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Quand François Bayrou
et Manuel Valls jouent
une pièce de Feydeau sans saveur

François Bayrou était l'invité de l'émission « Des paroles et des actes » jeudi soir sur France 2. Opposé à Manuel Valls, le candidat centriste a joué de la synthèse, au point de "perdre presque toute ligne de force".

Juste au milieu !

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Manuel Valls et François Bayrou ont dans leur face à face, sur France 2, jeudi 8 mars, donné l’impression de postuler au poste de ministre de l’Economie et des Finances. Manuel Valls a certainement gagné quelques galons en challengeant le troisième homme de 2007 et François Bayrou a conservé son image de prêcheur dans le désert des tartares.

 Manuel Valls a semblé lancer des perches de convergence à François Bayrou, que ce dernier - qui fidèle à son image - a daigné saisir.

Comme il y a cinq ans, le candidat centriste aime à laisser ses contradicteurs dans le rubicond, même si en clôture des portes ont été très légèrement entre-ouvertes. Il n’a eu comme fil rouge que la volonté de placer Manuel Valls en contradiction, entre les engagements pris durant la primaire et les promesses de François Hollande. 

Entre deux hommes politiques qui se déclarent comme visionnaires, le débat laisse un étrange goût de naphtaline. De la défaite de 1993 aux déficits d’Edouard Balladur, aux erreurs des précédents gouvernements, il n’est resté que peu de temps pour aborder la question de la sortie de la crise, de la manière de créer de la croissance et de réduire concrètement la dette publique. Deux spécialistes de la chose politique se sont confrontés avec certes de l’élégance mais sans saveur. Au cours de cette émission « des paroles, des actes », la voix de François Bayrou a résonné dans le vide. Est-ce l’usure de ses formules, est-ce le sentiment d’avoir eu raison avant les autres sur la dette, les déficits publics ou l’Europe ? François Bayrou ne semble ne plus être en phase avec le temps politique. Il a peut-être manqué le coche de l’élection de 2007, où il était au centre de l’échiquier électoral. A force de récuser droite et gauche, il s’est mué en commentateur de l’actualité. Il prend la posture certes élégante du spectateur engagé.  A force de jouer le centriste, il en a perdu toute ligne de force, de clivage. Fondamentalement homme de droite, il a conscience que la sortie de son isolement passe par la compromission avec certainement l’obligation de se rallier au plus offrant ou à celui qui le ramènera au sein d’un gouvernement. 

De 1997 à 2012, François Bayrou a fait pied à pied son chemin de Damas qui l’amènera à entrer dans une coalition de gauche après le premier tour. Il sait que la crise n’incite pas les Français a tenté l’expérimentation à la mode Bayrou avec le dépassement des frontières politiques. Les Français, en concentrant leurs intentions de vote sur les deux candidats issus des partis de gouvernement, indiquent clairement que la situation est trop grave pour jouer les apprentis sorciers.  

 
Commentaires

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  • Par Babeux - 09/03/2012 - 10:22 - Signaler un abus Tragedie grecque

    Et quand Nicolas Sarkozy et Carla nous joue une mauvaise tragedie grecque, "si personne ne m'aime je m'en vais" "si personne ne l'aime il risque de mourrir". Ce pauvre M.Philippe Crevel a comme beucoup de faux centristes rejoint l'UMP pour tenter de garder un pied dans le microcosme politique. Non François Bayrou n'est pas sans saveur, au contraire il reste un autentique centriste, pret à rassembler sur sa droite et sur sa gauche, pour tenter de sortir un peu de ce bipolarisme politique imposé.

  • Par Ravidelacreche - 09/03/2012 - 10:53 - Signaler un abus une pièce de Feydeau sans saveur

    Eh oui..Feydeau do Colas mon p'tit frère.......

  • Par chateleine - 09/03/2012 - 13:30 - Signaler un abus polichinelle,bayrou,desarticu

    polichinelle,bayrou,desarticule!!!!

  • Par sam84 - 09/03/2012 - 14:28 - Signaler un abus Triste sir

    Un roi nu, un chef de guerre sans armée et des généraux Douste ballasté qui sont des boulets Il veut la victoire,mais sans combat et entend gérer cette victoire avec des mercenaires des deux camps Bref,un conte de fée qui séduira quelques naïfs utopiques pour qui le verbe suffit

  • Par Manuman - 09/03/2012 - 17:32 - Signaler un abus Problème de démocratie en France...

    Les petites opinions non relayées par un des deux gros partis n'ont jamais la possibilité d'être représentées. Ponctuellement elles s'expriment aux présidentielles, pour décorer. Au niveau pouvoir réel, niet puisqu'au parlement il n'y a pas de proportionnelle... Résultat, les Français qui ne se sentent vraiment représentés ni par PS ni par UMP votent par dépit ou s'en contrefoutent... Résultat esprit de démocratie en péril. Pour la réhabiliter il faut une dose de proportionnelle qui reviendra à affaiblir notablement les deux gros au pouvoir... Bref pour que çà existe, il faut qu'un des deux gros accepte sciemment de se tirer une balle dans le pied... Quelqu'un a-t'il proposé quelque chose dans ce sens?. C'est indispensable, car les français ont divorcé avec les politiques, moi aussi ils me saoulent... Il faut rendre le sentiment que la représentation est réelle, donc ouvrir un peu, quite à récupérer des députés FN... Reste à trouver la dose pour ne pas avoir trop d'instabilité à l'italienne

  • Par Nico Attal - 09/03/2012 - 19:25 - Signaler un abus Valls à trois temps

    Entre un centriste sans programme et un socialiste sans conviction, difficile de savoir sur quel pied danser. On est bien vite passé du Valls de Strauss au "dénicheur" du Sofitel et du "temps des cerises" à celui de la "fraise des bois". Ca donne le tournis!

  • Par Mimi Defrance - 09/03/2012 - 19:45 - Signaler un abus SOPORIFIQUE

    Ce débat nous a montré un François Bayrou, homme estimable, honnête mais soporifique avec ses histoires de sécurité sociale, qui sont des mesures de gouvernement, pas un programme économique de campagne. Le face à face avec Manuel Valls, a montré un M. Valls tout miel au début comptant un peu sur le raliement de F.Bayrou mais lorsque celui-ci lui a reproché de manquer de convictions puisque son discours avait changé depuis les primaires, nous avons découvert un M.Valls hargneux et l'oeil furibond...il n'a pas l'air d'aimer la contradiction ce Monsieur. Les français et F.Bayrou ont pourtant le droit de ne pas se laisser rouler dans la farine. Qu'ils n'oublient pas, les uns les autres avec Internet toute parole prononcée un jour est ressortie plus tard. Un deuxième tour entre Bayrou et Hollande, sans conteste je vote Bayrou, ce serait un pis aller...après la prestation de Nicolas Sarkozy mardi, cette émission nous a paru bien fade.

  • Par Vincennes - 10/03/2012 - 01:33 - Signaler un abus Entre Bayrou qui est vraiment gnangnan

    Valls qui aurait, lui, besoin de qq tranquilisants...... on ne retient pas grand chose de leur "tête à tête soporifique" qui a eu, néanmoins, l'avantage de mettre en évidence les incohérences d'Hollande, lequel crie durant ses meetings pour pouvoir exister. Beau trio en vérité

  • Par toulonrct - 10/03/2012 - 08:42 - Signaler un abus pas convaincu

    on sent très bien que valls n'est pas du tout sur la meme ligne politique qu'hollande il ne fait qu'avaler des couleuvres pour intégrer un éventuel gouvernement, dans ses propos il ne semble jamais convaincu ,comme s'il répétait les paroles d'un autre

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste et fondateur de la société Lorello Ecodata.

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