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Faust à Bastille : un emblème plutôt pâle

La version que l'Opéra de Paris propose du Faust de Gounod, emblème fétiche de l'opéra français, est certes honorable, mais ne crée pas l'événement.

Atlanti-culture

Publié le - Mis à jour le 11 Mars 2015
Faust à Bastille : un emblème plutôt pâle

THEME

Faust , qui est le 4e opéra composé par Gounod, a été créé le 19 mars 1859 au Théâtre Lyrique. C’est l’emblème de l’opéra français : l’air des bijoux comme la valse de Siebel sont des « tubes »; cette oeuvre a fait le tour du monde.

Le Faust de Gounod fait preuve d’une incontestable fidélité à la première partie du drame de Goethe même si, dans la deuxième partie, il est davantage consacré à la relation d’amour entre Faust et Marguerite.

Le spectacle actuel devait être une simple reprise de la production créée en 2011 par Jean Louis Martinoty , mais devant les nombreuses critiques que celle-ci a suscitées, la direction de l’Opéra a confié à Jean Marie Vesperini la mission de créer une nouvelle mise en scène, en conservant cependant le même décor. 

POINTS FORTS

- Une distribution alléchante : Piotr Beczala est un très bon Faust , plus crédible dans sa version jeune qu’en vieillard, mais sa technique est impeccable, l’articulation de son français exemplaire et sa voix, bien que puissante, sait être nuancée.Il fait preuve de beaucoup de naturel et d’aisance .

Krassimira Stoyanova est une Marguerite émouvante, qui sait donner de la personalité à « Ah je ris de me voir si belle… »; sa voix, pleine et opulente, est peut-être un peu trop en décalage avec le caractère juvénile et réservé du personnage mais cela ne gâte en rien notre plaisir.

Ildar Adrazakov est un Méphistophélès plus qu’honnête, même s’il manque un peu de noirceur. 

Jean François Lapointe est le parfait Valentin : sa diction superbe et son engagement lui permettent de conquérir le public à l’issue de son « avant de quitter ces lieux ».

Siebel trouve en Anaik Morel une interprête charmante. Dame Marthe peut compter sur toute l’expérience et la rouerie de son interprète, Doris Lamprecht , pour donner tout son sel au duo comique qu’elle forme avec le diable.

- Les choeurs sont essentiels et omniprésents dans cet opéra; ceux de l’Opéra de Paris nous livrent une prestation cohérente et sans faille.

- La direction musicale : Michel Plasson est très à l’aise dans ce répertoire qu’il connait parfaitement; avec sa direction tout en nuances, il met en valeur les couleurs de l’Opéra de Paris .

- Le décor : avec peu d’accessoires, un bureau puis un bar, puis un banc et un arbre, et enfin un cercueil , Jean Marie Vesperini parvient à habiter ce décor monumental, héritage de la précédente réalisation.

- Les costumes ont été pensés pour donner de la couleur et construire des tableaux très vivants; ce qui explique les teintes vives, à la limite du claquant, comme la jupe orange et le pull vert anglais de Marguerite; cela est surprenant mais intéressant.

POINTS FAIBLES

Un manque d’évènements, une absence de relief.

EN DEUX MOTS...

Malgré une distribution et une direction musicale de qualité, un spectacle plat, voire même un peu « ennuyeux » .

 

RECOMMANDATION : 

BON Bon

Malgré mes réserves, je pense que vous pouvez y aller, car Faust reste Faust, c'est un des ouvrages lyriques les plus représentés, sa popularité n’a jamais connu d’éclipses, et, somme toute, cette version en fournit une honnête représentation; sans plus, malheureusement...

INFORMATIONS

Opera de Paris 

Place de la Bastille, Paris 11°

jusqu’au 28 mars

Réservation : operadeparis.fr

08 92 89 90 90

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 10/03/2015 - 20:20 - Signaler un abus Spectacle plat

    Avec toutes les subventions qu'ils touchent pour offrir des spectacles à une minorité de gens qui pourraient payer plein pot ils ne sont même pas capable de faire de la qualité? D'un autre côté j'ai du mal à voir comment faire de la qualité avec un opéra sauf à couper 90% des parties vocales.

  • Par AgentDevlin - 10/03/2015 - 21:23 - Signaler un abus @Anouman

    Si vous n'aimez pas l'Opéra pourquoi vous exprimez-vous?Je suppose que vous n'avez pas vu cette version, ni aucune version de cet Opéra. C'est sûr le rap c'est tellement mieux et pas besoin de subventions, c'est tellement populaire dans cette société débile.

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Brigitte Chirié-Serrell pour Culture-tops

Brigitte Chirié-Serrell est chroniqueuse pour le site Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.). 

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