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France à grande vitesse… et France assignée à résidence : investissements publics et transferts sociaux, mais qui bénéficie vraiment des milliards publics ?

François Hollande et le président de la SNCF, Guillaume Pépy, ont inauguré mardi 28 février la nouvelle ligne à grande vitesse reliant Tours à Bordeaux. L'occasion de réaliser un point sur la répartition des dépenses publiques, des prestations sociales et ceux qui en profitent.

Où va l'argent ?

Publié le - Mis à jour le 3 Mars 2017
France à grande vitesse… et France assignée à résidence : investissements publics et transferts sociaux, mais qui bénéficie vraiment des milliards publics ?

Atlantico : François Hollande et le Président de la SNCF, Guillaume Pépy, ont inauguré mardi 28 février la nouvelle ligne à grande vitesse reliant Tours à Bordeaux. Réseau autoroutier, ferroviaire, accès au haut débit... Quels sont les Français qui aujourd'hui bénéficient du bon niveau d'équipement du territoire ?

Laurent Chalard :  Sans surprise, le meilleur niveau d’équipement en infrastructure permettant l’accessibilité externe concerne les grandes métropoles, qui concentrent les principaux flux de circulation. On y retrouve les aéroports internationaux, les gares desservies par les lignes TGV, un accès au très haut débit, et elles se situent toutes en position de carrefour autoroutier. Au fur-et-mesure que l’on descend dans la hiérarchie urbaine, le niveau d’équipement se réduit. Les aéroports internationaux sont rares pour les agglomérations comptant moins de 200 000 habitants, l’accès au réseau à grande vitesse pour celles de moins de 50 000 habitants et l’accès au haut débit pour les territoires ruraux éloignés des axes de communication, seul le réseau autoroutier, sauf cas particuliers, couvrant relativement bien le territoire national aujourd’hui.

Cependant, cette situation n’a rien d’illogique, dans le sens qu’il est normal que les équipements en infrastructure, lourds et coûteux, soient en nombre limités et se situent, de manière privilégiée, dans les territoires les plus densément peuplés et les plus productifs, en l’occurrence les grandes métropoles. Il ne peut y avoir des aéroports ou des lignes à grande vitesse partout !

Par ailleurs, pour ce qui concerne l’accessibilité interne, la situation est moins contrastée entre les territoires, dans le sens que les réseaux routier et autoroutier dans les grandes métropoles sont souvent sous-dimensionnés par rapport aux besoins générés par les migrations journalières, d’où les nombreux embouteillages, sources de pollution, sachant que les transports en commun ne sont guère adaptés dans les zones périurbaines, peu densément peuplés, où le recours à l’automobile est obligatoire. Donc, la situation des grandes métropoles concernant les infrastructures n’est pas aussi favorable qu’il pourrait le sembler au premier abord, les temps de trajet en leur sein pouvant rallonger fortement les distances. Par exemple, l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, premier aéroport du pays, est plus facilement accessible en voiture pour les habitants du département de l’Oise, perçu comme un territoire « périphérique », que pour une large partie des franciliens !

L'idée d'une France périphérique, délaissée par les pouvoirs publics comme le décrit Christophe Guilluy pourrait-elle se retrouver également sur le plan de cet accès aux infrastructures ?

Laurent Chalard : Concernant l’accès aux infrastructures de la "France Périphérique", il n’est pas possible de généraliser, car la situation est très variable selon le type d’infrastructures.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 01/03/2017 - 09:17 - Signaler un abus Grandes métroploles; territoires délaissés

    Il semble que ce soit un problème beaucoup plus politique qu'économique. C'est à l'Etat d'assurer la bonne desserte de tous les territoires, quel que soit le réseau concerné, yc les TER

  • Par Nap4 - 01/03/2017 - 10:46 - Signaler un abus Les mauvais choix

    En terme d'infrastructure, les choix sont-ils toujours pertinents ? Quand tel aeroport, telle autoroute, LGV ou autre ne va desservir que le territoire d'un élu plus ou moins influent, pourvu qu'il participe au maintient du pouvoir en place, on peut en douter. En terme de prestations sociales, c'est bien pire. La France, 3% du PIB et 15% des prestations sociales au niveau mondial. Quel chiffre ravageur ! Nous sommes devenu le Jardin d'Eden de l'assistanat. Pire, les prestations familiales sont maintenant sous condition de ressource, permettant de pérenniser le regroupement familial d'étrangesr non qualifiés qui grossissent les rangs d'un chômage abyssal et ce au détriment des Français qui travaillent et cotisent à perte. Et dans quel but ? Celui de maintenir en place un socle électoral captif qui, mandat après mandat, se voit contraint de réélire les mêmes politiciens qui leur accordent leur pitance.

  • Par lexxis - 01/03/2017 - 20:25 - Signaler un abus IL N'Y A JAMAIS DE RETRAITE SANS COTISATION PRÉALABLE...

    Problème général de la plupart des articles: ils oublient volontiers le caractère contributif des pensions de retraites toujours présentées uniquement comme des dépenses, en oubliant les recettes qu'elles ont générées auparavant. Les retraités ne sont pas responsables du système bâtard de la répartition. Mais en brouillant toutes les pistes puisque les cotisations sont immédiatement absorbées par les pensions, il favorise la circulation et la prolifération de rumeurs malsaines qui aboutissent pratiquement à présenter les retraités comme des assistés et d'insatiables consommateurs de la dépense publique. Un petit effort de réflexion et de présentation serait le bienvenu pour éviter ce conflit de générations auquel nous mènent tout droit les présentations caricaturales actuellement médiatisées.

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Laurent Chalard

Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.

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Pierre-François Gouiffès

Pierre-François Gouiffès est maître de conférences à Sciences Po (gestion publique & économie politique). Il a notamment publié Margaret Thatcher face aux mineurs (Privat, 2007), Réformes: mission impossible ? (Documentation française, 2010) et L’âge d’or des déficits, 40 ans de politique budgétaire française (Documentation française, 2013). Il tient un blog sur pfgouiffes.net.

Vous pouvez également suivre Pierre-François Gouiffès sur Twitter

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