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Taxer les riches :
une fausse bonne idée !

Une taxe sur les plus hauts revenus : c'est l'une des mesures du plan d'austérité annoncé ce mercredi soir par François Fillon. Mais, taxer les riches correspond-il aux enjeux du moment ?

Money money money

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Le projet de taxation des très hauts revenus semble faire consensus. Il démontre, une fois de plus, l'unicité de vue et de réaction d'une classe politique tristement prévisible. Alors que l'opposition est prise de court, l'UMP et le Centre, initiateurs de la mesure, voient même certains riches leur apporter leur soutien.

Si nous ne contestons pas l'opportunité d'un débat sur les écarts de revenus et sur les difficultés que rencontrent une part croissante de nos concitoyens, nous refusons en revanche fermement la logique socialiste-dirigiste qui prévaut dans les partis de gouvernement.

Dans une société ouverte, il existe bien d'autres moyens de répartition et de circulation des richesses que la sempiternelle redistribution coercitive par l'impôt qui a largement prouvé son inefficacité.

Nos dépenses publiques atteignent aujourd'hui 56% du PIB. La première question à se poser concerne le niveau astronomique de ces dépenses. Sont-elles utiles ? Ont-elles résorbé le chômage ? Ont-elles fourni de l'emploi aux jeunes et aux plus de cinquante ans ? Ont-elles contribué à intégrer les populations issues de l'immigration ? Ont-elles permis de voir naître un tissus de PME dynamiques ? Assurent-elles le paiement de nos retraites et le remboursement de nos soins ? Toutes les réponses sont malheureusement négatives.

Rester attractif pour attirer les talents en France : une nécessité

Or dans le contexte d'une économie mondialisée il est extrêmement important que notre pays reste attractif pour les talents d'exception. Ce sont ceux qui veulent entreprendre, prendre des risques, créer des emplois, financer des entreprises, qui au final feront redémarrer l'économie. Ils doivent avoir des perspectives à la mesure des services qu'ils rendent. C'est cela que l'on va tuer en taxant "les riches", c'est à dire tous les riches.

Car la loi ne peut faire la différence entre les vrais créateurs de richesse, ceux dont la fortune provient d'une logique de marché et les autres, nombreux en France, dont le succès est étroitement lié aux faveurs de l'État. C'est de cette confusion, soigneusement entretenue par la classe politique que nait le ressentiment des français à l'encontre des très hauts revenus. Ce sentiment nous parait plus révélateur du rejet de ce qu'il faut bien appeler notre "oligarchie" nationale plutôt que d'une volonté d'interdire ou de décourager la richesse. Les français refusent les fortunes acquises sans risque, en connivence avec le pouvoir, celles qui s'établissent à l'abri de la concurrence. Ils rejettent les empires industriels et financiers inamovibles les rentes de situation, et l'administration qui les rendent possibles.

A quand une vraie concurrence ?

Plutôt que de taxer les hauts revenus, Il faut supprimer les niches fiscales mais aussi rétablir les conditions d'une vraie concurrence qui se chargera, bien mieux que la fiscalité, de renverser les fortunes pour le bien du plus grand nombre. Pour cela il existe plusieurs chantiers qu'il faut ouvrir d'urgence : la lutte contre les monopoles et les oligopoles, la suppression totale des aides publiques aux entreprises y compris les montants prévus par le "grand emprunt" dont on peut mesurer aujourd'hui l'inanité, la mise en place d'actions de groupe (class actions) pour renforcer le pouvoir des consommateurs.

Le marché libre et transparent récompense les mieux offrants. Taxer ceux qui réussissent dans ce contexte revient à limiter artificiellement la quantité des produits et des services (au sens large) qui satisfont le plus les consommateurs. Les vrais créateurs se battront contre cette mesure parce qu'elle est absurde et contreproductive.

En revanche il n'est pas très étonnant que plusieurs membres de l'oligarchie donnent des gages de fidélité à l'État qui a fait leur fortune en se prononçant (héroïquement) pour leur propre taxation. Ils auraient bien tort de se fâcher avec le "grand architecte" de la politique industrielle et de l'indépendance française qui, depuis les années soixante, a massivement financé ou favorisé certaines grandes entreprises françaises au détriment d'une vraie concurrence : concessions, subventions, défiscalisation, regroupements, protections, recherche et développement sur fonds publics, privatisations de monopoles publics, les grands patrons de nos champions nationaux auraient bien tort de cracher dans la soupe étatiste. Ce qu'ils donnent au trésor d'une main, le ministère de l'économie le leur rendra bien dans l'autre.

 
Commentaires

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  • Par chomster - 25/08/2011 - 10:29 - Signaler un abus disoucours qui se tient...

    ... si on part de l'hypothèse qu'avoir du talent signifie devenir riche ou qu'être riche signifie avoir du talent. J'aurai apprécié lire un exemple de "talent d'exception".

  • Par francky34 - 25/08/2011 - 10:40 - Signaler un abus Regardez cette video

    elle vaut le detour et nous ramene à la realité du comabt economique de demain. Cliquez sur le lien: http://www.youtube.com/watch?v=7dBFt3Ecvsg

  • Par SteakKnife - 25/08/2011 - 10:50 - Signaler un abus C'est facile

    quand on est un privilégié de vouloir plus de concurrence.

  • Par alcodu - 25/08/2011 - 11:02 - Signaler un abus La guerre économique

    est un concept typiquement étatiste francky. Bastiat a très bien analysé ce discours guerrier des protectionnistes. Les produits "n'envahissent pas" un territoire. Les échanges volontaires sont toujours pacifiques, par définition.

  • Par Carcajou - 25/08/2011 - 11:04 - Signaler un abus Capitalisme plus juste

    Je suis une âme simple. Tous ces beaux discours me passent par dessus la tête. Je regarde et je vois que pour du profit à court terme, les « talents » d’exception ou non, ont désindustrialisé l’Europe au profit d’une main d’œuvre corvéable à merci ; que l’Etat s’est détourné de ses missions réelles pour un assistanat électoraliste ;

  • Par Carcajou - 25/08/2011 - 11:05 - Signaler un abus Capitalisme plus juste (suite)

    que nous sommes submergé par une immigration qui nous coute cher sans nous apporter de contrepartie et qui grève dangereusement la paix sociale car culturellement et cultuellement trop éloigné de nos conceptions ; que l’impôt qui doit être versé en fonction des moyens de chacun est devenu n’importe quoi.

  • Par Carcajou - 25/08/2011 - 11:05 - Signaler un abus Capitalisme plus juste (suite)

    Tout le bla-bla ne sert à rien. Il ne s’agit pas de taxer les riches, mais de rétablir la justice de l’impôt. Il ne s’agit pas de s’isoler par un protectionnisme réducteur, mais de rééquilibrer le marché mondial du travail en taxant les pays qui exploitent leur main d’œuvre (ce qui répond, de plus, aux Droits de l’Homme dont on nous rebat les oreilles).

  • Par Carcajou - 25/08/2011 - 11:05 - Signaler un abus Capitalisme plus juste (suite)

    Il ne s’agit pas de racisme mais de défense d’une civilisation mise à mal par une doctrine religieuse fascisante. Il ne s’agit pas de meilleure redistribution des richesses (halte au marxisme primaire), mais d’établir ou de rétablir une économie humaine et de bon sens où celui qui vend sa force de travail peut en vivre décemment (vive l’humanisme primaire).

  • Par bobocleaner - 25/08/2011 - 12:25 - Signaler un abus en fait liliane bettencourt était visionnaire

    en partageant son patrimoine avec un type des classes moyennes pour lui permettre à lui aussi de payer plus d'impots . ( bon elle fuyait un peu en suisse aussi mais au dessus de 10 Millions d'euros c'est courant ) . A LA NICHE LES VRAIS RICHES . Madame et Monsieur Classes Moyennes ne sont pas si cons que vous le pensez même sans rolex aprés 50 ans.

  • Par laurentso - 25/08/2011 - 12:29 - Signaler un abus L'analyse part du postulat

    que la richesse est une récompense du travail, de la prise de risque, de l'innovation. Or il n'en est rien -ou presque-. La richesse se nourrit d'elle-même. Les inégalités de départ forment les supers inégalités de demain. Il ne s'agit pas de "taxer les riches" aveuglément, mais de casser la logique de destruction du valeur travail, de la prise de risque, de l'innovation...

  • Par A2lbd - 25/08/2011 - 13:10 - Signaler un abus Je suis d'accord

    mais pratiquement, entre l'état actuel et celui que vous décrivez comme idéal, on fait comment ? Le problèmes du mouvement libéral en France c'est qu'il refuse obstinément de prendre en compte l'état des mentalités. Or majoritairement les Français craignent la concurrence et la transparence. Alors quelles premières mesures pour les réhabiliter ?

  • Par alcodu - 25/08/2011 - 14:15 - Signaler un abus Non Laurentso l'analyse part du postulat

    que dans une économie libre la richesse est une récompense des services rendus aux autres (à ne pas confondre avec le mérite). C'est la définition même du marché. Ce n'est évidemment pas le cas dans une économie dirigée dans laquelle la richesse résulte du privilège (au sens étymologique : privata lex - Loi particulière).

  • Par Marc Dacourt - 25/08/2011 - 14:27 - Signaler un abus Il manque un élément

    Ok avec ces arguments mais on n'oublie une chose importante. C'est que la plupart des entreprises et grandes fortunes ne respectent pas la règle du jeu en délocalisant offshore leurs bénéfices. Cela biaise considérablement les différentes théories. Ce rapport va à l'encontre des données de l'OCDE sur le sujet http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/i/info_2378.php

  • Par TR - 25/08/2011 - 17:12 - Signaler un abus Gimmicks libéraux

    Toujours les mêmes rengaines libérales. 56% du PIB de dépenses publiques, mais combien de secteurs publics en France et privés ailleurs ? Faut-il privatiser l' université, l'éduc. Nationale ? Quant à la fuite des talents, elle a au moins autant à voir avec une culture qui étouffe ses propres jeunes. On ne regarde pas sa feuille d' impôt quand on réalise ses rêves.

  • Par ZOEDUBATO - 25/08/2011 - 18:06 - Signaler un abus Bien d'accord

    C'est la taxation des riches par la gauche qui a entraînée la délocalisation des manufactures. Ce qui a supprimé ~2 millions des emplois les plus utiles en France c'est à dire ceux qui fabriquaient les richesses et ne nous a laissé que les postes de dépenses d'où l'accélaration du chomage, la perte du pouvoir d'achat, la la pauvreté et l'exclusion puis la montée en flêche de la dette publique.

  • Par le celte - 25/08/2011 - 18:06 - Signaler un abus cohen cohen cohen.....

    cohen va te faire voir toi et tes potes liberaux!

  • Par texarkana - 26/08/2011 - 11:23 - Signaler un abus Il ne faut pas taxer les riches mais il faut voter Mélenchon

    On dit tout et son contraire sans ciller. Quelle époque épatante!

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Alain Cohen Dumouchel

Alain Cohen-Dumouchel anime le mouvement des libéraux de progrès au sein d'Alternative libérale.

Chef d'entreprise dans le domaine informatique et passionné de philosophie politique, il se définit comme marchand-philosophe.
Socialiste repenti, il pense que le nid du libéralisme est à gauche et que le coucou socialiste doit en être chassé.

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