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Guerre en vue ? Ce qu’il faut savoir pour comprendre pourquoi la situation de la Corée du Nord est loin de se résumer aux folies d’un dictateur lointain

Donals Trump a organisé une session extraordinaire réunissant les 100 sénateurs américains pour discuter du dossier sur la Corée du Nord avec la volonté de ramener PyongYang sur "le chemin du dialogue". Pour autant, les tensions ne semblent pas prêtes de baisser. Au grand dam des acteurs régionaux.

Point chaud

Publié le - Mis à jour le 5 Mai 2017
Guerre en vue ? Ce qu’il faut savoir pour comprendre pourquoi la situation de la Corée du Nord est loin de se résumer aux folies d’un dictateur lointain

Donald Trump a organisé une session extraordinaire à huis clos pour les 100 sénateurs américains sur le dossier de la Corée du Nord.  Ensemble, ils ont souhaité voir Pyongyang "reprendre le chemin du dialogue". Pour autant, les tensions ne semblent pas prêtes de s'estomper. Outre les deux protagonistes, quels sont les intérêts des autres pays dans la région aujourd'hui ?

Jean-Vincent Brisset : La « crise » nord-coréenne a débuté en 1993, par les premières réactions américaines à un programme nucléaire militaire initié par Pyongyang. Elle a comporté de nombreux épisodes, très largement marqués d’un côté par les chantages et provocations de Kim Jong Il et de l’autre par une gestion très opaque des négociations par une partie de l’administration américaine. Année après année, de négociations bilatérales en négociations à six, de promesses, de cadeaux et de sanctions, les choses n’ont guère évolué.

Aux menaces ont succédé des essais nucléaires et des lancements de missiles, conduisant à des sanctions plus ou moins réalistes, sans que la situation ne se pacifie. L’arrivée aux affaires de D. Trump a très vite été marquée par un changement de ton. Le nouveau Président, au rebours de déclarations pré-électorales qui donnaient à penser qu’il désengagerait son pays du rôle de gendarme du monde, a décidé de prendre des positions très fortes. Mais ce qui peut être perçu comme un revirement est aussi une assurance donnée aux alliés Coréens et Japonais. Si on leur demande de mieux s’assumer, on leur prouve aussi qu’on ne les laisse pas seuls. Après avoir annoncé qu’il n’excluait pas une action en force, il a aussi obtenu de la Chine qu’elle s’implique vraiment. La donne a changé et tous les pays de la zone sont concernés.

En Chine :

Les relations entre Pékin et Pyongyang ont été, dans un premier temps, scellées par une très importante participation chinoise à la guerre de Corée. A l’envoi de plus de deux millions de volontaires (dont plusieurs centaines de milliers seront tués) s’ajoute l’accueil et la formation de cadres, ainsi qu’une très importante aide matérielle. Les relations sont longtemps restées très solides, surtout après la rupture Chine-URSS. Elles ont été concrétisées en 1961 par la signature d’un Traité d’Alliance, qui a été renouvelé et reste en vigueur au moins jusqu’en 2021. Toutefois, sur le plan militaire, cette alliance n’a jamais conduit à la création de capacités communes. En pratique, la frontière s’étend sur 1400 kilomètres et la Chine est le principal partenaire économique de la Corée du Nord, même si cela ne représente plus que quelques pourcents de ses échanges avec la Corée du Sud. 

Les premières dissensions visibles se sont fait jour au début des années 2000, quand la Chine, directement impliqué dans les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen, a été confronté aux refus de Pyongyang. Cependant, elle n’a appliqué que très mollement les sanctions décidées par l’ONU. Dans le même temps, consciente de ce que tout effondrement entraînerait un afflux de réfugiés, elle a continué à assurer la plus grande part des besoins du pays, tant en le fournissant (pétrole, nourriture, produits manufacturés) qu’en important (charbon). Elle a aussi essayé de développer (avec la Russie et sans grand succès) une zone franche, là où les trois pays partagent un point commun (embouchure de la Tumen).

 
Commentaires

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  • Par ikaris - 03/05/2017 - 18:44 - Signaler un abus Très bon panorama de la région !

    Très intéressant. J'ai lu que la France avait envoyé le Mistral pour des exercices avec les USA et le Japon ... qu'allons nous faire dans cet environnement risqué dans lequel nous n'avons aucun intérêt ?

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Jean-Vincent Brisset

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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