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Les Français ne sont plus que 46% à faire confiance à l’exécutif pour lutter contre le terrorisme, contre 51% au moment des attentats de janvier

Si au lendemain des attentats de janvier, certains commentateurs prévoyaient une montée de l'islamophobie, un sondage Ifop réalisé pour Atlantico juste après montrait au contraire que l'heure était véritablement à l'unité nationale. Un nouveau sondage exclusif pour Atlantico confirme cette survivance de l'esprit du 11 janvier. Par contre, les Français sont plus réservés sur l'action menée par l'Etat contre le terrorisme.

Esprit du 11 janvier, es-tu là ?

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Info Atlantico
Les Français ne sont plus que 46% à faire confiance à l’exécutif pour lutter contre le terrorisme, contre 51% au moment des attentats de janvier

Atlantico : Ce sondage Ifop réalisé pour Atlantico consiste à se demander si, plus d'un mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Casher, le consensus national est toujours d'actualtié. Sur le plan de la confiance accordée au gouvernement et aux forces de l'ordre dans la lutte contre le terrorisme, qu'en est-il ?

Jérôme Fourquet : L'idée était de mesurer le niveau de confiance pour chacun de ces deux types d'acteurs qui sont très différents. On voit que la hiérarchie qu'on observait juste au moment des attentats, 24h après les premiers, se retrouve presque deux mois après. Deuxièmement, on voit que le niveau a un peu baissé à la fois vis-à-vis des forces de l'ordre et du gouvernement, mais que pour ce qui est des premières, le niveau de confiance reste très élevé.

L'idée était de reprendre cette interrogation que l'on retrouve dans le débat public : l'esprit du 11 janvier est-il encore là ? Celui-ci était caractérisé par un climat d'unité nationale et de cohésion autour d'un certain nombre de valeurs. On peut se demander si l'état de l'opinion sur cette question sensible de la confiance accordée dans la gestion du risque terroriste a augmenté ou pas un peu plus d'un mois après. On voit qu'on reste dans un pays relativement stable et figé, malgré une érosion mais qui est relativement limitée, et une hiérarchie qui se retrouve de nouveau. Là où on a, néanmoins, un élément d'interpellation ou de vigilance à avoir, c'est quand on constate que sur la question "faites-vous totalement confiance aux forces de gendarmerie, de police et renseignement ?", nous sommes aujourd'hui à 24% contre 38% début janvier. Peut-être que ce 38 % s'expliquait par le fait que nous étions dans le feu de l'action ; aujourd'hui nous sommes dans une période plus apaisée, les réponses sont donc moins intenses. Soit il s'agit d'un phénomène temporel logique, soit les évolutions qui ont eu lieu après les 8 et 9 janvier, par exemple les attentats au Danemark ou bien les menaces d'attaques, ont nourri l'idée que la menace était réelle et qu'il y avait des failles dans les dispositifs.

Lire également : L’élection présidentielle de 2017 est-elle bien partie pour se jouer autour de la question de l’Etat islamique et des angoisses identitaires françaises ?

Sur le constat général, on a une baisse de 5 points pour les forces de police et le gouvernement. Ce dernier était au-dessus du seuil symbolique des 50% et tombe maintenant en-dessous, à 46%, alors que le gouvernement a tout fait pour essayer de se montrer en pointe sur ces questions. Pour autant, en dépit de cet "activisme", cette érosion a eu lieu. Quand on regarde maintenant dans le détail, on constate qu'on a un niveau de confiance maximale dans les forces de l'ordre au centre de l'échiquier politique, 93% chez les sympathisants PS et 91% chez ceux de l'UMP, 92% chez les Verts, 89% au Modem et 91% à l'UDI. En gros, du PS à l'UMP on trouve 90% de confiance. Aux extrêmes, pour des raisons différentes, on fléchit, au Front de gauche on est à 68% et au Front National à 66%. Sans doute faut-il y voir un côté un peu libertaire et toujours méfiant envers ce qui porte un uniforme, du côté de la gauche de la gauche. Du côté du FN, il faut plutôt invoquer l'idée que le pays est affaibli et n'est pas à la hauteur et que nous ne sommes pas assez protégés face à l'imminence de la menace que fait peser le fondamentalisme islamique. En ce qui concerne la confiance accordée à François Hollande et au gouvernement, on ne retrouve pas du tout le même schéma que pour les forces de l'ordre. Là, on a un clivage gauche-droite très clair et très net, avec au sein de la gauche une confiance un peu moins forte chez les non-socialistes, 68%  au Front de gauche, 69% chez les Verts contre 87% au PS. On voit que pour ce qui est de l'unité nationalité, dont on a beaucoup parlé, on a quand même un niveau de confiance qui est à 61% au Modem, ce qui n'est pas négligeable, 50% à l'UDI. Cela montre que le centre est encore un peu dans cet état d'esprit, quoique partagé. En revanche, à l'UMP on a clairement basculé dans la défiance, avec seulement 25% qui le soutiennent ; au Front national la situation est pire encore avec seulement 14%, avec 86% qui n'ont pas confiance et 62% qui ne font pas confiance du tout. Là on voit en filigrane tout le débat qui a eu lieu sur "Je suis Charlie", "Je ne suis pas Charlie", "Je suis Charlie Martel" etc. Mais aussi sur les lectures à faire de ces évènements, sur la participation ou non à la manifestation du 11 janvier, et on voit que l'électorat du FN est très dissonant et en marge.

Un sondage Ifop précédent, réalisé pour Atlantico au lendemain des attentats, montrait qu'une large majorité des Français refusait l'amalgame entre les musulmans et ces actes terroristes. Cette situation s'est-elle maintenue ?

Force est de constater que oui, à la lecture de nos chiffres, puisqu'il y a très peu d'évolution : on perd quatre points d'un côté et on en gagne trois de l'autre. On se trouve toujours sur une logique de deux tiers / un tiers. Précédemment, lors du dernier sondage, on se disait qu'il fallait être prudent car on pouvait être face à une réaction à chaud et que lorsque les esprits auraient digéré toutes ces informations exceptionnelles, le climat d'opinion se modifierait peut-être. Nous sommes un mois plus tard, et on peut se dire qu'en termes de latence la réflexion a eu le temps de faire son chemin et on est toujours sur des rapports qui sont très stables vis-à-vis de cette question, certes un peu binaire, mais qui colle à la problématique qui avait émergé à la sortie de ces attentats. Une fois qu'on a dit cela, on voit qu'on est toujours, aux deux tiers, dans le refus de l'amalgame. Néanmoins, on a quand même un tiers des Français qui estiment aujourd'hui que l'islam représente une menace. Ce n'est pas neutre ni anecdotique. Là on voit bien une fracture politique très claire, même si elle n'est pas complètement gauche-droite, l'UMP joue le rôle de zone de transition puisqu'on a plus de 80% de l'électorat de gauche qui affirme qu'il ne faut pas faire d'amalgame, et trois quarts de l'électoral du FN qui soutient que l'islam représente une menace. L'UMP est, elle, dans une position intermédiaire avec 58% de ses sympathisants qui disent qu'il ne faut pas faire d'amalgame, et 38% que l'islam représente une menace. On voit donc que sur la question de la confiance, on retrouvait un clivage gauche-droite très classique, avec une frontière au niveau des centristes, autant sur la question du rapport à l'islam la frontière ne passe pas au centre mais à l'UMP, avec une majorité dans le refus de l'amalgame et une forte minorité qui est sur des positions communes à celles du FN. Ce n'est pas sans poser de questions et on voit bien toute la difficulté idéologique dans laquelle la droite se trouve actuellement, par exemple sur la question des alliances avec le Front National mais aussi sur l'orientation idéologique à donner, le choix entre une ligne basée sur une "identité heureuse" chère à Alain Juppé, défense du vivre-ensemble? etc;, et une ligne beaucoup plus dure, proche d'une droite décomplexée. Cependant, cette question-là n'est pas forcément la meilleure pour évaluer le rapport de force entre droite modérée et décomplexée, il s'agit seulement d'une illustration. On voit également que sur cette question, deux autres variables jouent très fortement : la variable d'âge - plus on est âgé plus l'islam est perçu comme une menace - et la variable homme-femme qui marque un fort clivage, renvoyant à certaines notions de conflictualité et au rapport au consensus ; chez les hommes 38% pensent que l'islam est une menace contre 27% chez les femmes.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 25/02/2015 - 07:54 - Signaler un abus Quand on voit que l'on baisse la culotte...

    Devant les exigences de Mayotte dernier " département français" et que l'on est prêt à céder sur la suppression des fêtes chrétiennes pour les musulmanes! Quand on voit que ce département est la plus grande maternité de France et qu'ils demandent ( déjà ) les memes aides sociales, ce gouvernement est prêt à tout accepter. Chirac avait promis à cette ile qu'elle devienne le 101 eme département, et maintenant ce sont eux qui veulent nous imposer leurs " valeurs" rétrogrades.

  • Par arcole 34 - 25/02/2015 - 10:23 - Signaler un abus @ANGUERRAND - 25/02/2015 - 07:54 A L'EPOQUE QUAND

    François Baroin était ministre aux DOM/TOM , pour Mayotte ce dernier pour enrayer cette immigration en provenance des Comores avait proposé de revenir sur l'acquisition de la nationalité par le droit du sol . en raison de ces femmes comoriennes qui venaient accoucher à Mayotte , territoire Français ce qui impliquait que leurs enfants naissaient Français donc inexpulsables . Immédiatement la gauche était montée au créneau brandissant les lois de Vichy ?. Ellet était soutenue directement par toute sa démesure par le FN qui lui s'arrogeait le droit de condamner cette mesure qu'il qualifiait de mesurette ?. Le projet fut retiré par peur d'une nouvelle affaire de celle d'un malik oussekine de 1986 suite à la réforme Devaquet concernant les universités , là aussi il y eut le même front d'opposition et du refus , de l'obstruction c'est à dire toujours les mêmes : la Gauche et le FN. De nos jours la donne est toujours similaire avec le couple infernal PSFN alors c'est amusant d'entendre les fronts bas dirent que rien n'a été fait en matière en raison qu'ils se sont toujours opposés aux lois du RPR/UDF pour des motifs de basse politique comme ils savent le faire si bien comme d'habitude

  • Par celajun - 25/02/2015 - 12:39 - Signaler un abus Encore un sondage truqué...

    ou alors les Français ne comprendront jamais rien. 46% feraient confiance à Hollande alors que le fiasco est total. Aucun attentat n'a été empêché, et le plan vigipirate ne sert à rien : les militaires de faction n'ont même pas le droit de neutraliser leurs agresseurs. En cas de vraie attaque terroriste, ils s'ajouteraient tout simplement au nombre des victimes. Les mesures prises sont efficaces, les imams pro-terroristes continuent d'être en activité même ceux comme l'imam François de Joué les Tours dont un des adeptes a tenté de commettre un attentat. Quant aux chiffres sur l'islam, c'est encore une plus vaste blague ou alors la majorité des Français sont des moutons prêts pour l'abattoir (même si les medias ont bien peu répercuté l'étude qui montre que à peine plus de 25% des musulmans sont républicains (73% sont pour la suprématie des délires coraniques sur la loi française). L'IFOP n'est qu'un media bien-pensant comme les autres.

  • Par bjorn borg - 26/02/2015 - 04:36 - Signaler un abus celajun

    écris très juste et, je le soutiens moralement ne pouvant le faire d'une autre façon! Beaucoup de personnes constatent toutes ces dérives et ne peuvent ou ne veulent rien faire par paresse. sauf quand il sera trop tard!!! A bon entendeur salut!!! Quand aux farfelues qui nous gouvernent : une solution la traduction immédiate devant un juge impartial d'un haut tribunal du pays. Point !!

  • Par cadi67 - 26/02/2015 - 08:39 - Signaler un abus Confiance aux forces de l'ordre

    Je fais tout à fait confiance aux force de l'ordre en tant qu'individus. En revanche, comme tout corps constitué, elles sont tenues d'obéir aux ordre de leurs supérieurs, en l'occurrence M Cazeneuve... en qui je n'ai aucune confiance

  • Par cloette - 26/02/2015 - 10:19 - Signaler un abus Commentaire des commentaires

    On a parlé de Mayotte : Pourquoi diable l'a-t-on fait département ? Si on se penche sur les motivations réelles , on se mémé fié de Sarkozy c'est à dire de l'UMP, Faire confiance à Hollande ? C'est exactement la même chose que l'UMP avec un emballage différent bien plus inquiétant , comme le dit Cadi , aucune confiance en Cazeneuve au visage figé et à la voix monocorde, les voix dans tout ce gouvernement sont absolument extraordinaires ! Celajun fait remarquer qu'aucun attentat n'a été empeché. Il dit que les sondages sont truqués , ce qui est sûr c'est qu'il y en a tous les jours , au prix des sondages qui coûtent très chers, en ces périodes de dette publique énorme , on comprend que certains trouvent qu'il faut investir dans les sondages , décorticons les interprétons les ils doivent avoir un sens . Lequel ,?

  • Par cloette - 26/02/2015 - 10:21 - Signaler un abus Clavier farceur

    Se méfie pas mémé fié ! Grrrrr

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.

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