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France-Ouzbékistan : Pour une coopération renforcée dans le domaine des drogues

Une visite d’Etat a ouvert la voie d’une large coopération entre la France et l’Ouzbékistan.

Coopération internationale

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France-Ouzbékistan : Pour une coopération renforcée dans le domaine des drogues

 Crédit THIBAULD MALTERRE / AFP

Le Président Chavkat Mirziyoïev a effectué une visite d’Etat en France les 8 et 9 octobre 2018. Cette visite officielle, la première d’un chef d’Etat de l’Ouzbékistan en France depuis 1996, a été une occasion d’examiner et de dynamiser les relations et la coopération entre la France et ce pays-clé de l’Asie centrale, devenu indépendant en 1991. M. Mirziyoïev ayant été élu le 4 décembre 2016, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian caractérisait ainsi les perspectives de rapprochement entre les deux pays, lors de la 7ème commission économique mixte avec l’Ouzbékistan, le 20 juillet 2018:

« De tous les pays de la Communauté des Etats indépendants, c’est celui qui a mis en œuvre la vague de réformes la plus ambitieuse et la plus profonde depuis plus d’un an.

Un processus d’ouverture diplomatique et économique inédit a été engagé. Avec sa politique de bon voisinage, que la France soutient pleinement, Tachkent a su créer une dynamique de coopération sans précédent qui profite à toute l’Asie centrale ; sa voix sera ainsi mieux entendue sur la scène internationale et la région pourra plus facilement se positionner de manière autonome dans l’ensemble de la communauté internationale. Et, à ce titre, la politique menée par le président Mirziyoïev et le ministre Kamilov en faveur de la paix, la sécurité et la stabilité régionale, mérite d’être saluée. Leurs efforts, vos efforts ont notamment permis d’avancer dans la stabilisation de l’Afghanistan, qui est un sujet majeur pour l’ensemble de la communauté internationale. La France et l’Union européenne entendent aussi y contribuer…. ». Si cette déclaration très encourageante du ministre français concerne en premier lieu la coopération économique, elle s’applique d’autant plus à l’abordage des sujets globaux déterminants pour le développement et la stabilité en Europe comme en Asie centrale.

Une aggravation annoncée de la disponibilité d’opium et d’héroïne afghans tout au long de la route de l’héroïne du Nord

Le problème de la drogue hypothèque gravement le développement  et la stabilité tant des pays consommateurs que des pays de production et de transit. Entre 2016 et 2017, la production mondiale d’opium a augmenté de 65% pour atteindre le chiffre record de 10.500 tonnes. L’Afghanistan a produit à lui seul, en 2017, 9.000 tonnes d’opium, soit une augmentation de 87% par rapport à l’année précédente. Une part considérable de ces quantités sort de l’Afghanistan, transite par les pays d’Asie centrale, empruntant la Route de la Soie pour rejoindre les marchés terminaux majeurs de distribution et de consommation que constituent la Russie et l’Union européenne.

L’Asie centrale étant l’un des principaux couloirs d’acheminement de l’héroïne afghane, et l’Union européenne son principal débouché et marché de consommation, avec la Russie, la coopération entre les deux régions, encore récente, revêt une importance stratégique à la hauteur de leur interdépendance en la matière. Cette coopération est d’autant plus cruciale que les pays d’Asie centrale ne peuvent plus être seulement considérés comme de simples pays de transit de l’opium et de l’héroïne afghans ; ils sont devenus eux-mêmes des pays consommateurs, et ils subissent de plein fouet les méfaits de la corruption que charrie un trafic estimé à quelque 13 milliards $ par an. La France, pour sa part, a acquis depuis les années 1970 (date de l’adoption d’une première législation complète sur les stupéfiants) une large expérience, qu’il s’agisse de la lutte contre le fléau de la toxicomanie et de ses conséquences (contamination par le VIH/SIDA et le virus de l’hépatite C), de la lutte contre le trafic et le blanchiment de l’argent de la drogue, ou encore des mécanismes et procédures de coordination, de collecte et d’exploitation des données recueillies systématiquement sur le phénomène global des drogues.

 
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Georges Estievenart

Responsable des études européennes de l’IPSE, Directeur honoraire de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, enseignant à Sciences Po-Paris et au Centre d’études diplomatiques et stratégiques. Il a exercé les fonctions de coordinateur du dossier « drogues » à la Commission européenne, à la DG relations extérieures, puis, comme chef d’unité, au Secrétariat général, avant de diriger l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, à Lisbonne, de 1994 à 2005.

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