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La fin du CDI, c'est maintenant et ça n'a rien à voir avec la réforme du code du travail mais tout avec la réalité du marché de l'emploi

Selon l'OCDE, le taux de transition d'un contrat de travail temporaire en contrat de travail permanent serait bien plus faible en France que dans les autres pays de l'Union européenne.

CDD à l'infini

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La fin du CDI, c'est maintenant et ça n'a rien à voir avec la réforme du code du travail mais tout avec la réalité du marché de l'emploi

Atlantico : Selon les chiffres fournis par l'OCDE, le taux de transition d'un contrat de travail temporaire en contrat de travail permanent serait bien plus faible en France (autour de 10%) que dans les autres pays de l'Union européenne (plus de 20%) qu'en Allemagne (plus de 30%) ou qu'au Royaume Uni (proche de 60%). Comment expliquer cette exception française ? Quels sont les freins à cette transformation ? 

Gilles Saint-Paul : Ces chiffres sont très surprenants au regard du fait que selon Eurostat, en 2015, année des chiffres de l’OCDE dont la source est également Eurostat, 85 % des salariés étaient en CDI. Certes, on s’attend à ce que les CDI dominent plus dans le stock d’emploi que dans les embauches, puisque les CDD se terminent plus vite et sont parfois convertis en CDI – de la même façon qu’une baignoire peut être moins pleine qu’une autre bien que profitant d’un afflux d’eau supérieur, parce qu’elle pâtit d’une fuite plus importante.

Cependant, on sait que 85 % des embauches sont en CDD, et il est pratiquement impossible que 85% des emplois soient en CDI si seulement 10 % des CDD débouchent sur des CDI. 

Malgré ces réserves sur les données, il s’agit là d’une évolution récente et préoccupante à la fois. La sortie de crise a été caractérisée par une hausse considérable des embauches en CDD, tandis que malgré la reprise modérée les embauches en CDI ont continué à baisser. Ainsi, la part des embauches en CDD est passée de 70 % en 2008 à 85 % en 2015. Ce recul du CDI par rapport au CDD se traduit également dans les chiffres de conversions du CDD en CDI rapportés par l’OCDE.

Cette évolution suggère que la reprise entamée depuis le creux de la crise est entachée d’incertitude. Les entreprises sont réticentes à embaucher en CDI car elles font face à une grande incertitude sur la fiscalité et sur les réformes. Ceci étant, il faut se garder des comparaisons internationales. En France, le droit du travail spécifie très clairement et précisément le type de contrat de travail qui peut être signé, les conditions selon lesquelles on peut y avoir recours ou y mettre fin, etc. Un CDI est un contrat où il est très coûteux pour l’entreprises de licencier, ce qui n’est absolument pas le cas des équivalents du CDI en Grande Bretagne.Il n’est donc pas surprenant que dans ce dernier pays, la plupart des contrats temporaires soient convertis en contrats permanents. Ces contrats permanents ne représentent pas les mêmes contraintes pour l’entreprise que leur équivalent Français, et si la législation britannique contraignait les entreprises à n’offrir que des CDI « à la française », ceux-ci seraient tout aussi impopulaire que de ce côté-ci de la Manche.

Qu'est ce que ce chiffre révèle du marché de l'emploi en France ? Quelle est l'utilisation des CDD faites par les entreprises ? 

Au fil du temps et du durcissement de la réglementation, les entreprises ont développé une véritable phobie de l’embauche et de la protection de l’emploi. Elles n’embauchent qu’en dernier recours et, si elles embauchent, elles privilégient la forme d’emploi la plus flexible possible. Ainsi, CDI, stages et sous-traitance ne sont pas dûs à la nature du travail à effectuer mais à la recherche de la forme de contrat la plus économique du point de vue de l’employeur. En conséquence, le caractère extrêmement protecteur du marché du travail français se retourne contre ceux que la réglementation prétend protéger, puisqu’il les maintient dans la précarité en rendant l’accès au CDI de plus en plus difficile. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 16/09/2017 - 22:20 - Signaler un abus Manipulation et gros mensonges Macronistes!

    Comment voulez-vous avoir confiance dans le gouvernement macroniste, après toutes ces turpitudes et corruptions avouées ou non avouées, tous ces rétropédalages et reports de promesses vers la fin du mandat (une habitude gauchiste: ils font payer les gogos en début de mandat, et offrent les cadeaux promis bien plus tard...avant les élections!), toute cette incompétence criante...les Français, qui ont subi le gauchisme pendant quarante ans, attendent, mais ne voient rien venir des économies indispensables de l'état PS...Rothschild et Goldmann-Sachs se frottent les mains de tant de naïveté et de tant de dettes...Miam, Miam!

  • Par gilbert perrin - 17/09/2017 - 14:59 - Signaler un abus pour le contrat de chantier !!

    nos parents avaient au moins du bon sens dans la nature de leurs relations au travail. Dans le batiment par exemple, le contrat de chantier ne date pas d'aujourd'hui et se déroulait sans contrat... le chantier terminé, les travailleurs étaient mis "à pied" en attendant le suivant ... la mise à pied voulait dire, il n'y a pas de travail pour toi (immédiatement) et censément dès que l'ouverture d'un autre chantier se faisait on rappelait ce salarié ....je ne sais pas si cela dure encore, mais voilà du bon sens face aux obligations et contraintes actuelles; PS en cas de dépassement de ses droits par le salarié, il était aussi mis à pied, et dans ce cas c'était une punition : "je te mets à pied pour x jours ..." Après les x jours, ce salarié reprenait le chemin du travail ? il n'était pas question de CDI - CDD etc... c'était l'ordre dans le monde du travail et tout allait bien !!!! gilbert perrin...

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Gilles Saint-Paul

Gilles Saint- Paul est un économiste spécialiste du marché du travail.

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