Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 21 Septembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Cette France qui s’acharne contre le libéralisme sans jamais en voir ses vertus

En France, il n'est pas dans la culture politique de parler de libéralisme. Or pour la première fois vraisemblablement, deux candidats à la présidentielle portent en eux cette idée du libéralisme qu'ils revendiquent : François Fillon et Emmanuel Macron.

Réhabilitation

Publié le
Cette France qui s’acharne contre le libéralisme sans jamais en voir ses vertus

Atlantico : Votre dernier livre paru chez Albin Michel (voir ici) s'intitule Le libéralisme est un humanisme. Quels sont les aspects du libéralisme qui permettent de le considérer comme un "humanisme" ?

Robert Leblanc : C'est l'idée à la fois de la liberté et de la responsabilité ; pour moi, il ne peut y avoir l'une sans l'autre. Le libéralisme est une organisation dans laquelle on considère que chacun peut assumer son rôle ; on leur en laisse la liberté, ce qui implique en contrepartie, pour chacun, d'assumer ses responsabilités. C'est en cela que le libéralisme est un humanisme, par rapport à toute organisation dans laquelle quelques-uns pensent pouvoir faire le bien des autres, s'en occuper à leur place et les considérer, dans le fond, comme des êtres inférieurs. Car effectivement, toutes les personnes très généreuses, qui organisent le monde pour les autres, considèrent ces autres comme des êtres inférieurs. Or selon moi, dans la vision libérale, il n'y a pas un monde d'en bas et un monde d'en haut. 

L'une des principales idées développées dans votre ouvrage consiste à dire qu'un chef d'entreprise "a aussi pour mission de créer les conditions pour que chacun dans l'entreprise (...) se sente investi d'une responsabilité et sache sa dignité reconnue".

 Au regard de votre expérience, quels moyens préconisez-vous pour cela ?  Quel est le gain attendu pour une entreprise ? 

Pour commencer, je dirais qu'il s'agit d'une pétition de principe : cette reconnaissance de la dignité de chacun, je la porte en moi. Quant à l'idée – partant de là – que chacun puisse assumer une part de responsabilité, l'évolution de l'organisation des entreprises me donnera de plus en plus raison à mon avis. À l'époque du taylorisme, mon propos aurait été totalement incongru parce que certains pensaient l'organisation des chaînes. Aujourd'hui dans les entreprises, on parle de travail en réseau, etc. L'intelligence est désormais répartie, et les entreprises efficaces sont celles qui savent faire leur place à toutes les personnes, sans les confiner à des rôles pré-formatés. Dans l'entreprise que je dirige actuellement, beaucoup d'autonomie est laissée aux équipes, ce que l'on peut appeler aussi la subsidiarité.

J'ai eu à redresser la société que je dirige aujourd'hui, et ce n'est certainement pas en prétendant être le meilleur d'entre eux et en organisant tout moi-même ; au contraire, c'est en bénéficiant de la richesse présente dans la structure, en la pilotant, en laissant les uns et les autres donner le meilleur d'eux-mêmes qu'au final, l'équipe a connu le succès. 

Comment jugez-vous la posture actuelle des principaux candidats à la présidentielle de 2017 face au libéralisme ?

Par les temps qui courent, cette position est un peu compliquée dans la mesure où l'on assiste à un jeu de massacres relativement triste. Au moment de la présentation des vœux au personnel, j'ai pris la liberté de préciser une bonne nouvelle : dans le cadre de cette échéance publique importante, deux finalistes sur trois identifiés – je pensais alors à Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron – prônent le libéralisme. Ceci constitue une bonne nouvelle pour nous qui sommes une entreprise, d'autant plus que dans la culture politique française, on ne parle pas de libéralisme. Bien que François Fillon et Emmanuel Macron présentent des différences de point de vue certains, tous deux portent cette idée du libéralisme. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par bd - 05/02/2017 - 12:34 - Signaler un abus Un mouvement et non un parti qui impose ses idées «d’en haut»...

    Emmanuel Macron a eu l’intelligence de créer un mouvement et non un parti qui impose ses idées «d’en haut». «En Marche» est un mouvement d’idée et a l’avantage de ne pas être figé dans une idéologie. Il est donc très adaptable et fait pour évoluer avec son temps au gré des évolutions de la société. C’est une conception plus moderne de la politique qui dérange les vieux caciques incapables de sortir de leur clanisme politique. C’est un mouvement d’écoute et c’est aussi un appel à l’intelligence et à la flexibilité cognitive. C’est aussi un mouvement qui respecte l’expérience, pragmatique, de son temps, mais aussi volontairement novateur. C’est un appel à débattre des idées et non à camper sur des clivages partisans. --- Le libéralisme de gauche d'Emmanuel Macron est porteur des meilleures solutions politiques.

  • Par C3H5.NO3.3 - 05/02/2017 - 14:37 - Signaler un abus lol

    EN marche est un barnum médiatique permettant de faire élire un banquier par des gens ayant voté pour monsieur "je n'ai qu'un adversaire, c'est la finance" en 2012. Il va leur en falloir, des tubes de vaseline. En attendant, on passe sous silence la délinquance qui explose, alors qu'on est soit disant en état d'urgence et que les racailles devraient raser les murs.

  • Par arcole 34 - 05/02/2017 - 14:44 - Signaler un abus NON LE LIBERALISME NE SE CANTONNE PAS A GAUCHE QUI N'A QU'UNE

    Vision déterministe purement économique et ne voit pas plus loin. L'auteur a eu raison de préciser que le libéralisme implique la liberté individuelle et la liberté de choix et non pas de se trouver dans une organisation complexe de dévolution des tâches les plus basses à une catégories d'individus qui ne penseraient plus que d'un seul mouvement se conduisant comme un troupeau de lamentins voire les moutons de panurge se jetant dans le ravin voilà ce que veux Emmanuel Macron. La liberté , les responsabilités , les droits et les devoirs des individus vivant et travaillant sur un même sol au service d'une société qui respecte et fait appliquer le Droit des Hommes. C'est cette même conception qui poussa les peuples de l'ancienne Urss à secouer et jeter à bas définitivement le capitalisme d'état marxiste. La liberté et non pas le servage au nom de concepts économiques dérivés du marxisme qui doucement par le biais de personnes telles Philippot et Melanchon refait tout doucement le lit des hommes pour les lancer dans un monde totalitaire à la Georges Orwel d'après son oeuvre 1984. Le libéralisme de gauche de Macron est porteur d'une oppression économique et d'une pensée unique insane.

  • Par bd - 05/02/2017 - 17:15 - Signaler un abus Marx était un bon diagnosticien... mais le pire des thérapeutes!

    Même les libéraux reprennent certaines analyses de Karl Marx. ... Mais ne soyez pas aveugle sur ses solutions proposées qui sont despotiques et ont mené aux régimes totalitaires ou aux fausses démocraties les plus opposée à tout humanisme réel. Les Russes ont payé le plus lourd tribu lors de la 2ème guerre mondiale et ça mérite d'être rappelé. ... Mais Poutine, c'est aujourd'hui et la guerre de Tchétchénie n'avait rien à voir avec une guerre de libération et en Syrie, le moins qu'on puisse dire est qu'il n'était pas un adepte des frappes chirurgicales. Les dégâts de sa guerre étaient loin d'être collatéraux. Et si l'on doit remonter en arrière et assumer un passé, Staline a commis en à peine neuf mois deux ans, avant le 2ème guerre mondiale, un génocide aussi important (près de 6 millions) qu'Hitler en cinq ans de guerre. ... Et si l'on combine les génocides de Lénine et de Staline, il s'agit de 20 millions d'individus... Ca aussi on l'oublie trop facilement.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 06/02/2017 - 00:17 - Signaler un abus Ce dont on parle le plus, c

    Ce dont on parle le plus, c'est ce qu'on connaît le moins...... En fait si les Français parlent tout le temps du libéralisme c'est parcequ'il ne l'ont jamais connu. ....Et pour cause. l'économie Française à toujours été dirigée..... Par les hauts fonctionnaires de l'administration et leurs copains énarques et politechniciens qui dirigent les entreprises du cac 40.....Alors, les Français jouent à se faire peur.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Robert Leblanc

Polytechnicien, président d'Aon France après une carrière dans le domaine de l'assurance, Robert Leblanc est membre du mouvement des EDC (Entrepreneurs et dirigeants chrétiens), qu'il a présidé de 2010 à 2014. Il est également président du comité d'éthique du Medef.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€