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Guide pratique pour financer son entreprise : dans quels cas utiliser le crowdfunding

Voici les différentes sources de financement auxquelles vous pouvez faire appel (crowdfunding, business angel, capitaux-risqueurs, prêts d'honneur, prêts participatifs, financement bancaire, aides et subventions) présentées de manière simple et opérationnelle. Extrait de "Guide pratique pour financer son entreprise", de Jean-Marc Tariant et Céline Boulanger, publié chez Eyrolles Editions (2/2).

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Publié le
Guide pratique pour financer son entreprise : dans quels cas utiliser le crowdfunding

Qu’est-ce que c’est ?

Le crowdfunding, également appelé « financement participatif » (ou « collaboratif »), s’est vu doté d’une nouvelle réglementation applicable depuis le 1er octobre 2014 en France.

Le principe de ce mode de financement est de mettre en relation des contributeurs multiples avec un porteur de projet. Il fait intervenir trois acteurs : le porteur de projet, les contributeurs, et les plateformes Internet de crowdfunding, permettant la rencontre des deux premiers acteurs.

Il en existe trois types :

• le crowdfunding par les dons ;

• le crowdfunding par les prêts ;

• le crowdfunding par le capital.

– Dans le cadre du crowdfunding par les dons, les contributeurs apportent leur soutien à un porteur de projet à titre gracieux ou moyennant une faible contrepartie (par exemple, un produit de l’entreprise ou un cadeau de faible valeur).

– Pour le crowdfunding par les prêts, les contributeurs aident le porteur de projet en lui accordant un prêt, avec ou sans intérêts, remboursé sur une durée de deux à cinq ans, en règle générale. Aucun prêt ne peut être accordé aux entreprises avant trois ans d’existence, afin de protéger les contributeurs du risque de défaillance.

– Enfin, dans le crowdfunding par le capital, l’apport d’argent des contributeurs est investi au capital des entreprises. Comme en Bourse, ils espèrent profiter à terme d’une plus-value, lors de la revente de leurs actions, ou d’une rémunération élevée des fonds investis, en cas d’intervention en obligations convertibles ou associées à des bons de souscription d’actions.

Chiffres clés

Au premier semestre 2014, 66 millions d’euros ont été collectés en France sur les différentes plateformes de crowdfunding, soit deux fois plus que l’année précédente sur la même période. Ce qui devrait porter le montant total de fonds collecté à plus de 160 millions d’euros sur l’ensemble de l’année, compte tenu du taux de progression des fonds collectés.

Ces sommes ont été affectées de la manière suivante :

• 56 % à des prêts ;

• 29 % à des dons ;

• 15 % au capital d’entreprises, représentant 10 millions d’euros.

Environ 11 000 nouveaux projets ont été mis en ligne sur les plateformes de crowdfunding au cours du premier semestre 2014.

Plus d’un million de contributeurs ont soutenu un projet depuis 2008, dont un peu plus de 330 000 en 2013.

La contribution moyenne par souscripteur est de 56 € pour un don, 6 581 € pour un prêt rémunéré, et 2 036 € pour un investissement au capital d’une entreprise.

Les fonds sont affectés pour :

• 44 % à des projets d’entreprise ;

• 21 % à des projets associatifs ;

• 13 % à des projets audiovisuels, journalistiques ou d’édition ;

• 9 % à des projets artistiques et musicaux ;

• 4 % à des projets liés à l’environnement et à l’énergie ;

• 9 % à des projets autres.

(...)

Comment ça marche ?

En premier lieu, il faut choisir une plateforme (KissKissBankBank, Ulule, MyMajorCompany, Babyloan, Unilend, Anaxago, Pr€t Pro, Investbook, WiSEED, FinanceUtile, Prêtgo, etc.). L’offre est de plus en plus importante : il se crée une nouvelle plateforme minimum tous les mois. Soyez sélectif et privilégiez l’ancienneté de la plateforme, le nombre et la qualité des projets présentés, qui sont des gages de qualité.

Ensuite, il faut envoyer à la plateforme de votre choix une présentation succincte de votre projet. Si celui-ci est retenu par l’équipe chargée de sélectionner les dossiers, il sera diffusé sur la plateforme, après une série de vérifications destinées à éviter la publication de projets frauduleux, non éthiques ou trop risqués pour les prêteurs ou les investisseurs.

L’équipe de la plateforme peut vous aider si nécessaire, et moyennant rémunération, à mettre en forme la présentation de votre projet, pour maximiser vos chances de réussir votre levée de fonds. Une fois le projet diffusé sur la plateforme commence la période de collecte de fonds. Vous aurez auparavant fixé un montant à atteindre afin de valider la collecte. Selon les plateformes, deux options sont possibles :

– Le tout ou rien : le porteur de projet fixe dans ce cas une valeur à atteindre (30 000 euros par exemple). Si le montant des contributions n’atteint pas cet objectif, le projet est retiré du site, passé un certain délai.

– Le tout pour tous : quelles que soient les sommes collectées, elles sont versées au porteur de projet au terme de la période de collecte fixée. Afin d’éviter les échecs en matière de levée de fonds, les plateformes utilisent de plus en plus le système des paliers. Dans ce cas, le porteur de projet fixe un montant minimum à atteindre, qui permet de valider la collecte et de libérer les fonds progressivement.

Lorsque l’objectif est atteint, la plateforme verse au porteur de projet les fonds réunis, déduction faite de sa commission d’intermédiation.

Extrait de "Guide pratique pour financer son entreprise", de Jean-Marc Tariant et Céline Boulanger, publié chez Eyrolles Editions, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 
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Jean-Marc Tariant

Jean-Marc Tariant dirige le cabinet Finance & Stratégie, spécialisé dans le financement et la reprise-cession d'entreprises. Il est diplômé d'expertise-comptable et du MBA de l'EM Lyon. Il a été auparavant directeur d'agence bancaire au CCF-HSBC, puis délégué régional de la BDPME-OSEO et directeur de participations dans une société de capital-risque.

 

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Céline Boulanger

Céline Boulanger dirige le cabinet CGP Entreprises, spécialisé dans l'optimisation et la sécurisation du recours aux aides et dispositifs de financement public. Elle est diplômée de l'Institut Supérieur de Gestion de Paris et de l'Université de Rennes 1. Elle a travaillé auparavant dans une agence de développement économique.

 

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