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Harcèlement sexuel : pertes de valeurs, manque d’éducation, Islam et autres mots autour desquels se construisent les opinions des Français

Lors de sa prestation dans l'Emission politique du 19 octobre, Marine Le Pen a établi un lien entre harcèlement sexuel et Islam, un point de vue qui trouve un écho dans une partie de l'opinion.

Parole et action

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 Harcèlement sexuel : pertes de valeurs, manque d’éducation, Islam et autres mots autour desquels se construisent les opinions des Français

L’affaire Weinstein a semblé, avec le succès du hashtag balancetonporc, provoquer un électrochoc. Pourtant, on ne peut que s’interroger : s’agit-il d’une réelle prise de conscience de l’urgence d’agir contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles, ou bien d’une bulle médiatique comme nous en avons tant connu, qui sera vite recouverte par la chape de plomb qui pèse sur le quotidien des femmes harcelées depuis de trop nombreuses années?  Au-delà de cette apparente libération de la parole, qui au vu des tweets semblait socialement et professionnellement très marquée - on y a vu beaucoup de journalistes par exemple - il est en effet encore difficile de comprendre la manière dont se structurent les perceptions sur ce sujet.

Les discussions recueillies auprès de la communauté « POP by BVA » permettent de comprendre un peu mieux la manière dont ce débat a été perçu. Elles montrent d’abord et avant tout que le sujet n’est nouveau aux yeux de personne, et que les opinions sont assez bien structurées. Certains participants citent ainsi les récentes avancées législatives, qu’ils jugent insuffisantes pour la plupart, inscrivent ce scandale dans une longue lignée - citant par exemple l’affaire Polanski -, et rappellent que le problème qui agite aujourd’hui surtout la sphère des CSP + et les « gens visibles » touche en réalité toutes les catégories sociales depuis bien longtemps sans que personne ne s’en émeuve outre mesure. 

Un phénomène aussi vieux que le monde donc, mais qui prend aux yeux de certains une ampleur nouvelle depuis quelques années sous l’effet de deux facteurs : l’effondrement des repères et valeurs communes - à l’origine de la crise de citoyenneté et d’identité ressentie et dénoncée par un grand nombre de français depuis de nombreuses années -, valeurs piétinées par les codes et clichés sexistes propagés tant par le cinéma que par la publicité ou la téléréalité. Mais aussi ... la propagation au coeur de nos sociétés (et notons que pour certains, la référence implicite est que le harcèlement est confiné aux « quartiers ») d’une forme d’Islam radical, rejetant les valeurs républicaines et notamment celle d’égalité. Il est frappant de constater que le facteur religieux soit spontanément évoqué par plusieurs participants alors même qu’il ne l’a été à aucun moment dans l’affaire qui a déclenché cette tempête médiatique - certains allant même jusqu’à voir dans une apparente résurgence des violences sexuelles et sexistes l’effet de « contamination » de « quelques jeunes hommes arrivés en France et qui (...) croient aux niaiseries de l’islam rigoriste », et poussent les autres hommes à « retrouver leur habitude ancestrale ». Alors que certain(e)s, dans le débat médiatique, allaient jusqu’à faire peser une part de responsabilité sur les valeurs catholiques, cette idée n’est en revanche venue à aucun de nos participants.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 20/10/2017 - 17:22 - Signaler un abus Pour ceux qui ont connu la France avant l'invasion musulmane

    C'est la nuit et le jour. La politesse a disparu, les crachats au sol, , l'insécurité, la saleté , quotidienne et les attentats, la liberté de dire des évidences tout de suite taxées de racisme, la soumission à l'islam qui avance tous les jours dans un sens du retour en arrière. Les 13,5 millions de musulmans ont déjà largement changé notre vie quotidienne. Nous étions plus en sécurité plus heureux avant l'arrivée de cette religion belliqueuse et moyenâgeuse

  • Par essentimo - 21/10/2017 - 06:05 - Signaler un abus Commencez

    par renoncer aux embrassades perpétuelles dans les entreprises au prétexte de collégialité. Ce qui est normal pour des enfants ou de jeunes adultes, devient ridicule et embarrassant pour des adultes qui sont obligés de s'y soumettre au risque d'être traités de mauvais collègue ou de snob et autres qualificatifs. Je connais !

  • Par assougoudrel - 21/10/2017 - 10:34 - Signaler un abus @essentimo

    Vous avez entièrement raison. Cela finira comme chez les anglo-saxon qui se disent bonjour-bonsoir sans se toucher et ce serait mieux ainsi finalement; plus de grattouilles aux mains, plus de poignée de main appuyée et plus de pouce caressant pour les avances.

  • Par mymi - 21/10/2017 - 11:38 - Signaler un abus Danger

    Comme nombre d'entre vous je suis choquée par l'amalgame qui est fait entre la galanterie parfois un peu lourde de certains (qu'il nous appartient, nous femme de faire cesser des le premier instant par toute phrase humiliante entendue par les personnes alentour -je l'ai déjà fait-on et ça les calme)) et le véritable harcèlement et agression. Une définition claire doit être faite. Nous nous dirigeons vers une société ou plus personne n'osera aller vers l'autre par crainte d'être poursuivi en justice. en fait ce que souhaite le gouvernement c'est : arriver à une société de robots non genrés et totalement asservis à l'idéologie dominante. Pour la petite histoire je ne me souviens pas que Brigitte Macron ait été poursuivie pour ce qui est pourtant un véritable délit, viol sur mineur avec abus d'autorité. à moins que nous considérions qu'à 15 ans bien perturbé par ses hormones en folie à cet âge, il savait exactement ce qu'il subissait !

  • Par mymi - 21/10/2017 - 11:50 - Signaler un abus Lire Natacha Polony

    Natacha Polony ledit tellement mieux que moi, dans un article du Figaro. À lire PS : il est évident que j'applaudis que soit entendue la parole des femmes sur ce grave sujet et que soient poursuivis et punis les agresseurs. Ne tombons pas dans les travers des États-Unis où la pudibonderie apparente côtoie une réalité beaucoup plus sordide faite de pornographie voire de perversion et là bien cachée. c'est ainsi qu'on aboutit à l'affaire Winstein

  • Par Gré - 21/10/2017 - 22:28 - Signaler un abus Non, c'est non !

    "Le plus difficile sera de définir la limite entre drague et harcèlement" Je pense que la limite varie selon les personnes. La drague cesse d'en être quand la femme est gênée par les gestes ou les réflexions. Qu'un homme "tente sa chance" est une chose - après tout c'est la perpétuation de l'espèce qui veut ça - mais intimider, contraindre en est une autre. En fait, ce qu'il faut apprendre aux garçons, c'est que Non veut dire Non. On en revient toujours à ça. ---------- Maintenant, légiférer ne servira pas à grand-chose. Dans notre droit, le doute doit profiter aux accusés et c'est bien rare celui qui harcèle en public ! Alors, les preuves ,,,

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Adelaïde Zulfikarpasic

Adelaïde Zulfikarpasic est directrice du département opinion BVA.

 

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Chloé Morin

Chloé Morin est Directrice de l’Observatoire de l’Opinion de la Fondation Jean Jaurès, ancienne conseillère en charge de l'opinion publique au sein du cabinet du Premier ministre Jean-Marc Ayrault puis Manuel Valls, de 2012 à 2016.

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