Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 21 Août 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Des goûts et des couleurs : cette géographie intime de la France que dessine le top des prénoms donnés par les parents français

A l'occasion des fêtes, Atlantico republie les articles marquants de l'année qui s'achève. En 2017, les prénoms préférés des Français sont restés presque les mêmes depuis environ 10 ans. Ce phénomène est en fait une forme de réponse à la crise qui s'exprime par le caractère sécurisant des prénoms donnés.

Best of Atlantico 2017

Publié le
Des goûts et des couleurs : cette géographie intime de la France que dessine le top des prénoms donnés par les parents français

Atlantico : Le top 10 des prénoms par région a été dévoilé par l'Insee. Concrètement que pouvons-nous pouvons en apprendre ? 

François Bonifaix : Le premier constat face à ces données est que la mode ne passe pas. Depuis 10 ans, nous nous demandons quels vont être les prénoms à la mode et en fait ce sont toujours les mêmes. Beaucoup de personnes se penchent sur ce phénomène car d’habitude une durée de vie de prénom dure 3 ou 4 ans (grand) maximum. On s'aperçoit que pour la première fois, ce ne sont pas des prénoms dits à la mode mais des prénoms de consensus, des prénoms qui rassurent, ce que j’appelle : des prénoms de crise qui prédominent dans ce classement.

Les prénoms à la mode américaine peuvent prêter à la moquerie, et l'idée que les Brenda et les Brendon auront plus tard des difficultés, dans le monde du travail mais pas seulement est très répandue. A la grande époque de ces prénoms, le phénomène répondait plutôt au "rêve américain". On avait là un projet porteur d’espoir, nous souhaitions à l’enfant notre réussite, mais en mieux.

Depuis le début de la crise il y a 10 ans, nous n’avons plus cet élan initié après les années 70. Les parents ont presque renoncé à l'idée que leurs enfants vivront mieux qu’eux. Les sociétés, malgré les difficultés, ne renoncent pas à faire des enfants, cependant les prénoms reflètent ce manque d’espoir, ce sont les prénoms de crise.

Depuis quelques années, les Français se tournent vers des prénoms anciens, de l'époque à laquelle on pense lorsque l'on dit que c’était mieux avant. Ainsi, des prénoms rassurants reviennent à la mode, les Marcel et les Robert par exemple. Il y a dix ans le prénom Marcel paraissait ancien dans un sens péjoratif, tandis qu’aujourd’hui on lui trouvera une esthétique, tout comme pour Joséphine. Fini les prénoms américains, de héros ou mythologiques qui faisaient rêver, les valeurs sûres se sont bien installées.

Le prénom est donc un résumé du projet que nous avons pour notre enfant. Aujourd’hui les Français ne savent pas de quoi sera fait demain et c’est pour cela qu’ils choisissent des prénoms comme ceux présents dans le top 10 : Louise, Emma, Gabriel, qui étaient il y a 30 ans des prénoms bourgeois. Les parents contemporains entretiennent donc peut-être une forme d’espoir. 

D’où viennent les prénoms donnés de nos jours aux enfants ? Le clivage entre Paris et la province est-il toujours d’actualité ? Quel est le poids des origines sur le prénom de nos enfants ?

A Paris comme en province, ce sont les même prénoms qui reviennent. Autant Gabriel est devenu un prénom complètement laïque, de la même façon, Mohamed n’est pas non plus très connoté religieux. C’est aussi un prénom refuge. Pendant des années dans un souci d’intégration les communautés choisissaient des prénoms très français. Hors, la population parisienne n’a pas changée, et ces prénoms d’origines étrangères sont en quelque sorte une forme de repli rassurant sur leurs origines. Par exemple, nous ne trouvons pas d’équivalent féminin à Mohamed. Depuis la loi de 1992 qui permet de choisir n’importe quel nouveaux prénom, l’imagination des Français n’est pas très importante. Ces fameux 10 prénoms représentent environ 10% des prénoms donnés.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par MIMINE 95 - 27/12/2017 - 11:24 - Signaler un abus MAIS QUE BIEN SUR !!

    "Mohamed n’est pas non plus très connoté religieux" !!! et d'ailleurs, la marmotte elle met le chocolat dans un papier d'alu, donc ...... "Pendant des années dans un souci d’intégration les communautés choisissaient des prénoms très français." et elles continuent sauf, ... les communautés musulmanes pour lesquelles il s'agit d'une obligation religieuse, souvent doublée par les pays d'origine d'une obligation civile, même si ces dernières années cela c'est un peu assoupli du coté civil, du moins en apparence..

  • Par mhd - 27/12/2017 - 11:51 - Signaler un abus Hors, la population parisienne n’a pas changée

    Ne serait-ce pas plutôt : "Or, la population parisienne n’a pas changée" ?

  • Par Fleurs2jasmin - 27/12/2017 - 13:08 - Signaler un abus Mohamed

    Mohamed ne serait pas un prénom religieux XD j'hallucine ! Non c'est juste le prénom du personnage le plus important de l'islamie ! Dans la tradition islamique les couple ayant un premier enfant garçon l'appelleront dans 90% des cas Mohamed, et bel et bien pour une raison religieuse !

  • Par Anguerrand - 28/12/2017 - 07:25 - Signaler un abus Chaque année le Président reçoit les familles « meritantes« 

    Après guerre il fallait repeupler la France, et les plus grandes familles étaient reçus à l’Elysée pour les récompenser. Ces familles françaises avaient souvent 15/16 enfants. Puis plus ça avançait plus il y avait de femme voilées. La liste était publiée dans tous les journaux. La dernière fois où il y a eu cette publication, il y a eu comme un problème, les 15 familles « meritantes«  étaient toute des familles musulmanes avec toujours les 15/16 Mohamed. Et de ce jour on n’a plus parlé de ces familles « meritantes« , une fois de plus il ne fallait pas alerter la populace et les journaux comme à leurs habitudes n’en ont plus parlé. Toujours l’objectivite des journalistes gauchistes solidaires de l’immigration et de la reproduction musulmane. C’est ainsi que la France a maintenant 20% de sa population musulmane 13,5 millions, et ce sans compter les illégaux estimés à 300.000/500.000 selon certains. Un record européen, on est mauvais partout mais champion pour le nombre de musulmans, ça s’arrose au rouge et au saucisson, non ?

  • Par wwmat - 28/12/2017 - 08:57 - Signaler un abus Mohamed n'est pas

    Dedans, car il existe une multitude de manière d'orthographier ce nom (car pas de voyelle en langue arabes), sinon ce serait le nom numéro un comme en Belgique ou décidément les pouvoirs publics sont moins hypocrites.

  • Par Alain Proviste - 28/12/2017 - 11:03 - Signaler un abus Article lénifiant

    Dormez braves gens. Il n'y a aucun problème puisqu'on vous le dit.

  • Par Alain Briens - 28/12/2017 - 11:40 - Signaler un abus Les temps changent !

    Peu importe que Mohamed soit un prénom religieux ou non, après tout les prénoms traditionnels occidentaux proviennent pour la plupart du nom d'un saint. Ce qu'il importe de dire, c'est que quand on est français d'origine maghrébine, on ne devrait pas appeler son enfant Mohamed. On devrait lui donner un prénom bien français, d'une part pour manifester sa nouvelle appartenance et ses nouveaux attachements, d'autre part pour aider à ses chances d'intégration, voire d'assimilation. Si Ali Mimoun n'avait pas changé son prénom en Alain, il n'aurait jamais été aussi populaire dans le public français. Si Raymond Kopa s'était prénommé Zbigniew ou Tadeusz, il n'aurait pas été perçu comme le plus grand footballeur français de son époque. Le prénom, c'est ce qui fait la différence entre un immigré, français seulement de papier, et un français d'origine immigrée. Mais allez essayer d'expliquer ça à certains et vous serez cloué au pilori.

  • Par moneo - 28/12/2017 - 12:24 - Signaler un abus mohamed pas religieux

    Jesus non plus

  • Par Borgowrio - 28/12/2017 - 18:04 - Signaler un abus Des prophètes

    Je propose Moïse ou Abraham voire Jéhovah dans le registre prénoms non religieux .... Bonjour la coexistence avec la racaille Mohamed

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

François Bonifaix

François Bonifaix est psychanalyste. Ses recherches l'ont conduit à s'interroger sur les raisons du choix du prénom par les parents et les conséquences psychologiques qui pourraient en découler. Pendant près de 4 ans il reçoit près d'un millier de témoignages, en 1999, il publie alors : Le Traumatisme du prénom, Réédité et réactualisé à 3 reprises.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€