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Les frondeurs face à Valls : une vraie capacité de nuisance, un faux potentiel politique

A l’approche du vote de confiance du gouvernement Valls II qui doit se tenir mardi 16 septembre, les députés socialistes frondeurs continuent d’agiter la menace d’une abstention collective.

Opposition de principe

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Les frondeurs face à Valls : une vraie capacité de nuisance, un faux potentiel politique

Le député socialiste frondeur Jerome Guedj. Crédit Reuters

Atlantico : Jusqu’ici, par quels faits au sein de l’Hémicycle l'opposition des frondeurs au gouvernement s’est-elle traduite ?

Eddy Fougier : Cette opposition s’est principalement traduite par un vote d’abstention, et très rarement par un vote contre.

On a pu observer au sein de la gauche 11 abstentions lors du vote de confiance au gouvernement Valls I, 41 lors du vote du Pacte de stabilité, 33 à l’occasion du vote du projet de loi de finance sur la sécurité sociale, et un seul sur le projet de loi de finance rectificative (PLFSSR).

Les textes étant passés, les frondeurs n’ont pas constitué un obstacle majeur à la politique du gouvernement. Cependant ce dernier doit négocier point par point, notamment sur les amendements déposés par les frondeurs, et il est tout de même nécessaire de compter les voix : les socialistes sont 290 ou 291 selon ce que décide de faire Thomas Thévenoud, et il faut 249 voix pour atteindre la majorité absolue. La marge est limitée chez les socialistes, mais il faut compter avec un certain nombre de centristes qui peuvent choisir d’accorder leur confiance au gouvernement.

On constate aussi que les frondeurs ne sont pas particulièrement réguliers dans leur choix d’abstention : alors qu’ils étaient 100 à signer un appel en avril, ils n’ont été que 41 à s’abstenir sur le Pacte de stabilité, et 33 sur le PLFSSR, ce qui dénote une logique individualiste et au coup par coup. Ce qu’il manque à ce groupe, c’est un chef de file. Et plutôt qu’Arnaud Montebourg, son potentiel leader semble être Martine Aubry.

A partir de ce bilan, quel sens peut-on donner à cette nouvelle menace ? Les frondeurs sont-ils prêts à prendre le risque d’une dissolution ?

Ils ne sont pas prêts à prendre le risque d’une dissolution car ils tiennent à leur siège et voient bien dans les enquêtes d’opinion que la gauche n’est pas très populaire. Au vu des résultats lors des municipales et des européennes, ils savent pertinemment qu’ils risquent de perdre leur siège. Renverser le gouvernement serait pour eux un acte kamikaze.

Partagés entre leur conception de ce que devrait être la gauche, leur souci de se faire réélire et l’image qu’ils renvoient à leurs électeurs, jusqu’où l’ambiguïté de leur position est-elle tenable ? Leur stratégie est-elle viable sur le long terme ?

Je ne suis pas certain qu’ils aient à ce point théorisé leur position. Il semblerait, à les écouter, qu’ils répondent aux attentes de leur électorat. Pour eux il n’y a pas de contradiction entre la défense de leur siège à Paris et celle d’une politique alternative.

Mais leur postulat de base est erroné : il consiste à dire que le gouvernement est impopulaire, notamment auprès des catégories populaires, parce que sa politique n’est pas assez de gauche. Ils estiment donc qu’il faut un virage à gauche. Or ce n’est pas forcément ce qu’attend l’électorat de gauche : d’après les sondages une grande partie de ce dernier estime que le gouvernement ne va pas assez loin dans son mouvement en faveur des entreprises. Sur le contrôle des chômeurs aussi, l’électorat de gauche n’est pas nécessairement aussi marqué que les frondeurs ne veulent bien l’admettre. Ce que veulent les catégories populaires, c’est plus de sécurité, d’ordre et de travail, mais aussi et surtout, en dehors de toute considération idéologique, une politique qui fonctionne.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 10/09/2014 - 08:03 - Signaler un abus Le bal des faux-culs gauchistes bat son plein!

    Un peu de cinéma à l'extrême-gauche de la piste de danse pour séduire les benêts électeurs gauchistes, quelques pas de gauchisation, la menace gentillette de ramener Fatmah Aubry sur le devant de la scène politique...et puis, finalement, tout ce beau monde fardé et perruqué se rue pour baiser avidement les bagouzes gouvernementales et continuer la sarabande endiablée de la dette et du chômage socialistes...un bal de fieffés menteurs!

  • Par jmpbea - 10/09/2014 - 10:21 - Signaler un abus Meuh non!

    ils iront encore une fois à la soupe....comme de braves petits toutous a sa mémère...

  • Par TADD - 10/09/2014 - 10:33 - Signaler un abus Ah, que c'est beau le socialisme

    Si ce n'est de donner du pognon qu'il n'a pas aux classes dites défavorisées ( le méritent t' elles toutes ? ) en le piquant aux classes moyennes, c a d aux gens qui travaillent .Que c'est beau tout ça.

  • Par ELLENEUQ - 10/09/2014 - 11:49 - Signaler un abus Quel cirque !

    Combien de fonctionnaires et assimilés bien protégés dans leurs sinécures derrière ces "frondeurs". Des intoxiqués du marxisme, des pauvres gauchards sans culture ni futur. Par contre ils protègent leurs privilèges, prébendes et bakchich La lie de l'assemblée qui est déjà une écurie d'Augias ! Ça pue tout ça !

  • Par winnie - 11/09/2014 - 08:10 - Signaler un abus Qu 'is continuent !

    a faire du vent ces "frondeurs" (en fait des enfants gâtés gauchistes) . Alors ils sont contre la politique " d'austérité " de la France (où est l' austérité?) mais il ne voterons pas non a la confiance du gouvernement car ils n'auront plus de boulot , alors ils s 'abstiennent. Ca c'est du courage ! sacrés frondeurs !!!

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Eddy Fougier

Eddy Fougier est politologue, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Spécialiste des mouvements de contestation de la mondialisation, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur ces thèmes : Dictionnaire analytique de l’altermondialisme (Ellipses, 2006), L’Altermondialisme (Le Cavalier bleu, 2008).

Plus récemment, il a publié Thèmes essentiels d’actualité en QCM (2000 QCM) aux éditions Ellipses (2012) ou encore Parlons mondialisation (La Documentation française, 2012)

Eddy Fougier est chargé d’enseignement dans plusieurs écoles, notamment Audencia Nantes – Ecole de management, l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, l’Institut européen des hautes études internationales (IEHEI, Nice) et l’Institut supérieur de formation au journalisme (ISFJ, Paris).

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