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France - Qatar : une relation complexe, privilégiée et ancienne

La France et le Qatar ont établi de longue date des relations étroites dans les domaines politique, culturel et économique. Mehdi Lazar décrypte la complexe relation franco-qatarie. Extrait de "Le Qatar aujourd'hui" (1/2).

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France - Qatar : une relation complexe, privilégiée et ancienne

Le Qatar et la France entretiennent des relations complexes.  Crédit Lazy Sam

Cette relation s’inscrit également dans le cadre des relations énergétiques, du déplacement du centre de gravité militaire et économique du monde vers le Moyen-Orient et l’Asie, et de la bonne entente entre les dirigeants des deux pays.

Outre les échanges commerciaux qui évoluent depuis quelques années autour de un à deux milliards d’euros par an, la soixantaine de filiales françaises présentes au Qatar sont très actives, notamment autour des nombreux grands contrats inhérents au développement rapide du pays.

De même, la France est devenue l’une des destinations de choix des fonds d’investissements qataris, avec plusieurs prises de participation dans les grands groupes, des investissements dans l’immobilier, le sport et la communication.

Les liens entre les deux États sont donc anciens et l’anecdote nous dit que dès l’indépendance, le 21 septembre 1971, le représentant du Qatar demanda l’adhésion de son pays à l’ONU en français (le Qatar est pourtant un ancien protectorat britannique). L’orateur était en effet Hassan Kamel, conseiller politique de l’émir cheikh Khalifa et ancien étudiant dans l’Hexagone 198. Le Qatar ouvrit dès 1972 une ambassade en France et l’émir se rendit en voyage en 1974 dans l’Hexagone, achetant une villa dans le Midi et par la suite nouant des liens linguistiques avec la venue d’un précepteur pour enseigner le français à ses enfants.

Les relations politico-militaires sont également bonnes et dans les années 1980, le Qatar, qui s’éloigna des États-Unis, se rapprocha de la France (en 1980, le Qatar acheta ses premiers Mirage) qui construisit une base aérienne près de Doha. Aujourd’hui, les hangars qataris abritent des Mirage 2000 et l’armée du Qatar est équipée à 80 % de matériel français. En 1995, un nouvel élan est donné à la relation bilatérale avec l’arrivée au pouvoir de Jacques Chirac et du cheikh Hamad. La France fut d’ailleurs l’un des premiers pays à reconnaître le nouveau pouvoir en place. Les deux hommes s’entendent très bien et un accord de défense est signé en octobre 1998. Des 2006, l’installation à Doha d’une antenne de l’école militaire de Saint-Cyr est évoquée à l’Elysée lors d’un voyage officiel (l’un des fils de l’émir, le cheikh Jouan, y fait alors ses études militaires et soutient le projet, repris par la suite par Nicolas Sarkozy).

Les liens devinrent encore plus forts sous la présidence de Nicolas Sarkozy. L’émir et le président français étaient très proches et se parlaient directement, sans passer par les canaux diplomatiques habituels. Les relations entre les deux hommes sont aussi anciennes et remontent à l’époque où l’ancien président français était ministre de l’Intérieur. Mais ce bon contact a été largement encouragé aussi par la très bonnes relations que l’ex-première dame française, Carla Bruni-Sarkozy, entretenait avec l’une des femmes de l’émir, la cheikha Mozah. Ces bonnes relations se sont traduites sur le plan commercial et fiscal par le projet de loi adopté par le Parlement français instaurant des exonérations fiscales spéciales pour les citoyens du Qatar et leurs entreprises sur les biens qu’ils possèdent en France. Cet avenant signé par la France et le Qatar le 14 janvier 2008 à Doha est ainsi entré en vigueur le 23 avril 2009 199. Il amende la convention franco-qatarie du 4 décembre 1990 signée entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de l’État du Qatar en vue d’éviter les doubles impositions en matière d’impôt sur le revenu, sur la fortune et sur les successions.

Depuis 2009, la stratégie d’investissement du Qatar en France est devenue très visible, notamment à travers des participations au capital d’entreprises françaises par le biais de son fonds souverain, Qatar Investment Authority (QIA), et de la Qatar National Bank, ce qui a pu soulever des questions de la part d’acteurs politiques ou économiques français.

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Extrait de "Le Qatar aujourd'hui" (21 mars 2013)

 

 
Commentaires

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  • Par passparla - 06/04/2013 - 12:16 - Signaler un abus colonisation

    Une autre forme de colonisation par l'argent !on pourrait leur vendre nos arabes,qu'ils embarqueraient chez eux bien sur, parce que chez eux n'est pas encore chez nous mais on y va! Maintenant c'est notre patrimoine:la tour Eiffel demain le chateau de Versailles....ou allons nous?la France de Sarko et des autres ne pouvait pas garder des "relations privilégiées" sans se faire bouffer ?Tous des nuls,ou est le bien commun de la nation?ou?

  • Par langue de pivert - 06/04/2013 - 12:34 - Signaler un abus Pourquoi pas ?

    Tant que les deux partenaires sont sans arrières-pensées : y'a pas de mal à se faire du bien ! ☺

  • Par Gamelledebouse - 06/04/2013 - 12:39 - Signaler un abus Halte !

    Halte à l'impérialisme islamique , qatari ou saoudien ! On ne peut pas faire loyalement des affaires avec des gens qui cherchent à nous détruire en finançant le terrorisme djihadiste , jusque dans nos territoires occupés de banlieue . Il faudra un jour demander des comptes au lobby pro-arabe : affairistes , politiques , "journalistes" ... La liste est longue . Lénine disait , parlant de la cupidité des capitalistes : "Vous verrez qu'ils nous vendront même la corde pour les pendre" . En matière de duplicité il était fortiche aussi le bougre .

  • Par Robert41 - 06/04/2013 - 16:33 - Signaler un abus Une race, une religion, c'est bizarre pour un Dieu unique

    Tout s'achète ! Le seul souci avec l'Islam, c'est qu'elle est plus qu'une religion ! Elle est aussi une politique expansionniste ! Combien de massacres au nom des religions ? Pour se rapprocher de Dieu, il faut avoir beaucoup péchés, ce qui explique peut toute cette violence.

  • Par chrisbord - 06/04/2013 - 19:05 - Signaler un abus Le Quatar

    Maintenant qu'ils ont acquit le "Printemps" avec notre argent, il n'est pas interdit de penser que, vu qu'ils ont finances, ils ont acquit des droits sur la clientèle de ce magasin ! A quand la burqa,la peine du fouet, ou l'amputation, il ne faut pas rêver !

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Mehdi Lazar

Mehdi Lazar est géographe, spécialiste des questions de géopolitique et d’éducation. Il est docteur de l’Université Panthéon-Sorbonne, diplômé du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques et de l’Institut Français de Géopolitique.  

Il a publié récemment l’ouvrage Qatar, une Education City (l’Harmattan, 2012) et dirige la commission Éducation, Programmes FLAM et Francophonie du laboratoire d'idées GenerationExpat.

Il vient de publier, également, L'Algérie Aujourd'hui, aux éditions Michalon (Avril 2014)

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