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Henri Guaino : "Donald Trump est-il la solution ou un facteur aggravant à la crise que traverse l’Occident ? Je penche pour la deuxième option"

L'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, désormais retiré de la vie politique, analyse pour Atlantico le rythme des réformes entreprises par Emmanuel Macron et l'état du paysage politique français, "toujours en décomposition".

Entretien politique

Publié le - Mis à jour le 8 Janvier 2018
 Henri Guaino : "Donald Trump est-il la solution ou un facteur aggravant à la crise que traverse l’Occident ? Je penche pour la deuxième option"

Atlantico : Lors de sa présentation des vœux à la presse, Emmanuel Macron a indiqué son souhait "d'interdire les fake news" en France. Ne peut-on pas voir dans cette tentative une forme de tentation censitaire cherchant à imprimer une unique vision du monde, selon l'image qui colle aujourd'hui à la peau du chef de l'Etat, celle d'un président des riches ? 

Henri Guaino : C’est un risque. Mais il est difficile de se prononcer sans avoir avoir un texte. pour en faire une analyse juridique précise, car tout dépendra de la rédaction..Pour l’instant ce projet est bien flou. il peut être inoffensif ou dangereux pour la liberté d »expression.Il existe déjà trois délits de diffusion de fausses informations. Ils sont définis et appliqués de telle façon qu’ils ne menacentt pas la liberté d’expression Le premier punit la diffusion de fausses nouvelles qui porte gravement atteinte à l'ordre public,  et encore faut-il que la mauvaise foi de l’auteur soit démontrée.

Un second cas de figure concerne les fausses nouvelles qui visent à manipuler les cours boursiers.  Le troisième est, bien entendu, la diffamation. La question est de savoir ce qu’un nouveau texte peut apporter de plus sans porter une atteinte grave à la liberté d’expression, surtout en période électorale. Dès que l’on entre dans le champ de la politique l’exercice devient très délicat car le risque est alors d »accentuer la dérive qui menace la démocratie en confisquant au profit des juges  le pouvoir des citoyens de choisir par qui et comment ils veulent être gouvernés.

Emmanuel Macron est salué par les Français sur le rythme des réformes, même si le contenu de celles-ci n'est pas soutenu par la majorité. Un rythme qui devrait perdurer en ce premier semestre 2018. Ne peut-on pas ici faire un lien avec les débuts de la présidence de Nicolas Sarkozy et la "vitalité" qui y a été associée ? 

On peut  toujours comparer. Mais je pense qu’en réalité ils ne se ressemblent pas du tout. Il y a beaucoup d’effect chez Nicolas Sarkozy, il n’y en a pas du tout chez Emmanuel Macron. Du coup le contenu des réformes ne peut pas être le même et la manière de les conduire non plus. Ce qui les rapproche c'est l'idée qu’il faut aller vite et faire beaucoup de réformes en même temps, à cause des échéances électorales mais aussi pour atteindre une masse critique qui engendrerait une sorte de cercle vertueux du changement. À l'expérience il n'est pas sûr que ce soit une bonne idée. La société a besoin de temps pour s'adapter aux nouvelles règles ou, si l'on préfère, pour digérer les réformes. Mais le vrai problème c'est que de nos jours la réforme devient une fin en soi, c'est que la réforme pour la réforme devient l'horizon ultime de toute politique. Qu'il faille changer certaines choses, c'est certain, mais que tout dans les héritages soit à jeter ne conduit qu'à une agitation stérile. Georges Pompidou qui a tant fait pour la modernisation de l'économie française dans les années 60 70 disait : «pourquoi cette manie de bouger ? Alors que tout bouge autour de nous, l'essentiel est de garder notre équilibre. Dans le tourbillon des découvertes, Des innovations technologiques, des échanges internationaux, ce qui importe au contraire, c'est de rester soi-même au milieu du changement qui s'accomplit de toute façon ! C'est de préserver nos valeurs fondamentales!» Il disait aussi : «un pays n'est pas une page blanche» Cette sagesse commence à manquer cruellement

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 07/01/2018 - 14:30 - Signaler un abus Atlantico, auriez-vous la gentillesse de corriger ?

    Deuxième paragraphe de la page 2 : ''ton numéro aussi ouais alors déjà jela souveraineté''

  • Par Ganesha - 07/01/2018 - 14:59 - Signaler un abus En attendant Marine...

    Henry Guaino constate l'échec (mondial !) de la classe politique ''traditionnelle'' et reconnaît qu'elle est ''pourrie jusqu'à la moelle''. Mais le populisme et le souverainisme lui font peur ! Apparemment, cet homme attend patiemment que Marine Le Pen s'intéresse à lui...

  • Par A M A - 07/01/2018 - 15:50 - Signaler un abus L'état du monde a été

    L'état du monde a été bouleversé en 1990. La crise mondiale qui en découle est une réalité. Elle se manifeste par la présence de Donald Trump à la Présidence des Etat-Unis. Voir que Trump serait à l'origine de la crise mondiale est un peu léger.

  • Par kelenborn - 07/01/2018 - 20:30 - Signaler un abus Suggestion

    Puisque certains , ici, vouent une certaine estime sinon pour Ce pape, du moins pour le pape ne pourraient ils organiser une pétition pour la canonisation de Guaino. A moins de l'envoyer au Panthéon par anticipation! Qu'est ce que l'on respirerait!!! On en a eu des sages autoproclamés ou gouroutisés par les merdias: MF Garaud, Jobert, Seguin, Vedrines et maintenant Guaino!!!ressuscitons Paul Prebois!

  • Par pierre de robion - 07/01/2018 - 23:07 - Signaler un abus "On est dans le caractériel, l'hystérique, "

    Dans la bouche de Guaino c'est assez croquignol!

  • Par JonSnow - 07/01/2018 - 23:17 - Signaler un abus "comment analyser vous"

    Relisez-vous, merde! Marre de voir la langue française massacrée! C'est déprimant!

  • Par JonSnow - 07/01/2018 - 23:20 - Signaler un abus "il s'est sûrement retourner"

    Idem! Visiblement, la personne qui a écrit l'interview a un sérieux problème avec la grammaire. Il faut retourner au collège!

  • Par Liberte5 - 08/01/2018 - 23:07 - Signaler un abus H. Guaino ? Un étatiste

    qui est déconnecté depuis longtemps du monde réel. Il a quitté la politique, qu'il se taise et aille à la pêche.

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Henri Guaino

Henri Guaino est un haut fonctionnaire et homme politique français

Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, président de la République française, du 16 mai 2007 au 15 mai 2012, il est l'auteur de ses principaux discours pendant tout le quinquennat. Il devient ensuite député de la 3e circonscription des Yvelines.

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