Son appel au secours et la violence de l'attaque contre F. Hollande, N. Sarkozy nous donne la preuve qu'il est un candidat en perdition proche d'agoniser. Depuis son retour dans l'arène, le niveau du débat s'approche d'un niveau dangereux et ressemble à sa phrase restée célèbre'' CASSER TOI PAUVRES CON''. Il n'a plus rien à perdre, l'attaque frontale reste pour lui et son équipe la seule arme pour polluer la campagne. Il est prêt à retourné la table et rabaisse le niveau du débat. N. Sarkozy est un assoiffé de pouvoir, sauf que le pouvoir c'est le peuple qui lui avait confié et aujourd'hui le peuple ne veut plus de lui. Le comportement du candidat N. Sarkozy ressemble étrangement, à la dernière attaque lancée par Napoléon à ''Waterloo'' pour sauver se qui restante de son pouvoir. Le fin nous la connaissons.

  • Par Demos - 20/02/2012 - 17:21 - Signaler un abus PUAKA: La dévotion ou le

    PUAKA: La dévotion ou le sectarisme vous anime. Vous parlez de la violence des propos de Sarkozy à propos de Hollande. Soyez honnête et convenez que Sarkozy n'a fait que riposter à la violence dont il a fait l'objet de la part de Hollande lors de la grand'messe du Bourget. Un prêté contre un rendu en quelque sorte. Vous auriez pu aussi remarquer que Sarkozy n'a fait que forcer le trait des amabilités adressées au dit Hollande par ses concurents lors des primaires.

  • Par revizor - 20/02/2012 - 19:13 - Signaler un abus Quand le PS contrôlait tout

    "LA ROSENCLATURE" L'auteur a écrit cet ouvrage fin 1990 c'est-à-dire au début du 2éme septennat du chef socialiste Mitterand. Il n'appartenait pas contrairement à ce que de mauvais esprits pourraient croire au RPR, au FN ou autre formation malpensante. Il exerçait la fonction de journaliste à l'hebdomadaire "Révolution" qui comme son titre l'indique ne se situait pas à droite mais était plutôt proche du Parti Communiste et notamment des intellectuels et étudiants communistes. Signalons que je fus longtemps abonné et lecteur de cet hebdo. L'ouvrage est une mine intéressante de renseignements concernant le poids et la domination de la nomenklatura socialiste " la Saison des Palais" comme l'avouait lui-même Serge Moati. On y retrouve des gens qui ont encore du pouvoir, même s'ils ont pris de l'âge, et malgré la soi-disant domination de l'Etat-UMP, dans nombre d'institutions politiques, financières, des banquiers, des industriels et des hommes qui monopolisent les médias et qui ont toujours leur carte du PS en poche.

  • Par guzet - 20/02/2012 - 20:27 - Signaler un abus Une magistrature idéologisée

    La récente "affaire de la gifle" a montré à quel point la magistrature est idéologisée jusque dans ses profondeurs . Critiquer les nominations de proches du gouvernement actuel, oui! Mais, comment expliquer que, à peine à la retraite, le dernier procureur général prés de la cour de cassation s'est précipité pour figurer dans le comité de soutien de M. Aubry. Lorsqu'on a affaire à la justice, faut-il savoir maintenant à quel clan appartient son magistrat : quel parti, quel syndicat, quelle association "humaniste", etc

  • Par ZOEDUBATO - 20/02/2012 - 21:27 - Signaler un abus :@guzet : une précision supplémentaire

    Vous écrivez "le dernier procureur général près de la cour de cassation s'est précipité pour figurer dans le comité de soutien de M. Aubry" Avant de partir en retraite ce magistrat "indépendant" a rédigé avec ses amis politiques le rapport officiel entièrement à charge pour mettre en cause MME LAGARDE afin de faire coup double : Porte préjudice à la droite Défendre le monopole de la Justice politique Vive l'objectivité et l'indépendance de gauche

  • Par ANKOU - 21/02/2012 - 06:37 - Signaler un abus Trotskiste un jour, trotskiste toujours !

    Mélanchon ne ferait que de continuer d'appliquer les idées qu'il avait dans sa jeunesse, un trotskiste l'est pour toujours ! Il s'introduit dans les autres partis pour les pourrir de l'intérieur, ce n'est pas le seul dans le PS, ils sont légion ; souvenez-vous de Jospin qui ne l'a pas reconnu certains ne sont même pas capable d'assumer. Lorsque cela lui a été demandé, il a répondu : ce n'est pas moi, c'est mon frère ! Est-ce pour ça que leur mère a voulu partir d'elle-même ? La honte ?!

  • Par Atlante13 - 21/02/2012 - 08:46 - Signaler un abus Ferait mieux de balayer devant sa porte...

    "Il était une p'tite girouette, pirouette cacahuète"

  • Par le14ecossais - 21/02/2012 - 13:24 - Signaler un abus N'importe quoi

    HOLLANDE raconte n'importe quoi , il tourne plus vite que les pales d'une éolienne et nous fait croire qu'il est "normal" . Il ne veut que le pouvoir soutenu par toute cette oligarchie médiatico-journalistico-intellectuelle parisienne.

  • Par vangog - 21/02/2012 - 23:08 - Signaler un abus Bien vu Serge Federbusch!

    Ceci n'a pas été relevé par les médias aux ordres de la rue de Solférino, pourtant, le contresens de Flamby est très "éducatif" quand à sa bonne foi Politique...

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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