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Francois Hollande VRP : l'Inde est-elle prête à prendre la relève de la Chine dans le rôle de la locomotive de la croissance mondiale ?

Alors que François Hollande est actuellement en Inde pour une visite diplomatique, les relations historiques entre la France et ce pays émergent demeurent très partielles. L'ancienne colonie britannique prend par ailleurs une place de plus en grande, économiquement parlant, dans un continent où l'hégémonie de la Chine est remise en question.

Passation de pouvoir ?

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Francois Hollande VRP : l'Inde est-elle prête à prendre la relève de la Chine dans le rôle de la locomotive de la croissance mondiale ?

François Hollande se rend en Inde pour un voyage qui se pare d'enjeux économiques. Crédit Reuters

Atlantico : François Hollande se rend en Inde en début de semaine pour un voyage qui se pare d'enjeux économiques. Pouvez-vous nous éclairer sur les relations qui unissent la France à l'Inde ?

Cyrille Bret : Les relations franco-indiennes sont traditionnellement étroites mais partielles, comme le soulignent de nombreux indianistes, comme Christophe Jaffrelot. la France et l’Union indienne sont toutes deux soucieuses de défendre une diplomatie et une action militaire autonome appuyée sur des forces de frappe nucléaire indépendantes.

Les Français sont présents dans plusieurs domaines. Par exemple, le cimentier Lafarge est omniprésent dans les rues de toute l’Inde. En revanche, c’est vers le Japon que l’Inde se tourne massivement pour produire des automobiles. A la différence de la Russie et des Etats-Unis, la France n’est pas considérée en Inde comme un partenaire stratégique de façon générale mais seulement dans certains domaines. Ainsi, l’attention se focalise sur les négociations concernant la trentaine de chasseurs bombardiers Rafale et de la construction de centrales nucléaires. Cela montre que la France constitue, pour le moment, aux yeux des Indiens, un fournisseur alternatif dans les domaines d’excellence anciens de l’industrie française mais reste un outsider. Il est, de fait, malaisé d’identifier des objectifs et des menaces stratégiques communes susceptibles de cimenter une véritable alliance entre les deux pays? Bien sûr, l’Inde et la France sont toutes deux touchées par des vagues d’attentats islamistes. Mais les deux pays ont encore un long dialogue à nourrir pour se rapprocher.

L'Inde et la Chine sont deux puissances en compétition pour l'hégémonie sur le continent asiatique. Comment se matérialise cette compétition et l'Inde a t-elle réellement une chance de concurrencer la Chine en Asie et au-delà ?

Cyrille Bret : L’Inde et la Chine sont engagées dans une concurrence d’influence depuis plusieurs siècles, sur de nombreux plans, culturels, économiques, politiques et militaires. Durant l’époque de la Guerre Froide, ces deux géants démographiques et l’épisode militaire autour des provinces du nord est de l’Union indienne, longtemps contestées, notamment l’Arunashal Pradesh, les deux puissances anciennement non alignées ont développé des stratégies et des réseaux d’alliance concurrents. Par exemple, la Chine a longtemps soutenu le Pakistan, alors que l’URSS avait noué avec l’Union indienne un partenariat militaire et industriel puissant. A l’heure actuelle, les données de la compétition entre les deux géants asiatiques ont changé du fait de l’émergence ou de la réémergence des économies respectives des deux Etats. Comme l’a montré Jean-Joseph Boillot dans Chindiafrique, l’Union indienne aspire à devenir le back office du monde alors que la Chine est, d’ores et déjà l’usine du monde. Autrement dit, aux Indiens les call centers, les services de comptabilité, les services d’ingénierie informatique en outsourcing, et à la Chine les implantations industrielles géantes.

 
Commentaires

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  • Par Vincennes - 26/01/2016 - 12:58 - Signaler un abus Tout va mal et lui se balade en faisant le "beau", la cravate

    de travers. Sa place serait, actuellement à LILLE....... Il se fou de la France comme d'une guigne et ils méprisent les Français ??? écœurant de voir tous ces médias qui continuent de lui cirer les pompes comme "ODOXA" filiale de Cayrol qui annonce 22% ! après avoir, soit disant, perdu 7% !!! ils se foutent de nous

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Cyrille Bret

Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné notamment à l'ENS, à l'université de New York, à l'université de Moscou et à Polytechnique, il enseigne actuellement à Sciences-Po. Il est le créateur avec Florent Parmentier du blog Eurasia Prospective.

Pour le suivre sur Twitter : @cy_bret

 

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Michaël Begorre

Michaël Begorre est économiste, ancien de l’OCDE, enseignant à Sciences-Po, créateur et dirigeant de Partitus, cabinet de conseil en investissement spécialisé dans les marchés émergents.

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