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Front commun patronat- syndicats face à Emmanuel Macron : trop peu, trop tard pour échapper à leur étouffement programmé

Syndicats et patronats se réunissaient ce 11 juillet afin de montrer un front uni avant le sommet social de mardi prochain.

Convergence

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Front commun patronat- syndicats face à Emmanuel Macron : trop peu, trop tard pour échapper à leur étouffement programmé

 Crédit JEFF PACHOUD / AFP

Atlantico : Alors que syndicats et patronats se réunissaient ce 11 juillet pour « faire front commun » face à Emmanuel Macron, ces derniers peuvent-ils trouver les moyens de reprendre la main ?

Michel Ruimy : Les syndicats se sentent peu entendus par Emmanuel Macron malgré les concertations, critiques, grèves ou manifestations. Cette situation est l’élément déclencheur de l’organisation de la réunion du 11 juillet ’qui a réuni les dirigeants des 8 principaux syndicats de salariés et patronaux. Selon Pascal Pavageau, Secrétaire général de Force Ouvrière depuis deux mois, « en soi, c’est déjà un succès ». En effet, cela fait bien longtemps que les leaders syndicaux et patronaux des organisations représentatives ne s’étaient pas mis d’accord tous ensemble.

Le but de cette réunion était, surtout, de montrer un front uni avant le sommet social de mardi prochain avec le chef de l’Etat. Car s’afficher unis, c’est se montrer incontournables. En effet, alors que ce rendez-vous sera l’occasion, pour Emmanuel Macron, de « jeter les bases d’un nouveau contrat social, celui du siècle qui s’ouvre », les syndicats ont fait l’amer constat qu’ils étaient considérés plus comme une sorte de faire-valoir par le gouvernement que comme de vrais partenaires incontournables.

Les retrouvailles du 11 juillet sont, en fait, un point d’étape que l’on peut qualifier de « redémarrage de processus ». Les cinq confédérations syndicales, traditionnellement divisées, se sont rencontrées pour envisager d’éventuelles actions communes et ont convenu d’un nouveau rendez-vous, en septembre, pour fixer un agenda social commun, indépendant de celui voulu par le gouvernement.

Cependant, il me semble que la capacité des partenaires sociaux à agir en commun paraît être limitée car il faudrait, tout d’abord, qu’ils s’entendent sur les sujets sur lesquels ils vont pouvoir peser. Aujourd’hui, par exemple, d’un côté, nous avons plusieurs d’entre eux qui souhaitent aborder le sujet de la santé au travail, un thème qui a été évoqué par le président de la République lors de son discours devant le Congrès et de l’autre, nous avons Geoffroy Roux de Bézieux, qui a également à cœur de vouloir discuter de la transformation numérique et de son impact sur l’évolution des métiers, un thème qu’il a souvent évoqué lors de sa campagne pour la présidence du Medef.

Mais le sujet central de l’agenda social de la rentrée, si les partenaires sociaux l’acceptent, sera l’assurance-chômage. Sur ce dernier point, le gouvernement a pris de court les corps intermédiaires. En effet, le président de la République a souhaité renouer les fils du dialogue avec les partenaires sociaux à qui il a demandé de revoir, dès septembre, les règles de l’Unedic en se conformant à un document de cadrage fixé par le gouvernement… alors qu’une réforme est en cours d’examen au Parlement.

 
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Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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