Jeudi 17 mai 2012 | Créer un compte | Connexion RSS 
 

Hacking

Publié le 23 février 2012

La France peut-elle faire face
à une cyber-guerre ?

Les parlementaires français cherchent à comprendre comment appréhender la menace numérique et comment développer une réponse efficace. Dans un pré-rapport présenté ce mercredi à la commission Défense du Sénat, Jean-Marie Bockel constate l'isolement tricolore.

 
Avec qui l'Etat peut-il travailler pour se protéger des attaques numériques venues de l’extérieur ?

Avec qui l'Etat peut-il travailler pour se protéger des attaques numériques venues de l’extérieur ? Crédit Reuters

Atlantico : Vous présentez un premier rapport à la commission Défense du Sénat sur la cyber-défense française. Dans ce domaine, vous décrivez la France comme un « village de Gaulois ». Comment sortir de cet isolement et avec qui travailler pour protéger l’Etat des attaques numériques venues de l’extérieur ?

Jean-Marie Bockel : Sortir du « village Gaulois », ça se décide déjà au niveau national. Il faut une réponse transversale. Nous avons fait de grands progrès depuis la publication du Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale qui évoque cette réalité de la cyber menace dés 2008. Ce sujet concerne la société dans son ensemble : d’un point de vue Défense nationale bien sûr, mais aussi d’un point de vue criminalité ou encore espionnage industriel et économique.

La cyber-défense, c’est un rapport au danger du monde moderne. Il faut savoir quelle capacité nous souhaitons nous donner pour éviter que dans le cadre d’un conflit ou d’une guerre plus froide, des tensions sérieuses face à un adversaire étatique ou autres. Une telle menace pourrait viser la sécurité nationale mais aussi des services publics comme le transport, l’énergie ou la santé. Des dégâts qui pourraient immobiliser le pays mais qui pourraient aussi coûter dans certains cas des vies humaines.

Pour répondre à cela, nous avons mis en place l’ANSSI, qui est un organisme à vocation interministérielle. Nous développons des méthodes. Nous sensibilisons les entreprises. Mais tout cela reste balbutiant. Aujourd’hui, même au niveau de l’outil de Défense, chacun travaille un peu dans son coin. Cette situation n’est pas propre à la France. Nos voisins allemand et anglais sont dans la même situation. Ils commencent à mettre des moyens dans des dispositifs de défense contre des attaques qui existent réellement.

Souvenons-nous de l’attaque dite « chinoise » qui a pris pour cible le ministère des Finances à Bercy l’an dernier à la veille du G8 et du G20. Il faut sortir de notre « village Gaulois » en renforçant la capacité nationale, en donnant les moyens à la société et aux entreprises de se défendre contre de telles attaques. Mais il faut aussi nous rapprocher de nos partenaires européens en mettant en place des procédures. Comment réagir, vite, ensemble ? Avec l’OTAN, grâce aux dispositifs militaires multinationaux qui existent. Nous avons agi en Libye avec nos partenaires, sous couvert d’une résolution des Nations unies. Il faut mettre en place le même type de dispositifs pour faire face aux menaces numériques.

 

Que peut apporter la France, dans un tel dispositif ?

La France a développé des moyens qui, s’ils restent encore insuffisants, ont le mérite d’être astucieux. Avec l’ANSSI, nous disposons d’un très bon outil et de spécialistes compétents. Lorsque Bercy a été attaqué, lorsqu’Areva a été attaqué, les ingénieurs et les techniciens de l’ANSSI ont pu intervenir. Ils ont cherché à identifier les attaquants et les dégâts.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par sheldon - 24/02/2012 - 01:59 - Signaler un abus Pour un pays à faible recherche, c'est bien !

    S'il n'y avait pas notre lourdeur héritée de l'industrialisation nous serions encore meilleurs.
    Je pense que toutes ces technologies nouvelles conviennent bien à notre comportement : indépendance dans le travail, attachement à faire ce qu'il nous plait, etc.
    Mais il faut aussi pouvoir démarrer et lancer de (très) petites structures dans un 1er temps. Les recettes dans lesquelles on s'enferme (patronat + syndicats + pouvoirs publics) ne favorisent pas ces toutes petites entreprises. De plus les syndicats ne s'intéressant qu'aux + 20 salariés, et les "élites" politiques en étant très loin de part leurs formations, alors : bon courage !

  • Par Eric de Tor - 23/02/2012 - 23:43 - Signaler un abus L'agité du Bockel...

    JMB est bombardé expert en cyberdéfense! Il a tous les talents cet homme là!
    Préconiser de s'unir au niveau de l'OTAN, c'est une tarte à la crème! Plus un réseau est étendu et plus il est vulnérable.
    En clair, le recours à l'OTAN pour défendre nos systèmes informatiques, c'est essayer de résoudre à plusieurs les problèmes que l'on aurait pas eu tout seul!

  • Par yoda - 23/02/2012 - 18:30 - Signaler un abus si les informaticiens sont aussi compétents que....

    ceux qui ont fait adopi... ben bonjour les dégâts :-)))))

  • Par Rlilette - 23/02/2012 - 11:50 - Signaler un abus Plus je lis M. Bockel

    Plus je me dis que c'est bien dommage qu'il ne soit pas candidat à la place de M. Bayrou, Sarkozy et Hollande.

  • Par Nanard10 - 23/02/2012 - 11:07 - Signaler un abus A propos des déficits et de la dette

    http://ecofrance.free.fr/SIVECA/

Jean-Marie Bockel

Jean-Marie Bockel est un avocat et homme politique.

Nommé en 2007 Secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, il devient secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants lors du remaniement ministériel de mars 2008.

Beaucoup voient dans ce changement le résultat de pressions exercées par les présidents Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso, mécontents de ses positions au sujet de la Françafrique.

Voir la bio en entier

Décryptage
Vos amis sur Facebook

Contact | Contact commercial | Candidatures | Ecrire à la rédaction | Mentions légales | Conditions d'utilisation | Plan du site | Site réalisé par Palpix

Fermer